Béchard est accusé d'avoir menti
Rabaska pourrait être le prochain Orford, estime l'opposition
Le ministre de l'Environnement, Claude Béchard, a-t-il «menti» en chambre mardi lorsqu'il a déclaré qu' «il y a [...] beaucoup d'études, beaucoup de missions pour voir comment ça se passe ailleurs» afin d'en arriver à une décision dans le dossier de Rabaska? C'est du moins l'accusation grave qu'a lancée hier l'opposition péquiste par communiqué au sujet de ce projet controversé de port méthanier, qui serait bâti à Lévis.
«Aujourd'hui, alors qu'on lui demandait la liste des études commandées par le gouvernement, le ministre s'est défilé», a pesté la députée péquiste Rita Dionne-Marsolais. Elle a aussi déploré que le ministre, interrogé au sujet du projet Rabaska, lui ait répondu mardi sur le projet Cacouna, «un port en eau profonde, et le projet Rabaska, qui se trouve à moins de deux kilomètres des rives d'une île classée patrimoniale».
Mme Dionne-Marsolais fait valoir que l'opposition officielle réclame depuis plus d'un an que le gouvernement évalue les besoins du Québec dans le domaine gazier. «Est-ce qu'on a besoin de deux ports? Et quel est l'impact de ce qui se fait ailleurs?», s'est interrogée Mme Marsolais en chambre hier. Elle estime que l'opposition ne demandait «rien de très compliqué», soit «la liste des études que le gouvernement, par le ministre du Développement durable, a dit hier qu'il avait faites ou qu'il avait fait faire».
Hier, alors que M. Béchard n'arrivait manifestement pas à remettre la liste réclamée par l'opposition, le premier ministre Jean Charest est venu à sa rescousse. Il a alors déclaré que le Québec avait déjà «depuis longtemps fixé la démarche pour approuver» ce type de projet d'envergure, soit de faire des évaluations environnementales. «Nous, on s'occupe de nos compétences à nous, le gouvernement fédéral va se charger des questions qui relèvent de ses domaines de compétence, on le fait conjointement», a dit le premier ministre. M. Charest en a profité pour attaquer le chef péquiste André Boisclair qui, selon lui, s'est prononcé avec légèreté en faveur d'un autre projet de port méthanier, à Gros-Cacouna. «Quand on est chef de parti [...], on évite de se prononcer sur un coup de pif», a-t-il fait valoir.
Peu de temps après sa nomination à l'Environnement, M. Béchard avait déclaré à Radio-Canada, à propos des deux projets de port méthanier: «Je suis toujours favorable à ces projets-là.» Mais comme le rappelait son cabinet hier, il avait ajouté; «Il s'agit de voir s'ils respectent les conditions au niveau de l'environnement et tout.» Dans son entourage, on se moquait hier de l'accusation des péquistes, disant que la liste en question «se trouve dans le processus du BAPE, qui va commencer prochainement, après les "échanges de questions" qui viennent d'être faits».
M. Béchard l'avait laissé entendre en chambre. Mais il semblait vouloir à tout prix éviter la question en faisant dévier le sujet sur les débats qui tourmentent le PQ: «J'aimerais aussi savoir, moi, de la députée de Rosemont, si elle sait la différence entre le Québec Plus Démocratie et la position du Parti québécois», a par exemple lancé M. Béchard. Ces remarques hors sujet à répétition ont mis en colère la leader de l'opposition, Diane Lemieux, qui a suggéré au ministre de visionner la période de questions le soir venu: «Si jamais il sent qu'il a un déficit de crédibilité, il trouvera ses réponses dans son attitude et son comportement.»
Aussi exaspéré du comportement de M. Béchard, qui avait trouvé le moyen, en répondant à des questions sur le projet Rabaska, de l'apostropher sur le débat au sujet du manifeste Québec Plus Démocratie, le député Jean-Pierre Charbonneau fulminait en sortant de la chambre: «C'est un bouffon. C'est à cause de personnes comme lui que la classe politique perd des points dans l'opinion.» Ancien président de l'Assemblée nationale, M. Charbonneau estime que «l'attitude petite» de M. Béchard tranche avec celle, plus «professionnelle», du ministre Philippe Couillard, avec qui il croise le fer chaque jour. «On peut avoir des différends, les gens au pouvoir peuvent ne pas aimer les questions que l'on pose. D'accord. Et c'est comme ça que ça se passe avec Couillard. Mais Béchard, c'est n'importe quoi. C'est toujours des réponses mesquines.» Au bureau de M. Béchard, on a répondu hier que ce dernier a son «style» parlementaire bien à lui et qu'il n'a «certainement pas le monopole de la mesquinerie en chambre», surtout pas en ces derniers jours fébriles de la session parlementaire.
Dans une envolée pas très tendre elle non plus, Mme Lemieux a lancé ceci hier: «Rabaska pourrait tourner bien mal lorsqu'on sait que le même ministre qui pilote [ce dossier] est celui qui a piloté le mont Orford.» Et dans les rangs péquistes, on se plaisait à rappeler que le dossier du port méthanier est, avec Orford, un de ceux qui ont conduit au limogeage de Thomas Mulcair, en février dernier. «Le député de Chomedey [...] s'est fait virer sur le dossier de Rabaska, et on lui a demandé de se taire», a souligné au crayon gras Mme Lemieux en chambre avant de signaler que «le directeur de cabinet du premier ministre venait de chez Gaz Métro», actionnaire de Rabaska.
