André Boisclair promet un «cabinet à la Lévesque»
Photo : Clément Allard
C’était hier le jour du retour à l’Assemblée nationale du chef péquiste André Boisclair, qui a été assermenté au côté de sa collègue Marie Malavoy, elle aussi élue aux élections partielles du 14 août. Et le député de Pointe-aux-Trembl
Québec — S'il est élu premier ministre, le chef péquiste André Boisclair a pris l'engagement formel de «constituer une équipe aussi talentueuse que celle que René Lévesque a dirigée lorsqu'il formait un premier gouvernement souverainiste, en 1976».
C'est ce qu'il a entre autres déclaré hier, au Salon rouge de l'Hôtel du Parlement, lors de son assermentation comme député de Pointe-aux-Trembles, circonscription où il a été élu le 14 août. L'ancienne ministre Marie Malavoy, fidèle de Pauline Marois et élue dans Taillon à la même date, a été assermentée à ses côtés.
M. Boisclair, pour qui c'était un retour à l'Assemblée nationale — il a été député de Gouin de 1989 à 2004 —, a livré un discours empreint d'une certaine nostalgie, rappelant qu'il avait «grandi» dans les corridors de cet édifice. Celui qui, en 1989, avait été le plus jeune élu de l'histoire du Québec a lancé: «Je pense qu'il n'y a pas un corridor que je ne connais pas, pas un employé ou presque de l'Assemblée nationale que je ne saurais nommer par son prénom.» Nouveau député de Pointe-aux-Trembles (PAT), il a souligné que c'était là la «circonscription qui, la première au Québec, a élu un député souverainiste, Marcel Léger», homme dont il a rappelé la mémoire avant de se souvenir du «grand Michel Bourdon», autre prédécesseur du chef du PQ dans PAT.
Passant à l'attaque comme nouveau chef de l'opposition, M. Boisclair a reproché au premier ministre actuel d'avoir plongé le Québec «dans la léthargie». «Nos jeunes quittent des régions à un rythme accéléré. Nos entreprises n'investissent plus comme elles le devraient pour préparer l'avenir. Les grands projets sont sans cesse reportés, sinon annulés.»
Comme Danton
Dans un élan rhétorique en forme d'allusion (volontaire?) au révolutionnaire français Danton — qui avait lancé en 1792: «De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace» —, M. Boisclair a affirmé que le Québec devait à «l'audace» ses «francs succès», martelant le mot à au moins une douzaine de reprises dans l'ensemble de son discours: «La nationalisation de l'électricité et la création d'Hydro-Québec, ç'a pris de l'audace; la création de réseaux de la santé et de l'éducation gratuits, accessibles et publics, ça en a pris, de l'audace; la création de la Caisse de dépôt, de la Charte de la langue française, le déficit zéro, l'équité salariale, les centres à la petite enfance, tout ça, ç'a pris de l'audace. Et les succès de demain seront aussi exigeants et demanderont, eux aussi, de l'audace.» Selon M. Boisclair, le Québec «a les moyens d'être ambitieux pour son avenir», et tout ce qui manque à cette nation, c'est «cette audace pour croire et ce courage pour croire qu'un autre avenir est possible au Québec». Mais cela ne devrait tarder: «La plus grande audace, le plus beau défi, c'est celui de se prendre en main, de prendre son destin en main, et c'est celui que nous souhaitons pour le peuple québécois. Oui, le Québec sera bientôt souverain.»
