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Québec sera plus généreux avec les De Sousa

19 septembre 2006  Québec
Les étudiants du Collège Dawson sont revenus en classe pour la première fois hier depuis la fusillade qui a coûté la vie d’Anastasia Sousa en plus de celle du tueur. Hier, le ministre de la Justice, Yvon Marcoux, a annoncé que la famille Sousa re
Photo : Jacques Nadeau
Les étudiants du Collège Dawson sont revenus en classe pour la première fois hier depuis la fusillade qui a coûté la vie d’Anastasia Sousa en plus de celle du tueur. Hier, le ministre de la Justice, Yvon Marcoux, a annoncé que la famille Sousa re
Québec — La famille d'Anastasia De Sousa aura droit à 3000 $ d'aide financière de l'État — au lieu des 600 $ prévus par la loi — pour acquitter les frais funéraires de la jeune étudiante du Collège Dawson assassinée la semaine dernière à Montréal.

Le ministre de la Justice, Yvon Marcoux, a annoncé hier qu'il allait proposer aux parlementaires de l'Assemblée nationale de rendre les dispositions inscrites au projet de loi 25, relativement aux frais funéraires, rétroactives à la date du dépôt du projet, soit le 9 mai 2006.

Le projet de loi 25, qui viendra amender la Loi sur les victimes d'actes criminels, vise deux objectifs: augmenter l'aide de l'État pour les frais funéraires et apporter un soutien psychologique aux proches des victimes.

Cependant, les articles touchant l'aide psychologique n'auront pas de caractère rétroactif.

Aussi, les familles des victimes d'actes criminels survenus avant la date de l'entrée en vigueur du projet de loi — sauf ceux liés à la fusillade survenue au Collège Dawson — n'auront donc pas droit au soutien financier de l'État pour obtenir des services de soutien psychologique.

Le cabinet du ministre Marcoux se défend de pratiquer une politique de deux poids deux mesures ou de «faire de la discrimination» en créant différentes catégories de victimes.

La porte-parole du ministre, Aurélie Bujold, a expliqué que le gouvernement procédait ainsi parce que les parlementaires doivent d'abord définir par règlement la notion de «proche» des victimes, pour savoir qui aura droit à une indemnité.

La position de Québec risque cependant de heurter les groupes de défense des victimes d'actes criminels, qui étaient venus défiler en commission parlementaire, en juin, pour dénoncer le fait que le projet de loi ne prévoyait pas indemniser les familles qui ont perdu un proche de façon brutale au cours des années passées.

«Dawson est un événement exceptionnel», a justifié Mme Bujold, lors d'un entretien téléphonique. Aussi, contrairement à bien d'autres familles, celles qui sont frappées par la tragédie de Dawson pourront obtenir un soutien psychologique «aussi longtemps qu'elles en auront besoin».

Quant à savoir pourquoi le ministre a fixé la rétroactivité au 9 mai plutôt qu'à une date antérieure, Mme Bujold répond qu'il fallait «tracer une ligne» et respecter le cadre financier du gouvernement.

Lors de l'étude du projet de loi, en juin, certains, comme Pierre-Hugues Boisvenu, de l'Association des personnes assassinées ou disparues, étaient venues dire au ministre que son projet de loi créait «deux catégories de familles de victimes, celles d'avant la loi, qui seront abandonnées à leur sort, et celles après la loi, qui bénéficieront de soutien».

M. Boisvenu, de Sherbrooke, est le père de Julie Boisvenu, qui avait été enlevée, violée, étranglée et trouvée assassinée dans des circonstances mystérieuses. Depuis, il se bat pour convaincre le gouvernement d'accroître son soutien aux proches des victimes.

L'inscription dans la loi du principe de l'aide psychothérapeutique aux proches sera une première au Québec. Au Canada, une seule autre province prévoit ce type de soutien.

En vertu de la loi actuelle, les proches d'une victime d'acte criminel ne reçoivent que 600 $ pour les frais funéraires, un montant qui n'a pas été indexé depuis 1972.

En 2004, Québec a accueilli favorablement 3229 demandes d'aide financière de la part de victimes d'actes criminels.

Cette année, Québec a prévu allouer 500 000 $ de plus pour le soutien aux familles des victimes d'actes criminels, somme qui sera portée à 1,5 million par la suite.






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