Ce commentaire a fait bondir le premier ministre, qui a dénoncé la «méthode systématique» des députés du Parti québécois de «poser des questions qu'ils ne peuvent pas répéter à l'extérieur de l'Assemblée nationale».
«Aujourd'hui, alors qu'on lui demandait la liste des études commandées par le gouvernement, le ministre s'est défilé», a pesté la députée péquiste Rita Dionne-Marsolais. Elle a aussi déploré que le ministre, interrogé au sujet du projet Rabaska, lui ait répondu mardi sur le projet Cacouna, «un port en eau profonde, et le projet Rabaska, qui se trouve à moins de deux kilomètres des rives d'une île classée patrimoniale».
Mme Dionne-Marsolais fait valoir que l'opposition officielle réclame depuis plus d'un an que le gouvernement évalue les besoins du Québec dans le domaine gazier. «Est-ce qu'on a besoin de deux ports? Et quel est l'impact de ce qui se fait ailleurs?», s'est interrogée Mme Marsolais en chambre hier. Elle estime que l'opposition ne demandait «rien de très compliqué», soit «la liste des études que le gouvernement, par le ministre du Développement durable, a dit hier qu'il avait faites ou qu'il avait fait faire».
Hier, alors que M. Béchard n'arrivait manifestement pas à remettre la liste réclamée par l'opposition, le premier ministre Jean Charest est venu à sa rescousse. Il a alors déclaré que le Québec avait déjà «depuis longtemps fixé la démarche pour approuver» ce type de projet d'envergure, soit de faire des évaluations environnementales. «Nous, on s'occupe de nos compétences à nous, le gouvernement fédéral va se charger des questions qui relèvent de ses domaines de compétence, on le fait conjointement», a dit le premier ministre. M. Charest en a profité pour attaquer le chef péquiste André Boisclair qui, selon lui, s'est prononcé avec légèreté en faveur d'un autre projet de port méthanier, à Gros-Cacouna. «Quand on est chef de parti [...], on évite de se prononcer sur un coup de pif», a-t-il fait valoir.
Peu de temps après sa nomination à l'Environnement, M. Béchard avait déclaré à Radio-Canada, à propos des deux projets de port méthanier: «Je suis toujours favorable à ces projets-là.» Mais comme le rappelait son cabinet hier, il avait ajouté; «Il s'agit de voir s'ils respectent les conditions au niveau de l'environnement et tout.» Dans son entourage, on se moquait hier de l'accusation des péquistes, disant que la liste en question «se trouve dans le processus du BAPE, qui va commencer prochainement, après les "échanges de questions" qui viennent d'être faits».
M. Béchard l'avait laissé entendre en chambre. Mais il semblait vouloir à tout prix éviter la question en faisant dévier le sujet sur les débats qui tourmentent le PQ: «J'aimerais aussi savoir, moi, de la députée de Rosemont, si elle sait la différence entre le Québec Plus Démocratie et la position du Parti québécois», a par exemple lancé M. Béchard. Ces remarques hors sujet à répétition ont mis en colère la leader de l'opposition, Diane Lemieux, qui a suggéré au ministre de visionner la période de questions le soir venu: «Si jamais il sent qu'il a un déficit de crédibilité, il trouvera ses réponses dans son attitude et son comportement.»
Aussi exaspéré du comportement de M. Béchard, qui avait trouvé le moyen, en répondant à des questions sur le projet Rabaska, de l'apostropher sur le débat au sujet du manifeste Québec Plus Démocratie, le député Jean-Pierre Charbonneau fulminait en sortant de la chambre: «C'est un bouffon. C'est à cause de personnes comme lui que la classe politique perd des points dans l'opinion.» Ancien président de l'Assemblée nationale, M. Charbonneau estime que «l'attitude petite» de M. Béchard tranche avec celle, plus «professionnelle», du ministre Philippe Couillard, avec qui il croise le fer chaque jour. «On peut avoir des différends, les gens au pouvoir peuvent ne pas aimer les questions que l'on pose. D'accord. Et c'est comme ça que ça se passe avec Couillard. Mais Béchard, c'est n'importe quoi. C'est toujours des réponses mesquines.» Au bureau de M. Béchard, on a répondu hier que ce dernier a son «style» parlementaire bien à lui et qu'il n'a «certainement pas le monopole de la mesquinerie en chambre», surtout pas en ces derniers jours fébriles de la session parlementaire.
Dans une envolée pas très tendre elle non plus, Mme Lemieux a lancé ceci hier: «Rabaska pourrait tourner bien mal lorsqu'on sait que le même ministre qui pilote [ce dossier] est celui qui a piloté le mont Orford.» Et dans les rangs péquistes, on se plaisait à rappeler que le dossier du port méthanier est, avec Orford, un de ceux qui ont conduit au limogeage de Thomas Mulcair, en février dernier. «Le député de Chomedey [...] s'est fait virer sur le dossier de Rabaska, et on lui a demandé de se taire», a souligné au crayon gras Mme Lemieux en chambre avant de signaler que «le directeur de cabinet du premier ministre venait de chez Gaz Métro», actionnaire de Rabaska.
Ce commentaire a fait bondir le premier ministre, qui a dénoncé la «méthode systématique» des députés du Parti québécois de «poser des questions qu'ils ne peuvent pas répéter à l'extérieur de l'Assemblée nationale».
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