Une évidence, selon Stéphane Dion
11 juillet 2006
Québec
Ottawa — En déclarant que le Québec «a les moyens» d'accéder à l'indépendance, le premier ministre Jean Charest vient de retirer aux fédéralistes l'argument économique souvent utilisé par le passé pour soulever le doute dans la population, soutient le Bloc québécois, une interprétation que contredit avec énergie Stéphane Dion, ancien ministre des Affaires intergouvernementales, qui n'y voit qu'une «évidence» montée en épingle et mal interprétée.
La déclaration «candide et honnête» de M. Charest, lors de son passage à Paris, aura un impact majeur, croit le whip en chef du Bloc, Michel Guimond.
«Par cette déclaration, les fédéralistes devront trouver une autre approche, a commenté le député du Bloc. L'approche de la peur [...], la crainte économique qui est souvent utilisée par les fédéralistes dans le cadre d'une campagne référendaire, maintenant, ça ne prendra plus parce qu'il [Charest] a fait la déclaration que le Québec a les moyens [d'être indépendant].»
En entrevue sur les ondes de TV5, vendredi, M. Charest a admis que le Québec avait les moyens d'être indépendant, mais que ce n'était pas dans son intérêt.
«Venant du chef du clan fédéraliste au Québec, c'est majeur comme déclaration», affirme M. Guimond.
La déclaration a rapidement été récupérée par le chef péquiste, André Boisclair, qui a proclamé une «victoire définitive» du mouvement souverainiste. Il n'en fallait pas plus au premier ministre Charest qui, tentant de corriger le tir, accusait M. Boisclair de déformer ses propos.
C'est aussi l'avis du libéral Stéphane Dion, qui a occupé le poste de ministre des Affaires intergouvernementales pendant plusieurs années. M. Dion croit que les souverainistes tentent de récupérer à leur avantage une «évidence» énoncée par M. Charest.
«Bien sûr qu'on est capable d'être indépendant, qui doit en douter?, lance celui qui est candidat à la chefferie du Parti libéral du Canada. Quand on voit la pauvreté de la grande majorité des États indépendants, on met la barre très basse quand on se demande si on est capable d'être un État indépendant.»
La question demeure de savoir si l'indépendance peut être économiquement avantageuse pour le Québec et, selon M. Dion, la réponse est non.
«Est-ce qu'on a les moyens d'être un État indépendant? Bien sûr, ce n'est pas difficile, ça. Est-ce qu'on serait capable, si on était séparé, de maintenir notre qualité de vie et d'utiliser tout le potentiel qu'on a actuellement à l'intérieur du Canada, non, on ne serait pas capable», fait-il valoir, ajoutant qu'il ne recommanderait pas non plus l'indépendance à l'Ontario et à l'Alberta, deux provinces considérées comme riches.
La déclaration «candide et honnête» de M. Charest, lors de son passage à Paris, aura un impact majeur, croit le whip en chef du Bloc, Michel Guimond.
«Par cette déclaration, les fédéralistes devront trouver une autre approche, a commenté le député du Bloc. L'approche de la peur [...], la crainte économique qui est souvent utilisée par les fédéralistes dans le cadre d'une campagne référendaire, maintenant, ça ne prendra plus parce qu'il [Charest] a fait la déclaration que le Québec a les moyens [d'être indépendant].»
En entrevue sur les ondes de TV5, vendredi, M. Charest a admis que le Québec avait les moyens d'être indépendant, mais que ce n'était pas dans son intérêt.
«Venant du chef du clan fédéraliste au Québec, c'est majeur comme déclaration», affirme M. Guimond.
La déclaration a rapidement été récupérée par le chef péquiste, André Boisclair, qui a proclamé une «victoire définitive» du mouvement souverainiste. Il n'en fallait pas plus au premier ministre Charest qui, tentant de corriger le tir, accusait M. Boisclair de déformer ses propos.
C'est aussi l'avis du libéral Stéphane Dion, qui a occupé le poste de ministre des Affaires intergouvernementales pendant plusieurs années. M. Dion croit que les souverainistes tentent de récupérer à leur avantage une «évidence» énoncée par M. Charest.
«Bien sûr qu'on est capable d'être indépendant, qui doit en douter?, lance celui qui est candidat à la chefferie du Parti libéral du Canada. Quand on voit la pauvreté de la grande majorité des États indépendants, on met la barre très basse quand on se demande si on est capable d'être un État indépendant.»
La question demeure de savoir si l'indépendance peut être économiquement avantageuse pour le Québec et, selon M. Dion, la réponse est non.
«Est-ce qu'on a les moyens d'être un État indépendant? Bien sûr, ce n'est pas difficile, ça. Est-ce qu'on serait capable, si on était séparé, de maintenir notre qualité de vie et d'utiliser tout le potentiel qu'on a actuellement à l'intérieur du Canada, non, on ne serait pas capable», fait-il valoir, ajoutant qu'il ne recommanderait pas non plus l'indépendance à l'Ontario et à l'Alberta, deux provinces considérées comme riches.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

