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Le PQ conserve Taillon sans peine

André Boisclair et Marie Malavoy se sont croisés hier matin à Longueuil, dans la circonscription de Taillon. L’élection dans Pointe-aux-Trembles du premier, auquel le Parti libéral avait laissé la voie libre, ne faisait aucun doute. Celle de Mme
Photo : Jacques Grenier
André Boisclair et Marie Malavoy se sont croisés hier matin à Longueuil, dans la circonscription de Taillon. L’élection dans Pointe-aux-Trembles du premier, auquel le Parti libéral avait laissé la voie libre, ne faisait aucun doute. Celle de Mme
Les anciennes circonscriptions de René Lévesque et de Nicole Léger demeurent péquistes. Marie Malavoy a été élue hier dans la circonscription de Taillon, laissée vacante par le départ de Pauline Marois, et, sans surprise, André Boisclair a remporté la victoire dans Pointe-aux-Trembles, lui ouvrant la porte de l'Assemblée nationale.

Selon les résultats préliminaires disponibles au moment de mettre sous presse, Marie Malavoy avait obtenu 44,85 % des suffrages. C'est sensiblement le même résultat que celui de Pauline Marois en 2003 (45,85 %). Hormis les élections de 2003, c'est toutefois le plus faible taux d'appui au PQ depuis 1973. Le Parti québécois avait récolté 53,02 % des voix en 1998 et 60,99 %, en 1994.

La performance du Parti libéral dans Taillon hier a été moins bonne (28,01 % des suffrages) qu'en 2003 (34,17 %). Pour le PLQ, il s'agit de son plus faible taux d'appui dans la circonscription depuis 1976.

L'ADQ a obtenu un moins bon résultat hier (14,51 %) qu'en 2003 (16,55 %), mais sa performance a été nettement meilleure qu'à l'élection partielle du 10 avril dans Sainte-Marie-Saint-Jacques (1,94 %).

Québec solidaire a terminé quatrième, avec 7,73 % des voix, sensiblement le même pourcentage que celui qu'il obtient à l'échelle nationale (7 %), selon le plus récent sondage CROP. La candidate Manon Blanchard avait déclaré en début de campagne pouvoir récolter plus que 6, 7 ou 8 % des voix. Le taux de participation à l'élection partielle de Taillon n'était pas encore connu hier, mais il dépassera 20 %.

Taillon : un bastion péquiste

Représentée par un député du PQ depuis 30 ans, la circonscription de Taillon, qui comprend une partie de la ville de Longueuil, sur la Rive-Sud dans la région de Montréal, est considérée comme une forteresse péquiste. C'est l'ancienne circonscription de René Lévesque (1976-1985) et de Pauline Marois (1989-mars 2006). Le PQ a choisi cette fois d'y présenter Marie Malavoy, députée de Sherbrooke de 1994 à 1998, ancienne vice-présidente du parti et ex-doyenne de la Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Sherbrooke. Durant la campagne électorale, Mme Malavoy a fait valoir son expérience et a privilégié les thèmes de la famille, du développement durable et humain, de l'éducation et de la souveraineté.

Le Parti libéral du Québec (PLQ) n'a pas ménagé ses efforts pour ravir au PQ la circonscription de Taillon. Le premier ministre et de nombreux ministres sont venus épauler la candidate libérale, Véronique Mercier, durant la campagne électorale. Mme Mercier est directrice adjointe du cabinet de la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, et elle a auparavant été attachée de presse du premier ministre du Nouveau-Brunswick, Bernard Lord. En campagne électorale, elle a soutenu qu'elle pourrait mieux représenter les intérêts des électeurs de la circonscription que les candidates des autres partis, étant donné qu'elle appartient à la formation politique au pouvoir et qu'elle connaît le premier ministre et les ministres.

La candidate adéquiste, Karine Simard, a argué qu'elle avait une longueur d'avance sur ses adversaires. S'étant présentée aux élections générales en 2003 ainsi qu'aux élections municipales l'automne dernier, elle a affirmé que les résidants de Taillon la connaissaient déjà. Elle a fait campagne principalement sur le thème de la famille.

