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Malaise au PQ, qui perd deux dirigeants

Robert Dutrisac   12 octobre 2006  Québec
Dominique Ollivier
Dominique Ollivier
Deux membres de l'exécutif national du Parti québécois viennent de remettre leur démission, critiquant l'absence de diversité ethnique chez les députés et candidats du parti tout en dénonçant «l'attitude paternaliste et autocrate de ses dirigeants».

Dans une lettre qu'elles ont remise à la présidente du PQ, Monique Richard, le 28 septembre dernier, Isabelle Beaulieu et Dominique Ollivier, deux membres de l'exécutif national élus lors du dernier congrès national, en juin 2005, déplorent «l'écart entre les bonnes intentions exprimées et les actions terrain» lorsqu'il est question de choisir des candidats en provenance des communautés culturelles. «Nous croyons fermement que la diversité québécoise doit se refléter dans toutes ses composantes à travers notre aile parlementaire. Malheureusement, force est de constater que dans toutes les circonscriptions prenables, le vieux réflexe de l'homogénéité joue encore», écrivent les démissionnaires.

Issue de la communauté haïtienne, Dominique Ollivier s'était retirée de la course à l'investiture dans la circonscription de Taillon après que le chef du PQ, André Boisclair, eut accordé son appui à l'ex-vice-présidente du parti, Marie Malavoy. Lors de l'élection partielle qui a suivi, en août dernier, Mme Malavoy a été élue députée en remplacement de Pauline Marois dans ce comté considéré comme étant sûr pour le PQ.

Jointe hier, Mme Ollivier s'est défendue d'avoir remis sa démission de l'exécutif par dépit en réaction à sa déconvenue dans Taillon. «Ce n'est vraiment pas de l'amertume. Moi ou quelqu'un d'autre, ça ne fait aucune différence», a-t-elle soutenu, soulignant qu'elle avait travaillé pendant des années au Bloc québécois afin que les personnes des communautés culturelles trouvent leur place au sein de ce parti souverainiste.

Le PQ serait-il ce parti ethnique — blanc, catholique, d'origine européenne — que décrivent certains universitaires? «Ça me fait de la peine qu'on dise ça. Ça fait depuis 1995 que je travaille dans le mouvement souverainiste pour faire changer cette image-là. Ça me désole de constater que ça semble encore être le cas au PQ», a-t-elle dit.

Les quelques personnes des communautés culturelles pressenties pour devenir candidats péquistes et qui ont communiqué avec elle «se retrouvent dans des comtés absolument perdants comme Marguerite-Bourgeoys ou Mont-Royal», a signalé Mme Ollivier.

Quelques occasions se sont présentées où, selon Mme Ollivier, il aurait été possible pour le parti de favoriser un candidat d'une origine autre que québécoise de souche. Or il en a été décidé autrement, «même si M. Boisclair nous avait annoncé un beau portrait», a-t-elle fait observer. «C'est toujours l'excuse: c'est qu'ils n'ont pas trouvé» de bons candidats dans les communautés culturelles.

Coquille vide

Les deux démissionnaires se plaignent aussi du fait que l'exécutif serait devenu une coquille vide, soumise aux diktats du chef et de son entourage. «Nous nous refusons à jouer un rôle de caution morale pour des décisions qui semblent prises d'avance», écrivent-elles.

La présidente Monique Richard n'aurait aucun pouvoir et, malgré son «ardeur», les démissionnaires n'ont «trouvé au parti ni le soutien ni la marge de manoeuvre nécessaires pour faire le travail pour lequel les militants [les] avaient élues», jugent-elles. «L'exécutif nous semble être considéré tout juste comme un mal nécessaire.»

À la permanence du parti, on jugeait cette lettre de démission comme une affaire interne que la présidente ne commenterait pas. Tout au plus le directeur des communications du PQ, Daniel Bussières, a-t-il indiqué que le parti «veut avoir des députés à l'Assemblée nationale qui sont issus de l'immigration».

Par ailleurs, le député de Lac-Saint-Jean, Stéphan Tremblay, a annoncé qu'il ne se représentera pas aux prochaines élections. Élu à l'Assemblée nationale en 2001, le jeune député de 32 ans compte déjà dix ans d'expérience parlementaire puisqu'il a porté les couleurs du Bloc québécois à la Chambre des communes, élu pour la première fois en 1996. M. Tremblay quittera la vie politique pour des raisons personnelles: il veut se consacrer à sa famille et compléter des études de maîtrise. Il ne s'agit aucunement d'un désaveu du chef André Boisclair, a-t-il assuré hier.
 