Lors de la conférence de presse qui a suivi, M. Boisclair s'est toutefois montré évasif et peu audacieux dans plusieurs de ses réponses. Notamment lorsque les journalistes lui ont demandé s'il se conformerait aux sections du programme péquiste (qu'il a souvent dit appuyer totalement) qui le contraignent à «préparer un projet de document où seront abordés tous les aspects de la transition». M. Boisclair a tout juste précisé que le budget de l'an 1 de François Legault serait «bonifié, enrichi de nos récentes réflexions» au cours des prochaines semaines et qu'il souhaite signer un pacte avec les régions «avant de tenir un référendum sur la souveraineté». Pour le reste, M. Boisclair a repris une formule couramment employée par lui récemment: «Je ne commencerai pas à faire de stratégie ouverte ici aujourd'hui.» Sur les PPP, desquels M. Boisclair disait ne pas avoir peur dans un discours prononcé dimanche, il a répondu: «Ma réflexion était beaucoup plus nuancée que cela, et ça me fera plaisir d'en discuter plus longuement que dans un échange questions-réponses comme ça.»
Constituer un cabinet aussi «talentueux» que celui de René Lévesque en 1976 serait assurément un «défi». Considérons simplement la question des diplômes: selon un décompte rapide effectué à partir des biographies publiées sur le site de l'Assemblée nationale, le premier cabinet péquiste comptait au moins huit titulaires de doctorat: Jacques Parizeau, Rodrigue Tremblay, Yves Bérubé, Guy Tardif, Camille Laurin, Pierre Marc Johnson, Denis Lazure et Louis O'Neill. À ceux-ci, il faut ajouter le ministre de l'Éducation, Jacques-Yvan Morin, déjà un universitaire réputé au moment de son élection et qui avait effectué plusieurs années d'études supérieures à Cambridge et à Harvard. Aussi, trois membres du fameux cabinet avaient terminé une scolarité de doctorat: Denis Vaugeois, Pierre Marois et Denis De Belleval. De grands commis de l'État faisaient aussi partie de l'équipe: Claude Morin et Bernard Landry. Des «Ph.D.» étaient aussi nombreux dans les officines péquistes: Louis Bernard et Fernand Dumont, notamment.
Bien que le nombre de docteurs ait indubitablement augmenté au Québec depuis 1976, ils se font pourtant rares dans la députation péquiste actuelle: seuls Sylvain Simard (littérature comparée), Daniel Turp (droit) et Camil Bouchard (psychologie) ont le fameux diplôme. Marie Malavoy a enseigné à l'Université de Sherbrooke mais elle est titulaire d'une maîtrise en service social et non d'un doctorat.
Au reste, M. Boisclair a indiqué que les places ne manqueront pas au PQ lors des prochaines élections puisque la députation péquiste compte actuellement 46 élus (dont certains qui ont annoncé leur départ et qui céderont leur place, a-t-il précisé) alors qu'il lui faut trouver 125 candidats pour les prochaines élections. (À l'heure actuelle, le Parti libéral compte 73 députés, l'Action démocratique, cinq, et il y a un indépendant.)
Possible?
L'engagement d'André Boisclair en a étonné plusieurs. «J'ai sursauté lorsque j'ai entendu ça», a reconnu celle qui a été chef de cabinet de René Lévesque, Martine Tremblay, qui a assisté à la cérémonie. Mme Tremblay, qui a publié au printemps Derrière des portes closes (Québec-Amérique), une analyse sensible et détaillée de l'exercice du pouvoir par René Lévesque, se souvient que ce dernier était «intimidé» par son cabinet bardé de diplômes, lui qui n'avait pas terminé son baccalauréat en droit. «Je ne sais pas si c'est possible de rééditer cela. En tout cas, il [M. Boisclair] a du cran de l'annoncer. Il place la barre bien haut... mais je ne sais pas à qui il pense», a dit Mme Tremblay.
Claude Morin, ministre des Relations intergouvernementales sous Lévesque, estime que M. Boisclair a là une «excellente intention». Il qualifie le gouvernement de Jean Charest de «pas terrible»: «Il y a peut-être là une équipe, mais elle n'est pas du tonnerre», ironise-t-il en évoquant le terme avec lequel on désigne un autre cabinet talentueux, le gouvernement Lesage de 1960. M. Morin souligne toutefois qu'il est «toujours un peu risqué en politique de vouloir répéter une situation antérieure, surtout si elle découlait d'une conjoncture donnée, très particulière». Il fait remarquer que les universitaires sont beaucoup moins attirés par la politique de nos jours.
