mardi 24 novembre 2009 Dernière mise à jour 21h47


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Immigration: priorité aux travailleurs spécialisés

Robert Dutrisac   17 octobre 2006  Québec
Québec — En matière d'immigration au Québec, finie la priorité accordée aux candidats bardés de diplômes universitaires. L'heure est aux étrangers qui possèdent une formation technique, surtout s'ils sont prêts à s'établir en région.

Le gouvernement Charest a adopté, par décret le 13 septembre dernier, un nouveau règlement pour la sélection des ressortissants étrangers qui est entré en vigueur hier.

Le gouvernement vise «une meilleure adéquation entre la sélection des candidats et les besoins exprimés par les employeurs», écrit la ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles (MICC), Lise Thériault, dans un communiqué diffusé vendredi. «L'évolution prévue du marché du travail dans différentes régions du Québec rend aujourd'hui nécessaire une révision des outils de sélection des travailleurs à l'étranger.»

Auparavant, le ministère ne tenait compte, dans ses critères de sélection, que des diplômes obtenus, la préférence allant aux détenteurs d'une maîtrise ou d'un doctorat sans égard au champ d'étude. Désormais, le domaine de formation des candidats sera un facteur déterminant, selon les explications de Claude Fradette, du MICC. Ainsi, si le détenteur d'un doctorat en théologie ou en littérature pouvait figurer en tête de liste des candidats à l'immigration, il est maintenant surpassé par le boucher ou le boulanger qui détiennent un diplôme professionnel d'une école secondaire.

Dans la grille d'évaluation pour l'acceptation des immigrants, les diplômes professionnels courts du secondaire valent trois fois plus de points qu'un diplôme d'études secondaires générales — 6 points au lieu de 2. De même, le diplôme d'études collégiales techniques vaut 10 points contre 5 pour le DEC général. Un diplôme universitaire de premier cycle compte pour 11 points tandis qu'une maîtrise ou un doctorat, pour 13 points.

À cela s'ajoute le critère du «domaine prometteur». Le MICC vient de publier la liste des domaines «prometteurs» pour lesquels les candidats obtiennent plus de points dans la grille d'évaluation. Cette liste «répond notablement aux exigences québécoises du marché du travail», écrit le ministère. Elle a été confectionnée en collaboration avec Emploi-Québec.

En outre, les candidats qui ont en main une offre pour un emploi en région bénéficieront de dix points contre cinq pour ceux qui se sont vu promettre un emploi dans la région de Montréal.

Les domaines de formation universitaire prisés sont la biochimie, la chimie ainsi que les probabilités et les statistiques (12 points). Suivent, par exemple, avec 5 points les diplômes en génie, en actuariat, en comptabilité, en design industriel, en médecine, en informatique et en sciences infirmières.

Au niveau collégial, la palme revient aux techniques de génie mécanique, des matériaux composites ou des matières plastiques avec 12 points, mais une kyrielle de techniques diverses sont également prisées, donnant droit à 9 points.

En ce qui a trait aux formations professionnelles du secondaire, outre des bouchers et des boulangers, on recherche en tête de liste des opérateurs de machines-outils et des spécialistes du moulage. Mais les candidats qui possèdent un métier ont la cote: les mécaniciens de toutes spécialités, les carrossiers, les carreleurs, les soudeurs, les plombiers, etc.

Autre changement introduit par le règlement: les étrangers qui ont obtenu leur diplôme au Québec seront favorisés.

D'une façon générale, on boudera les détenteurs de diplômes en sciences humaines, en art, en droit, en architecture, en langues et même en administration, puisqu'ils ne sont pas dans des «domaines prometteurs».

Évidemment, d'autres critères que les diplômes et le domaine de formation sont appliqués à la sélection des candidats à l'immigration, que ce soit la connaissance du français, le fait d'avoir de la famille au Québec ou d'y avoir séjourné, le groupe d'âge ou l'expérience de travail. Mais avoir un diplôme dans un domaine recherché peut représenter de 30 % à 40 % des points nécessaires pour être accepté comme immigrant.

Selon les simulations effectuées par le ministère, le nouveau règlement permettra de hausser de 53 % à 71 % le nombre d'immigrants reçus, détenant un diplôme de niveau collégial, qui possèdent une formation dans un domaine considéré comme prometteur. Pour les candidats qui possèdent un diplôme du secondaire professionnel, cette proportion passera de 46 % à 68 %.

En 2005, le Québec a accueilli 26 000 immigrants actifs sur le marché du travail sur un total de 43 300. Des 26 000 immigrants actifs, 39 % ont 17 ans de scolarité ou plus, 33,5 %, entre 14 et 16 années, et 11 %, entre 7 et 11 ans.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Yvan Dionne
    Inscrit
    mardi 17 octobre 2006 19h15
    Le Québec gagne et les pays d'où origine la immigration perdent
    « Il me semble que cette vision de l'immigration qui doit répondre principalement aux besoins du pays ou de la province, ne tient pas compte de la compensation qui doit être faite aux pays généralement plus pauvres qui perdent leurs professionnels les plus productifs et actifs pour leur communautés.

    C'est le cas de la province de Loja en Équateur, une des plus pauvres du pays, qui pour cause de cette immigration vert l'Europe et l'Amérique du Nord s'est vue contrainte a perdre plus de 50,000 de ses meilleurs professionnels, femmes et hommes bien formés par le système éducatif équatorien, professionnels actifs qui devraient être des investisseurs dans leur pays et générer cette richesse que tant à besoin le pays pour progresser. Par cette exemple, les professionnels les plus productifs partent enrichir de leur savoir et savoir-faire, les pays riches et développés européens et de l'Amérique du Nord. (Population de Loja estimée à près de 430,000 habitants).


    Il ne s'agit pas d`être pour ou contre l'immigration puisque je suis convaincu que le choix appartient à celui qui prend la décision et qui assume cette expatriation. Il s'agit plutôt de reconnaître l'effort déployé par le pays qui a investie dans la formation de ce professionnel et qui perd les fruits de son investissement sans en retirer aucune redevance.

    Lorsque Québec reçoit un immigrant bien formé qui vient par son travail et expertise générer diverses richesses pour la collectivité québécoise, et qu'au même moment Québec ne reconnaît pas l'investissement fait par le pays qui a formé ce professionnel, il accepte de ce fait de jouer un jeux hypocrite et qui va contre l'esprit de l'aide au développement, puisque ces mêmes pays qui perdent leurs meilleurs professionnels sont les mêmes que le Canada (et Québec) prétend aider par l'aide au développement. C'est le jeu de la main droite qui ne sait pas ce que fait la gauche! »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
1 réactions
0 votes
 
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009