 
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  • marcel lauzon
    Abonné
    jeudi 12 octobre 2006 11h36
    La dure école du PQ
    Bonjour, je tiens à faire remarquer aux gens que le PQ, est, a été et ne se corrigera sans doute pas avant les prochaines élections, le parti le plus navrant envers ses supporteurs et travailleurs de terrain. J'en veux pour preuves tous les ex-membres du parti (4 groupes jeunes dans un mandat de député Ministre à la Jeunesse en plus,dans Rousseau). l'abandon, sans faire de vague, de plusieurs membres d'exécutifs de comtés sans que l'exécutif national ne se préoccupe de rien. Mme Richard semble prendre concience qu'au PQ, l'élite décide et les membres doivent exécuter. Voila qu'elle vit et ressent exactement ce que les instances du parti(dont elle faisait partie) nous font vivre ou nous laissent vivre dans les comtés. Je la remercie de confirmer le choix que j'ai fait suite aux façons de faire de ce parti.

  • Louise Laverdière
    Inscrite
    jeudi 12 octobre 2006 15h06
    L'immersion aux valeurs pures adepte de l'obstination
    Retrousse les manches, solutions évidentes car une place libre n'occupe pas nécessairement le droit des citoyens. S'ils peuvent user de planification lors de telles aberrations dans leur comité de PQ afin de s'outiller plus rapidement vers d'autres façons d'aider le peuple. Leur famille, leur indignation reste froissée lors de présentation plus fulgurante, les autres personnes s'attendent à des effets positifs de leur députation ou future, ils ont tout de même créer un environnement positif de promesses et le détruise avec un clic de la main. Quelle politique de pouvoir sommes-nous en train de subir au XXIe siècle?

  • Marie-France Legault
    Inscrit
    jeudi 12 octobre 2006 17h53
    ça va mal au P.Q....
    À voir les départs qui se succèdent (P.Q.) j'ai l'impression que ça va mal à la "shop" comme disent les québécois. Connaissant le P.Q., son éternel optimisme, ses nombreuses victoires "morales" même quand il perd (référendums 1980 et 1995), il serait bien étonnant qu'il reconnaisse, sa "chute libre"...La "souveraineté" que nous avons déjà, n'est pas l'enjeu du travail acharné et inutile des péquistes. C'est l'Indépendance pure et simple dont il est question, faut-il le préciser? Et les québécois ne sont pas des "valises" qui vont croire au PARADIS après la Sécession. La question du bois d'oeuvre n'est pas réglée. Plusieurs ouvriers se préparent au "chômage" et après, peut-être au B.S. Aucun gouvernement n'a pu régler le problème qui, soit dit en passant, ne remonte pas à 2006, mais bien avant...Who is afraid of "québécois" and governement quelle que soit son allégeance: fédéraliste, séparatiste, néo-démocrate, conservateur, libéral? Nobody certainly not the United States of America. Notre Bernard national a essayé de leur faire peur, et ça n'a pas marché. Donc, avec ou sans Indépendance, Uncle Sam, n'a pas peur du Québec, il pourrait nous acheter sans que son budget en soit affecté. D'ailleurs le vieux Québec (la ville de Québec) commence à se vendre très bien. Des américains achètent des condos pour avoir un pied à terre chez nous. Je crois que si.........l'Indépendance se faisait, les U.S.A. feraient une bouchée de notre Québec libre...il y a des choses très alléchantes, ne serait-ce que le fleuve St-Laurent, ses forêts épaisses et garnies, son électricité etc...Que de choses sont alléchantes pour uncle sam...

  • FARID KODSI
    Inscrit
    vendredi 13 octobre 2006 16h38
    Isabelle et Dominique ont fait erreur
    Je pense que les deux membres de l'exécutif national ont choisi le mauvais clan, celui des pure laine séparatistes qui se fichent carrément des demandes de la nouvelle génération multie qui sait fort bien qu'elle représente le Québec multiculturel de l'avenir. Je recommanderais à ces deux dames de former un parti qui pourrait regrouper un jour ceux et celles qui veulent travailler ensemble pour un nouveau Québec fondé sur le respect et l'égalité des différentes ethnies plutôt que de nous rebattre les oreilles avec l'ouverture inexistante des Québécois pure laine séparatistes à une diversité plutôt chimérique qu'authentique. Dans la grande ville de Montréal où le nombre de multis est à la hausse, il est grand temps de parler d'ÉGALITÉ.

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