Martine Tremblay estime que la politique aujourd'hui est beaucoup plus difficile et «usante» qu'auparavant parce qu'elle est plus médiatisée. Dans son discours, la députée Marie Malavoy, une universitaire, a fait remarquer que son premier métier était très bien vu alors que son second, celui de députée, «est dans le bas de l'échelle dans la faveur populaire».
Le député Camil Bouchard, joint alors qu'il corrigeait la thèse de doctorat de sa «dernière étudiante» (qui avait entrepris ses études sous sa supervision avant son entrée en politique, en 2003), estime qu'un universitaire perd beaucoup de crédibilité aujourd'hui lorsqu'il décide d'entrer en politique et qu'il faut une dose «d'insouciance, d'irrationalité et d'abnégation pour se lancer là-dedans» de nos jours. Il souligne que dans son «milieu naturel», un universitaire n'est jamais contesté ou remis en question que par quelques collègues, ce qui est une position plus «confortable» que de se voir soudainement désavoué par tous ceux qui ne croient pas en votre parti.
Selon Camil Bouchard, lorsqu'André Boisclair se donne comme objectif de monter un cabinet à la Lévesque, «il fait appel au courage des gens»: «Si vous voulez que le pays change, si vous voulez avoir une meilleure administration, si vous voulez le construire, votre fichu de pays, ben venez-vous-en!»
Le frère d'André Boisclair, Philippe, aussi présent au Salon rouge hier, a confié au Devoir «souffrir énormément» pour son frère depuis qu'il est chef. «En fait, je trouve ça difficile pour tous les politiciens», a-t-il précisé, notant que «leur travail est très important». Il dit espérer que son frère réussira à faire remonter ce travail dans l'estime des gens. Philippe Boisclair dit ne pas être pour autant tenté par la politique: «Moi, je suis un entrepreneur, je suis en affaires, et lui [André], c'est un entrepreneur en politique, il veut réaliser des défis. Il a choisi de le faire dans la chose publique; moi, j'essaie de le faire en affaires.»
C'est ce qu'il a entre autres déclaré hier, au Salon rouge de l'Hôtel du Parlement, lors de son assermentation comme député de Pointe-aux-Trembles, circonscription où il a été élu le 14 août. L'ancienne ministre Marie Malavoy, fidèle de Pauline Marois et élue dans Taillon à la même date, a été assermentée à ses côtés.
M. Boisclair, pour qui c'était un retour à l'Assemblée nationale — il a été député de Gouin de 1989 à 2004 —, a livré un discours empreint d'une certaine nostalgie, rappelant qu'il avait «grandi» dans les corridors de cet édifice. Celui qui, en 1989, avait été le plus jeune élu de l'histoire du Québec a lancé: «Je pense qu'il n'y a pas un corridor que je ne connais pas, pas un employé ou presque de l'Assemblée nationale que je ne saurais nommer par son prénom.» Nouveau député de Pointe-aux-Trembles (PAT), il a souligné que c'était là la «circonscription qui, la première au Québec, a élu un député souverainiste, Marcel Léger», homme dont il a rappelé la mémoire avant de se souvenir du «grand Michel Bourdon», autre prédécesseur du chef du PQ dans PAT.
Passant à l'attaque comme nouveau chef de l'opposition, M. Boisclair a reproché au premier ministre actuel d'avoir plongé le Québec «dans la léthargie». «Nos jeunes quittent des régions à un rythme accéléré. Nos entreprises n'investissent plus comme elles le devraient pour préparer l'avenir. Les grands projets sont sans cesse reportés, sinon annulés.»
