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Obésité - Des millions pour aider les Québécois à resserrer la ceinture d'un cran

Guillaume Bourgault-Côté   24 octobre 2006  Québec
Le ministre de la Santé, Philippe Couillard (à droite), et André Chagnon ont annoncé l’injection de nouveaux fonds dans la lutte contre l’obésité.
Photo : Jacques Nadeau
Le ministre de la Santé, Philippe Couillard (à droite), et André Chagnon ont annoncé l’injection de nouveaux fonds dans la lutte contre l’obésité.
Bouger, bien manger et atteindre un poids santé de manière intelligente, en évitant les régimes miracle. Voilà en somme l'objectif du plan dévoilé hier par le gouvernement pour combattre les problèmes croissants d'obésité et d'embonpoint au Québec. Une nouvelle somme de 400 millions sera consacrée à cette mission.

À gros problème, gros moyens. Le gouvernement du Québec a confirmé hier qu'il investirait — à part égale avec la Fondation Lucie et André Chagnon — 400 millions de dollars d'ici à 2012 afin de contrer l'obésité et l'embonpoint qui frappent la population de plein fouet depuis quelques années. La solution: promouvoir de saines habitudes de vie.

Très attendu, le plan Investir pour l'avenir aspire à réduire, d'ici à 2012, le taux de prévalence de l'obésité de 2 % au Québec, et celui de l'embonpoint de 5 %. Actuellement, environ le quart de la population souffre d'obésité, tandis qu'un autre tiers a de l'embonpoint: 57 % de la population accuse donc un excès de poids, rappelle le document gouvernemental présenté hier matin en conférence de presse.

Pour freiner le phénomène, Québec a saisi en partie une offre de la Fondation Chagnon, qui avait proposé, lors du dépôt du rapport Perreault, d'injecter 400 millions pour améliorer la condition physique des jeunes... à condition que le gouvernement fasse de même. Québec a accepté à moitié. La Fondation et le gouvernement mettront donc chacun 20 millions par année pendant 10 ans, une somme qui s'ajoute à une enveloppe annuelle déjà connue de 56,3 millions que Québec consacre à cette lutte par divers programmes. Le total des investissements — neufs et anciens — atteint 960 millions. La Fondation Chagnon reste ouverte à augmenter son financement, a-t-elle précisé hier.

La nouvelle offensive implique la participation de sept ministères et vise particulièrement les 0-25 ans. Le gouvernement veut globalement faciliter l'adoption et le maintien de saines habitudes alimentaires et d'un mode de vie actif pour les Québécois; réduire la prévalence des problèmes de poids et valoriser la «diversité des tailles et des poids». Les services offerts aux personnes aux prises avec un problème de poids seront améliorés, et des sommes seront consacrées au domaine de la recherche.

Québec n'a pas présenté hier de nouveaux projets concrets indiquant comment l'argent serait investi. Quelques programmes existants ont été cités en exemple (École en santé, la Route verte, Vas-y). Pour le reste, la lettre d'entente signée hier indique que le gouvernement et la fondation financeront — selon une structure et un mode de gestion qui restent à déterminer — des projets qui seront soumis par des commissions scolaires, des municipalités, des groupes. C'est ouvert, pour autant que l'objectif soit le même que celui qui a été présenté hier.

«On soutiendra ces actions en leur donnant toute l'aide nécessaire, a précisé le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard. Mais ce ne sera pas premier arrivé, premier servi.» Celui-ci a mentionné à plusieurs reprises que le dévoilement de la politique-cadre sur l'alimentation dans les écoles, à laquelle travaille le ministère de l'Éducation, représenterait un exemple des applications du plan Investir pour l'avenir.

Réactions positives

Le plan a été salué par plusieurs organismes, notamment l'Ordre professionnel des diététistes du Québec, le Groupe d'action sur le poids ÉquiLibre, et la Coalition québécoise sur la problématique du poids. Les uns ont célébré la place importante accordée à la prévention dans le plan, les autres le fait que le gouvernement propose des «solutions collectives à un problème collectif».

«On réduit la charge de culpabilité et de responsabilité sur les individus, analyse Lyne Mongeau, la spécialiste de l'obésité à l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). La responsabilité individuelle est là, mais le gouvernement lance le message qu'il est prêt à faire des choses pour faciliter le choix [d'une habitude de vie plus saine]. C'est bien beau de dire dans des campagnes qu'il faut bouger, mais ça devient plus logique si on propose en même temps de nouvelles pistes cyclables», cite-t-elle en exemple.

Mme Mongeau a aussi remarqué l'attention portée à «ne pas stigmatiser les grosses personnes. On ne parle pas juste d'obésité et de problèmes reliés au poids. Le but n'est pas de mettre l'accent seulement sur la perte de poids, mais aussi sur la prévention, la valorisation d'adopter un comportement santé.» À l'image du Parti québécois, Lyne Mongeau a toutefois dénoncé l'usage fréquent de «verbes mous» dans le document présenté hier. «C'est facile d'employer des termes comme favoriser ou encourager. Il aurait été préférable qu'on ait des verbes plus rigides qui sont plus impliquants et permettent de mesurer vraiment les progrès. Mais c'est un bon pas.»






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