Le parti Québec solidaire en était à sa première participation à une élection à l'extérieur de Montréal. Manon Blanchard, «Votre voisine de gauche», était le slogan de la campagne de cette formation politique dans Taillon.

Véronique Mercier, Karine Simard et Manon Blanchard ont fait valoir qu'elles habitaient à Longueuil, contrairement à Marie Malavoy. Outre ces candidates, Yvon Rudolphe se présentait dans Taillon pour le Parti vert, Francis Beuzart, pour le Bloc pot et Tristan Dénommée Pigeon, comme indépendant.

Pointe-aux-Trembles

Dans la circonscription de Pointe-aux-Trembles, laissée vacante par le départ de la député péquiste Nicole Léger, André Boisclair s'est fait offrir un siège à l'Assemblée nationale sur un plateau d'argent. Et il a aisément remporté l'élection partielle qui se tenait hier. Au moment de mettre sous presse, il obtenait quelque 71 % des suffrages, avec une majorité de plus de 7475 voix. Le taux de participation oscillait autour de 32 % chez les quelque 40 000 électeurs de la circonscription.

Le Parti libéral et l'Action démocratique du Québec, respectivement deuxième et troisième au scrutin général d'avril 2003, avaient toutefois choisi de ne présenter aucun candidat contre M. Boisclair. Cette décision a donné l'occasion au Parti vert et à la nouvelle formation Québec solidaire de se démarquer davantage. Au moment de mettre sous presse, le candidat du Parti vert, Xavier Daxhelet, semblait se diriger vers une deuxième place, avec environ 12 % des voix.

La candidate de Québec solidaire, Dominique Ritchot, récoltait quant à elle près de 9 % d'appuis. Le parti de gauche n'a donc pas un résultat aussi fort que celui obtenu en avril dans la circonscription montréalaise de Sainte-Marie-Saint-Jacques, où il avait récolté 22 % des suffrages. En tout, huit candidats ont brigué les suffrages de cette circonscription. Le candidat d'allégeance péquiste Benoît Bergeron, qui s'est présenté en tant qu'indépendant, a terminé quatrième. Au cours de la campagne, il a demandé à M. Boisclair de se désister, critiquant l'absence de véritable débat électoral en raison de l'absence des libéraux et des adéquistes.

Ébranlé par la volonté de «renouveler les effectifs» exprimée par M. Boisclair, un message qui n'avait pas été bien reçu par certains militants de longue date, le Parti québécois a voulu montrer le visage d'un parti uni au cours de la campagne. Après avoir invité l'ancien premier ministre Bernard Landry à se joindre à lui à titre d'orateur invité lors de son investiture, le leader péquiste a invité Jacques Parizeau à jouer le même rôle hier lors de la soirée électorale.

Chaudement accueilli par les militants du Parti québécois, M. Parizeau s'est livré à une série d'attaques envers les libéraux de Jean Charest, critiquant le gouvernement en matière d'environnement, d'éducation et dans ses relations avec Ottawa. «On nage dans la niaiserie», a-t-il résumé, invitant les Québécois à «retrouver le sens de créer de grandes et belles choses». Car selon lui, «on a perdu le sens de bouger», en référence au débat actuel sur l'incapacité de la province à se lancer dans de grands projets. Sans ce «dynamisme», l'ancien premier ministre a dit redouter les conséquences de la mondialisation économique.

Engagements

En matière d'engagements électoraux, M. Boisclair a notamment promis à ses électeurs de s'attaquer au décrochage scolaire, de favoriser l'essor économique du secteur, mais aussi de miser sur le développement durable et de redonner l'accès aux berges du fleuve Saint-Laurent aux résidents de sa circonscription.

L'élection d'hier marque le retour à l'Assemblée nationale d'André Boisclair, presque deux ans après sa démission. Il avait été élu député du Parti québécois pour la première fois dans Gouin en 1989. Il a par la suite occupé plusieurs fonctions ministérielles, dont celles de ministre délégué aux Relations avec les citoyens et à l'Immigration, de ministre de l'Environnement et de ministre des Affaires municipales et à la Métropole. Il a aussi été le leader parlementaire de l'Opposition officielle du 29 avril 2003 au 17 août 2004, date de sa démission. M. Boisclair a été nommé à la tête des troupes souverainistes en novembre 2005.






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