La cote de Moody's galvanise Charest
Photo : Clément Allard
Le premier ministre Jean Charest, accompagné du ministre de l’Environnement, Claude Béchard (à gauche), et d’un garde du corps, quitte le Centre des congrès de Québec où s’est tenue hier la conférence de presse bilan de la dernière session
Québec — S'il dit regretter d'avoir manqué de «pédagogie» pour convaincre les Québécois de la justesse de ses décisions, le premier ministre, Jean Charest, s'est montré «fier», hier, d'avoir obtenu la reconnaissance des firmes de notation de crédit Moody's et Dominion Bond Rating Service (DBRS).
«Pour nous, c'est comme gagner la coupe Stanley», a lancé Jean Charest au cours d'une conférence de presse relative au bilan de la dernière session parlementaire.
Le premier ministre faisait référence à la décision de l'agence new-yorkaise Moody's, qui, la semaine dernière, a fait passer la cote de crédit du Québec de A1 à Aa3, un geste qui fut suivi cette semaine par un relèvement similaire de la part de la firme torontoise DBRS. À la mi-mai, Jean Charest s'était rendu à New York pour rencontrer les analystes de Moody's afin de vanter la santé financière de l'État québécois.
Selon M. Charest, la hausse des cotes de crédit est la preuve que son gouvernement est sur la bonne voie. «Ce que Moody's et DBRS disent, c'est que rechercher des résultats à long terme, être très disciplinés et rigoureux, ça paie», a-t-il dit
Le premier ministre a comparé l'action de son gouvernement depuis trois ans à un redressement d'entreprise. «C'est comme si on avait une entreprise qui était en difficulté et on a fait un redressement majeur dans presque tous les domaines d'activité gouvernementale depuis 2003», a-t-il dit. C'est un travail de longue haleine, que Moody's a reconnu, même si cela ne se reflète pas dans l'appréciation de la population à l'égard du gouvernement, ce qui serait appelé à changer, croit-il.
Si le premier ministre a des regrets à exprimer, c'est «sur le plan de la pédagogie», une lacune dont il assume l'entière responsabilité. «Je pense que je peux faire mieux, que je dois faire mieux pour parler de ce qu'on fait», a-t-il souligné. «Ce n'est pas vrai que les Québécois ne comprennent pas. Il faut que je fasse un effort supplémentaire pour parler, pour dire pourquoi.»
Quant à la décision de vendre une partie du parc national du mont Orford à des intérêts privés, Jean Charest la considère comme «une controverse habituelle» qui fait partie «de la vie publique». Il n'a formulé ni regret, ni excuse pour avoir fait adopter dans un bâillon quatre projets de loi visant le mont Orford, l'abolition des droits de recours juridiques des résidants habitant près des pistes de motoneiges et de véhicules hors-route, la prise de contrôle de la Société nationale du cheval de course (SONACC) pour permettre la vente des hippodromes au sénateur libéral Paul Massicotte et l'imposition de la rémunération des médecins spécialistes.
Dans son bilan, qu'il qualifie d'«impressionnant» et «qui va placer le Québec à l'avant-plan des sociétés modernes», M. Charest a mis l'accent sur l'adoption du projet de loi sur le développement durable, la stratégie énergétique, le plan d'action sur les changements climatiques, la politique du transport collectif et la création du Fonds des générations.
Le premier ministre a soutenu que le Québec avait réalisé «des gains stratégiques» avec la reconnaissance du déséquilibre fiscal par le gouvernement Harper, qui a promis de régler le problème dans le prochain budget fédéral. Il a cité l'entente sur la place du Québec à l'UNESCO ainsi que l'entente, signée avec l'Ontario, sur la mobilité de la main-d'oeuvre.
Des élections générales cet automne, Jean Charest n'entend pas en déclencher. Il a indiqué que son gouvernement avait encore du pain sur la planche: négocier la correction du déséquilibre fiscal, présenter une politique de développement économique pour les régions et d'«occupation dynamique du territoire», entreprendre la décentralisation de la gestion des ressources naturelles, répondre à des enjeux dans le domaine agro-alimentaire, se pencher sur le financement des cégeps et des universités.
Fait exceptionnel, la présentation du bilan de la session parlementaire par le premier ministre ne s'est pas faite à l'Assemblée nationale, mais au Centre des congrès. Le leader parlementaire du gouvernement, Jacques Dupuis, brillait par son absence. Mais Jean Charest avait mobilisé une bonne partie de son conseil des ministres et les députés libéraux responsables de chacune des régions du Québec, qui apparaissaient comme autant de groupies devant le chef.