Comme Danton
Dans un élan rhétorique en forme d'allusion (volontaire?) au révolutionnaire français Danton — qui avait lancé en 1792: «De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace» —, M. Boisclair a affirmé que le Québec devait à «l'audace» ses «francs succès», martelant le mot à au moins une douzaine de reprises dans l'ensemble de son discours: «La nationalisation de l'électricité et la création d'Hydro-Québec, ç'a pris de l'audace; la création de réseaux de la santé et de l'éducation gratuits, accessibles et publics, ça en a pris, de l'audace; la création de la Caisse de dépôt, de la Charte de la langue française, le déficit zéro, l'équité salariale, les centres à la petite enfance, tout ça, ç'a pris de l'audace. Et les succès de demain seront aussi exigeants et demanderont, eux aussi, de l'audace.» Selon M. Boisclair, le Québec «a les moyens d'être ambitieux pour son avenir», et tout ce qui manque à cette nation, c'est «cette audace pour croire et ce courage pour croire qu'un autre avenir est possible au Québec». Mais cela ne devrait tarder: «La plus grande audace, le plus beau défi, c'est celui de se prendre en main, de prendre son destin en main, et c'est celui que nous souhaitons pour le peuple québécois. Oui, le Québec sera bientôt souverain.»
Lors de la conférence de presse qui a suivi, M. Boisclair s'est toutefois montré évasif et peu audacieux dans plusieurs de ses réponses. Notamment lorsque les journalistes lui ont demandé s'il se conformerait aux sections du programme péquiste (qu'il a souvent dit appuyer totalement) qui le contraignent à «préparer un projet de document où seront abordés tous les aspects de la transition». M. Boisclair a tout juste précisé que le budget de l'an 1 de François Legault serait «bonifié, enrichi de nos récentes réflexions» au cours des prochaines semaines et qu'il souhaite signer un pacte avec les régions «avant de tenir un référendum sur la souveraineté». Pour le reste, M. Boisclair a repris une formule couramment employée par lui récemment: «Je ne commencerai pas à faire de stratégie ouverte ici aujourd'hui.» Sur les PPP, desquels M. Boisclair disait ne pas avoir peur dans un discours prononcé dimanche, il a répondu: «Ma réflexion était beaucoup plus nuancée que cela, et ça me fera plaisir d'en discuter plus longuement que dans un échange questions-réponses comme ça.»
Constituer un cabinet aussi «talentueux» que celui de René Lévesque en 1976 serait assurément un «défi». Considérons simplement la question des diplômes: selon un décompte rapide effectué à partir des biographies publiées sur le site de l'Assemblée nationale, le premier cabinet péquiste comptait au moins huit titulaires de doctorat: Jacques Parizeau, Rodrigue Tremblay, Yves Bérubé, Guy Tardif, Camille Laurin, Pierre Marc Johnson, Denis Lazure et Louis O'Neill. À ceux-ci, il faut ajouter le ministre de l'Éducation, Jacques-Yvan Morin, déjà un universitaire réputé au moment de son élection et qui avait effectué plusieurs années d'études supérieures à Cambridge et à Harvard. Aussi, trois membres du fameux cabinet avaient terminé une scolarité de doctorat: Denis Vaugeois, Pierre Marois et Denis De Belleval. De grands commis de l'État faisaient aussi partie de l'équipe: Claude Morin et Bernard Landry. Des «Ph.D.» étaient aussi nombreux dans les officines péquistes: Louis Bernard et Fernand Dumont, notamment.
Bien que le nombre de docteurs ait indubitablement augmenté au Québec depuis 1976, ils se font pourtant rares dans la députation péquiste actuelle: seuls Sylvain Simard (littérature comparée), Daniel Turp (droit) et Camil Bouchard (psychologie) ont le fameux diplôme. Marie Malavoy a enseigné à l'Université de Sherbrooke mais elle est titulaire d'une maîtrise en service social et non d'un doctorat.
