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Lettres: Il faut aller revoir Orford cet été

Agnès Whitfield - Montréal, juillet 2006  25 juillet 2006  Québec
Il faut absolument s'offrir un tête-à-tête cet été avec le mont Orford pour empêcher l'ultime parachèvement de la loi du gouvernement Charest, cette loi insensée qui va décapiter le mont.

Déjà dans les années 1930, le conseiller législatif Louis-Arthur Giroux (on a nommé un des monts le mont Giroux en son honneur) organisait des visites des parlementaires de l'époque pour les convaincre de la beauté du site exceptionnel de Orford. Avec le docteur magogois George Austin Bowen, il a réussi à les convaincre de voter en faveur de la création de notre parc national, sous Duplessis. Il fallait le faire.

Avec ce projet irréfléchi du gouvernement Charest, c'est une philosophie de vie qui est reniée, c'est le désir de faire partager les valeurs de la nature qui est rejeté. Au nom de l'esprit lucratif et du dieu économie, ce gouvernement favorise partout au Québec des constructions qui s'emparent des terres agricoles ou font reculer les espaces sylvestres.

Quand cela est fait dans un parc, une aire protégée, un espace sacré que nos ancêtres nous ont légué, cela ne crée pas de l'avancement, nous ne sommes pas dans les temps nouveaux et ne façonnons pas un monde inédit qui fait fructifier nos ressources.

Combien de gens ont besoin de ce principe essentiel du contact avec la nature? Le gouvernement détruit un poumon, une respiration nationale, au profit d'un projet privé qui n'a pas jamais prouvé qu'il était indispensable.

Il faut aller revoir Orford cet été. Il suffit d'entrer dans l'aura du mont pour écouter le message de cette beauté tranquille et saisir toute l'inconscience d'un gouvernement qui s'attaque à ces réserves ancestrales de force spirituelle.

Il faut passer saluer Orford cet été et garder une petite pensée spéciale pour la montagne. Cela aidera peut-être les maires des municipalités environnantes à tenir bien haut le flambeau et à continuer de refuser la vente cynique et immorale du mont Orford à des promoteurs privés.
 
 
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