Le député adéquiste de Chutes-de-la-Chaudière, Marc Picard, s'est indigné de ce que des fonds publics aient été consacrés à la location d'une salle au Centre des congrès pour un événement qui, traditionnellement, se tient à l'Assemblée. «Jean Charest a dilapidé des fonds publics à des fins partisanes», estime M. Picard.
«Pour nous, c'est comme gagner la coupe Stanley», a lancé Jean Charest au cours d'une conférence de presse relative au bilan de la dernière session parlementaire.
Le premier ministre faisait référence à la décision de l'agence new-yorkaise Moody's, qui, la semaine dernière, a fait passer la cote de crédit du Québec de A1 à Aa3, un geste qui fut suivi cette semaine par un relèvement similaire de la part de la firme torontoise DBRS. À la mi-mai, Jean Charest s'était rendu à New York pour rencontrer les analystes de Moody's afin de vanter la santé financière de l'État québécois.
Selon M. Charest, la hausse des cotes de crédit est la preuve que son gouvernement est sur la bonne voie. «Ce que Moody's et DBRS disent, c'est que rechercher des résultats à long terme, être très disciplinés et rigoureux, ça paie», a-t-il dit
Le premier ministre a comparé l'action de son gouvernement depuis trois ans à un redressement d'entreprise. «C'est comme si on avait une entreprise qui était en difficulté et on a fait un redressement majeur dans presque tous les domaines d'activité gouvernementale depuis 2003», a-t-il dit. C'est un travail de longue haleine, que Moody's a reconnu, même si cela ne se reflète pas dans l'appréciation de la population à l'égard du gouvernement, ce qui serait appelé à changer, croit-il.
Si le premier ministre a des regrets à exprimer, c'est «sur le plan de la pédagogie», une lacune dont il assume l'entière responsabilité. «Je pense que je peux faire mieux, que je dois faire mieux pour parler de ce qu'on fait», a-t-il souligné. «Ce n'est pas vrai que les Québécois ne comprennent pas. Il faut que je fasse un effort supplémentaire pour parler, pour dire pourquoi.»
Quant à la décision de vendre une partie du parc national du mont Orford à des intérêts privés, Jean Charest la considère comme «une controverse habituelle» qui fait partie «de la vie publique». Il n'a formulé ni regret, ni excuse pour avoir fait adopter dans un bâillon quatre projets de loi visant le mont Orford, l'abolition des droits de recours juridiques des résidants habitant près des pistes de motoneiges et de véhicules hors-route, la prise de contrôle de la Société nationale du cheval de course (SONACC) pour permettre la vente des hippodromes au sénateur libéral Paul Massicotte et l'imposition de la rémunération des médecins spécialistes.
Dans son bilan, qu'il qualifie d'«impressionnant» et «qui va placer le Québec à l'avant-plan des sociétés modernes», M. Charest a mis l'accent sur l'adoption du projet de loi sur le développement durable, la stratégie énergétique, le plan d'action sur les changements climatiques, la politique du transport collectif et la création du Fonds des générations.
Le premier ministre a soutenu que le Québec avait réalisé «des gains stratégiques» avec la reconnaissance du déséquilibre fiscal par le gouvernement Harper, qui a promis de régler le problème dans le prochain budget fédéral. Il a cité l'entente sur la place du Québec à l'UNESCO ainsi que l'entente, signée avec l'Ontario, sur la mobilité de la main-d'oeuvre.
Des élections générales cet automne, Jean Charest n'entend pas en déclencher. Il a indiqué que son gouvernement avait encore du pain sur la planche: négocier la correction du déséquilibre fiscal, présenter une politique de développement économique pour les régions et d'«occupation dynamique du territoire», entreprendre la décentralisation de la gestion des ressources naturelles, répondre à des enjeux dans le domaine agro-alimentaire, se pencher sur le financement des cégeps et des universités.
Fait exceptionnel, la présentation du bilan de la session parlementaire par le premier ministre ne s'est pas faite à l'Assemblée nationale, mais au Centre des congrès. Le leader parlementaire du gouvernement, Jacques Dupuis, brillait par son absence. Mais Jean Charest avait mobilisé une bonne partie de son conseil des ministres et les députés libéraux responsables de chacune des régions du Québec, qui apparaissaient comme autant de groupies devant le chef.
Le député adéquiste de Chutes-de-la-Chaudière, Marc Picard, s'est indigné de ce que des fonds publics aient été consacrés à la location d'une salle au Centre des congrès pour un événement qui, traditionnellement, se tient à l'Assemblée. «Jean Charest a dilapidé des fonds publics à des fins partisanes», estime M. Picard.
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