Au reste, M. Boisclair a indiqué que les places ne manqueront pas au PQ lors des prochaines élections puisque la députation péquiste compte actuellement 46 élus (dont certains qui ont annoncé leur départ et qui céderont leur place, a-t-il précisé) alors qu'il lui faut trouver 125 candidats pour les prochaines élections. (À l'heure actuelle, le Parti libéral compte 73 députés, l'Action démocratique, cinq, et il y a un indépendant.)
Possible?
L'engagement d'André Boisclair en a étonné plusieurs. «J'ai sursauté lorsque j'ai entendu ça», a reconnu celle qui a été chef de cabinet de René Lévesque, Martine Tremblay, qui a assisté à la cérémonie. Mme Tremblay, qui a publié au printemps Derrière des portes closes (Québec-Amérique), une analyse sensible et détaillée de l'exercice du pouvoir par René Lévesque, se souvient que ce dernier était «intimidé» par son cabinet bardé de diplômes, lui qui n'avait pas terminé son baccalauréat en droit. «Je ne sais pas si c'est possible de rééditer cela. En tout cas, il [M. Boisclair] a du cran de l'annoncer. Il place la barre bien haut... mais je ne sais pas à qui il pense», a dit Mme Tremblay.
Claude Morin, ministre des Relations intergouvernementales sous Lévesque, estime que M. Boisclair a là une «excellente intention». Il qualifie le gouvernement de Jean Charest de «pas terrible»: «Il y a peut-être là une équipe, mais elle n'est pas du tonnerre», ironise-t-il en évoquant le terme avec lequel on désigne un autre cabinet talentueux, le gouvernement Lesage de 1960. M. Morin souligne toutefois qu'il est «toujours un peu risqué en politique de vouloir répéter une situation antérieure, surtout si elle découlait d'une conjoncture donnée, très particulière». Il fait remarquer que les universitaires sont beaucoup moins attirés par la politique de nos jours.
Martine Tremblay estime que la politique aujourd'hui est beaucoup plus difficile et «usante» qu'auparavant parce qu'elle est plus médiatisée. Dans son discours, la députée Marie Malavoy, une universitaire, a fait remarquer que son premier métier était très bien vu alors que son second, celui de députée, «est dans le bas de l'échelle dans la faveur populaire».
Le député Camil Bouchard, joint alors qu'il corrigeait la thèse de doctorat de sa «dernière étudiante» (qui avait entrepris ses études sous sa supervision avant son entrée en politique, en 2003), estime qu'un universitaire perd beaucoup de crédibilité aujourd'hui lorsqu'il décide d'entrer en politique et qu'il faut une dose «d'insouciance, d'irrationalité et d'abnégation pour se lancer là-dedans» de nos jours. Il souligne que dans son «milieu naturel», un universitaire n'est jamais contesté ou remis en question que par quelques collègues, ce qui est une position plus «confortable» que de se voir soudainement désavoué par tous ceux qui ne croient pas en votre parti.
Selon Camil Bouchard, lorsqu'André Boisclair se donne comme objectif de monter un cabinet à la Lévesque, «il fait appel au courage des gens»: «Si vous voulez que le pays change, si vous voulez avoir une meilleure administration, si vous voulez le construire, votre fichu de pays, ben venez-vous-en!»
Le frère d'André Boisclair, Philippe, aussi présent au Salon rouge hier, a confié au Devoir «souffrir énormément» pour son frère depuis qu'il est chef. «En fait, je trouve ça difficile pour tous les politiciens», a-t-il précisé, notant que «leur travail est très important». Il dit espérer que son frère réussira à faire remonter ce travail dans l'estime des gens. Philippe Boisclair dit ne pas être pour autant tenté par la politique: «Moi, je suis un entrepreneur, je suis en affaires, et lui [André], c'est un entrepreneur en politique, il veut réaliser des défis. Il a choisi de le faire dans la chose publique; moi, j'essaie de le faire en affaires.»
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