Libre-Opinion: Une région reléguée aux oubliettes
Michel Préville - Coordonnateur de la Coalition nationale pour la décontamination de Mercier
21 juin 2006
Québec
Ainsi, le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec se préoccupe tout à coup de l'incinérateur de Belledune, au Nouveau-Brunswick, qui risque d'avoir des retombées dangereuses de part et d'autre de la baie des Chaleurs («Bennett à Belledune: Québec veut des éclaircissements», Le Devoir, le 29 mai 2006). Nous nous en réjouissons pour la population de cette grande région.
De leur côté, les gens de la région de Mercier souhaiteront sans doute que le ministre Claude Béchard soit tout aussi préoccupé par leur incinérateur de déchets toxiques, la plus vieille installation du genre au Canada, qui fêtera bientôt un triste 35e anniversaire.
Cet incinérateur, faut-il le rappeler, a d'abord été installé sur une base temporaire pour tenter de brûler les 170 000 mètres cubes de résidus huileux déversés dans les anciennes lagunes de Mercier, avec la complicité du gouvernement du Québec. Non seulement la compagnie n'a pas fait le travail de décontamination pour lequel elle a été payée à même les fonds publics, mais elle en a rajouté illégalement en déversant davantage de déchets toxiques liquides dans les lagunes et en enfouissant des barils remplis de matières dangereuses sur ses terrains.
Comme si la contamination des eaux souterraines de toute la région ne suffisait pas, cette compagnie continue inlassablement de brûler de manière très lucrative des déchets toxiques provenant de l'est du Canada et des États-Unis.
Zone de sacrifice
Depuis le premier jour de ce lamentable dossier qui constitue en importance la deuxième catastrophe environnementale du Canada, un funeste record après celui des étangs de boue toxique de Sydney, tous les gouvernements qui se sont succédé, libéraux comme péquistes, ont choisi de faire de la région de Mercier une zone de sacrifice nationale.
Depuis 25 ans, des groupes environnementaux et des citoyens exigent à la fois la décontamination des lieux et la fermeture définitive de l'incinérateur qui crache des émanations toxiques sur la tête de la population et sur de très nombreuses productions agricoles.
Le 11 septembre 2003, lors d'une rencontre avec le ministre Thomas J. Mulcair, la Coalition nationale pour la décontamination de Mercier a réitéré sa demande pour l'installation de capteurs autour de l'usine qui permettraient de surveiller en continu, 365 jours par année, les retombées de l'incinérateur. Cette demande est demeurée lettre morte, comme toujours.
Pendant ce temps, depuis deux ans, des bénévoles ramassent des carcasses d'animaux victimes de la route autour de l'incinérateur, dans le cadre de l'opération «Marmottes aplaties», afin d'en analyser le degré de contamination des tissus. De cette manière, les citoyens essaient tant bien que mal de faire le travail des ministères de l'Environnement, de la Santé et de l'Agriculture, qui ne se sont jamais vraiment sérieusement préoccupés du dossier.
Nous comprenons que le ministre Claude Béchard soit fort occupé depuis sa nomination avec cet aberrant dossier du mont Orford pour lequel son gouvernement s'entête, envers et contre la volonté de la très grande majorité des Québécois. Cependant, pourrait-il trouver aussi un peu de temps pour s'occuper d'une petite région sacrifiée et abandonnée mais qui ne baisse pas les bras pour autant?
***
Également signataires:
Luc L'Écuyer, Héritage Saint-Bernard
Daniel Green, Société pour vaincre la pollution
Debra Eindiguer, Sierra Club du Canada
De leur côté, les gens de la région de Mercier souhaiteront sans doute que le ministre Claude Béchard soit tout aussi préoccupé par leur incinérateur de déchets toxiques, la plus vieille installation du genre au Canada, qui fêtera bientôt un triste 35e anniversaire.
Cet incinérateur, faut-il le rappeler, a d'abord été installé sur une base temporaire pour tenter de brûler les 170 000 mètres cubes de résidus huileux déversés dans les anciennes lagunes de Mercier, avec la complicité du gouvernement du Québec. Non seulement la compagnie n'a pas fait le travail de décontamination pour lequel elle a été payée à même les fonds publics, mais elle en a rajouté illégalement en déversant davantage de déchets toxiques liquides dans les lagunes et en enfouissant des barils remplis de matières dangereuses sur ses terrains.
Comme si la contamination des eaux souterraines de toute la région ne suffisait pas, cette compagnie continue inlassablement de brûler de manière très lucrative des déchets toxiques provenant de l'est du Canada et des États-Unis.
Zone de sacrifice
Depuis le premier jour de ce lamentable dossier qui constitue en importance la deuxième catastrophe environnementale du Canada, un funeste record après celui des étangs de boue toxique de Sydney, tous les gouvernements qui se sont succédé, libéraux comme péquistes, ont choisi de faire de la région de Mercier une zone de sacrifice nationale.
Depuis 25 ans, des groupes environnementaux et des citoyens exigent à la fois la décontamination des lieux et la fermeture définitive de l'incinérateur qui crache des émanations toxiques sur la tête de la population et sur de très nombreuses productions agricoles.
Le 11 septembre 2003, lors d'une rencontre avec le ministre Thomas J. Mulcair, la Coalition nationale pour la décontamination de Mercier a réitéré sa demande pour l'installation de capteurs autour de l'usine qui permettraient de surveiller en continu, 365 jours par année, les retombées de l'incinérateur. Cette demande est demeurée lettre morte, comme toujours.
Pendant ce temps, depuis deux ans, des bénévoles ramassent des carcasses d'animaux victimes de la route autour de l'incinérateur, dans le cadre de l'opération «Marmottes aplaties», afin d'en analyser le degré de contamination des tissus. De cette manière, les citoyens essaient tant bien que mal de faire le travail des ministères de l'Environnement, de la Santé et de l'Agriculture, qui ne se sont jamais vraiment sérieusement préoccupés du dossier.
Nous comprenons que le ministre Claude Béchard soit fort occupé depuis sa nomination avec cet aberrant dossier du mont Orford pour lequel son gouvernement s'entête, envers et contre la volonté de la très grande majorité des Québécois. Cependant, pourrait-il trouver aussi un peu de temps pour s'occuper d'une petite région sacrifiée et abandonnée mais qui ne baisse pas les bras pour autant?
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Également signataires:
Luc L'Écuyer, Héritage Saint-Bernard
Daniel Green, Société pour vaincre la pollution
Debra Eindiguer, Sierra Club du Canada
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