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Québec se prépare à accueillir 8000 évacués

Lisa-Marie Gervais   21 juillet 2006  Québec
La ministre de l’Emploi et de la Solidarité, Michelle Courchesne: simple question de solidarité.
Photo : Jacques Nadeau
La ministre de l’Emploi et de la Solidarité, Michelle Courchesne: simple question de solidarité.
Alors que le Canada continue de s'enliser dans la gestion de la crise israélo-libanaise, le gouvernement du Québec a fait connaître son plan pour accueillir les ressortissants libanais qui atterriront prochainement en sol québécois. «Nous devons être solidaires de ces Québécois qui reviennent à la maison et qui ont besoin d'aide, et nous serons là pour les aider», a dit le premier ministre dans la cour de l'Élysée, à l'issue d'un entretien d'une heure avec le président Jacques Chirac.

Prévoyant accueillir une vingtaine d'avions en six jours qui rapatrieront environ 8000 passagers, Québec se dit prêt à prendre en charge tous les arrivants, et ce, «immédiatement après qu'ils auront complété les formalités d'usage avec les autorités du gouvernement canadien». «Nous voulons faciliter dans les meilleurs délais leur retour chez eux et leur offrir un soutien via les mêmes programmes et services normalement offerts aux Québécois», a fait savoir le sous-ministre associé au ministère de la Sécurité publique, Michel C. Doré.

Concrètement, des représentants d'Immigration Québec accueilleront les voyageurs à l'aéroport Montréal-Trudeau dans le but de les guider et de répondre à leurs besoins immédiats. Les personnes qui, ayant quitté le Canada depuis un bon moment déjà, ne pourront être hébergées par leur famille ou des amis se verront offrir d'être emmenées en navette à l'hôtel Hilton, où elles recevront des soins de première ligne selon leurs priorités. Puis, des services d'hébergement, d'habillement et d'alimentation seront offerts par la Croix-Rouge pour une période de dépannage de 72 heures. Au terme de cette période, les citoyens canadiens dans l'incapacité de subvenir à leurs besoins essentiels pourront bénéficier d'une aide financière de dernier recours normalement offerte par le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale. Ils pourraient ensuite, si nécessaire, être redirigés vers le réseau des services sociaux. Le ministère est également en contact avec les organismes communautaires de la région qui ont proposé de fournir une aide, a tenu à souligner la ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Michelle Courchesne.

Au chapitre de la santé, les citoyens rapatriés, dont ceux qui n'habitent plus au Canada depuis un certain temps, auront accès aux services du réseau de la santé et des services sociaux, en vertu des règlements sur l'admissibilité de la Régie de l'assurance maladie du Québec. Le gouvernement provincial a dit offrir une gamme complète de services de santé, notamment un soutien psycho-social. «On veut être là pour assister les personnes susceptibles de vivre une grande détresse psychologique», a affirmé le ministre du Travail, Laurent Lessard.

Enfin, Services Québec met à la disposition des personnes rapatriées une ligne de soutien sans frais unique pour toutes les demandes d'information (1 800 363-1363). Aucun budget précis n'est pour l'instant rattaché à ces mesures, dont le coût sera évalué ultérieurement. Le gouvernement a fait valoir que les besoins ne sont pas encore connus et ne cessent d'augmenter de jour en jour.

Afin de mener à bien cette opération qui pourrait durer des jours, voire des semaines, de l'information sera distribuée aux citoyens canadiens au moment où ils prendront l'avion ainsi qu'à leur descente en sol québécois. «On veut leur dire: "À partir du moment où vous embarquez dans l'avion, on prend soin de vous"», a indiqué M. Lessard.

Malgré l'obtention au compte-gouttes des données concernant notamment le nombre de personnes attendues et le moment exact de l'arrivée des ressortissants, le ministère affirme être en contact continu avec le gouvernement fédéral, qui lui transmet les informations au fur et à mesure qu'il les obtient. Interrogée sur le fait que son rôle semble empiéter sur celui du fédéral, le gouvernement Charest a répondu qu'il était dans son devoir de s'occuper des ressortissants québécois qui foulent son territoire. La ministre Courchesne a tenu à rappeler qu'une entente existe à ce niveau avec le gouvernement fédéral, notamment en matière d'immigration. «Si des gens arrivent et qu'ils sont démunis, le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale doit s'en occuper», a-t-elle déclaré.

Les Québécois sont critiques

Par ailleurs, de tous les Canadiens, les Québécois seraient les plus critiques à l'égard de la façon dont le gouvernement fédéral gère le processus de rapatriement au Liban, selon un sondage Léger Marketing dont la Presse canadienne a obtenu copie. Pas moins de 62 % des Québécois interrogés ont jugé les efforts du gouvernement Harper pour rapatrier les citoyens canadiens au Liban insuffisants, par rapport à 42 % des Canadiens en général.

Aussi, un plus grand nombre de Québécois s'estiment en désaccord avec la position du gouvernement fédéral dans le conflit puisque 67 % des Québécois condamnent la position de Stephen Harper, qui appuie l'intervention armée d'Israël au Liban, tandis que 48 % des Canadiens y sont défavorables. Au total, 3040 adultes ont été interrogés mercredi et hier. La marge d'erreur est de plus ou moins 1,8 %, 19 fois sur 20.
 
 
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