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Jan Wong s'est discréditée

20 septembre 2006  Québec
Monsieur Edward Greenspon , Éditeur en chef, The Globe and Mail

Monsieur,

Mercredi dernier, Montréal a vécu un événement tragique qui a affligé tous les Québécois. Les étudiants ont courageusement repris lundi le chemin du Collège Dawson en souhaitant que les rejoignent bientôt leurs camarades encore hospitalisés. Nous partageons leur douleur et leur tristesse.

Les événements qui se sont produits au Collège Dawson n'obéissent à aucune raison. Ils nous ont rappelé des souvenirs douloureux. À nous, Québécois, mais aussi à des Américains, des Français, des Irlandais, des Russes et à tous ces peuples qui ont déploré des tragédies semblables au cours des dernières années. Ce drame nous rappelle aussi la fusillade survenue au centre-ville de Toronto le 26 décembre 2005.

Dans ce genre de situation, il est pour le moins risqué de s'aventurer sur le chemin de l'explication ou de la comparaison sans basculer dans le fossé de la bêtise. À ce jeu, Mme Jan Wong se sera discréditée.

J'ai été choqué et déçu par cette analyse sectaire, publiée dans l'édition du samedi 16 septembre, dans laquelle Mme Wong attribuait à l'affirmation du fait français au Québec la source profonde de la fusillade du Collège Dawson ou de celle de Polytechnique survenue en 1989.

Les Québécois forment moins de 3 % de la population du continent. À travers les siècles et les aléas de l'histoire, nous sommes parvenus à préserver notre langue et notre culture. Nous avons su le faire en nourrissant les plus grands idéaux démocratiques et en accueillant chaque année des dizaines de milliers de personnes venues des quatre coins du monde pour participer à la construction d'une société libre et fière de sa différence.

Notre langue commune, loin d'aliéner notre métropole, comme le soutien injustement Mme Wong, contribue au contraire de manière puissante au caractère cosmopolite de Montréal et à la nord-américanité unique du Québec.

Parce que nous parlons français, parce que nous sommes fiers de le faire et parce que cette langue est le premier instrument de notre liberté, nous avons tendu des ponts par-dessus l'océan, noué des liens avec les autres peuples, en particulier de la francophonie mondiale, et contribué de ce fait à la diversité canadienne.

Le texte de Mme Wong est une disgrâce. Il témoigne d'une ignorance des valeurs canadiennes et d'une incompréhension profonde du Québec. Mme Wong devrait ainsi avoir la décence de s'excuser auprès de tous les Québécois.






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