Bulletin: les parents seront consultés
«Une forme d'ingérence» que rejettent les enseignants
Le ministère de l'Éducation entend modifier la loi pour donner aux parents un droit de regard sur les bulletins, jugés par plusieurs comme le premier irritant de la réforme. Pour remettre son «renouveau pédagogique» sur les rails, le ministre Jean-Marc Fournier compte aussi imposer le système de notes sur les bulletins du secondaire, à partir de la deuxième année et jusqu'à la fin.
Après plusieurs semaines de discussions ardues, tel est le consensus auquel est arrivée hier la Table de pilotage sur le renouveau pédagogique, composée des parents, des enseignants, des commissions scolaires et des directions d'école. Le ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Jean-Marc Fournier, dévoilera ce matin les grandes lignes de cette entente, qui a rallié tout le monde sauf les enseignants.
Le Devoir a appris en effet que la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) a exprimé sa dissidence hier en ce qui concerne ce consensus, jugeant que ce dernier ouvrait trop largement la porte aux parents dans le choix des bulletins.
«Il s'agit d'une forme d'ingérence des parents dans l'évaluation, une prérogative qui appartient aux enseignants et qui est reconnue ainsi», a déclaré hier soir la présidente de la FSE, Johanne Fortier. La FSE précise que l'«avis» sollicité des parents ne devrait pas passer par le conseil d'établissement, «qui ne leur donne pas de pouvoir décisionnel et qui ne compte pas que des parents».
La consultation des parents devrait plutôt cheminer par les organisations de participation des parents ou encore par les comités de parents, à l'échelle des commissions scolaires. «C'est un peu comme pour les usagers des hôpitaux, a fait valoir Mme Fortier hier. On leur demande leur avis sur la qualité et l'accessibilité des centres hospitaliers, mais ils n'ont pas à s'ingérer dans les diagnostics et le type de soins à prodiguer.»
Selon nos informations, les partenaires de la Table de pilotage ont jugé qu'il valait mieux apporter un «ajustement» aux bulletins, dans le but de les rendre «simples, précis et compréhensibles pour tous», tel que l'ont indiqué des sources.
Une des nouveautés, à laquelle le ministère tient fermement, consiste en un mécanisme de consultation des parents enchâssé dans la loi. Ainsi, contrairement à ce que la Loi sur l'instruction publique prévoit actuellement, Québec veut que les parents élus au conseil d'établissement consultent tous les autres parents de l'école, primaire autant que secondaire, avant de décider du type de bulletin choisi.
La loi stipule aujourd'hui qu'il revient aux enseignants de proposer des formes de bulletin, des suggestions qui sont ensuite soumises pour approbation à la direction d'école. «L'évaluation est du ressort des enseignants, et c'est reconnu ainsi dans la loi», poursuit Mme Fortier. «Si ce qu'il vise, c'est de consulter les parents, il ne choisit pas le bon véhicule. Consulter les parents, oui, mais il y a déjà des organismes pour cela.»
Le consensus établi hier prévoit également que le ministère, de concert avec les représentants scolaires et les parents, développe des modèles de bulletin et de bilan d'apprentissage pour alimenter l'ensemble du réseau.
Quant à la question des notes et des cotes, qui a fait l'objet de plusieurs tergiversations, le ministère opterait pour un retour quasi généralisé des chiffres sur les bulletins, dans le but d'améliorer la communication entre l'école et les parents. Même si les chiffres sont actuellement permis, la pratique donne une avance aux cotes dans plusieurs commissions scolaires.
Jean-Marc Fournier proposerait donc de chiffrer l'évaluation des apprentissages pour «chacune des matières» dans le bilan des apprentissages du premier cycle du secondaire (qui survient après la deuxième année), et de même pour chacune des années du second cycle (3e, 4e, et 5e secondaire).
En première année du secondaire, le dernier bulletin annuel devrait comporter une appréciation générale de l'évolution de l'élève dans chacune des matières, sous la forme de «cotes, notes ou commentaires». Cette idée de formuler une forme de jugement sur le parcours scolaire de l'élève au terme de la première année du secondaire sourit aux enseignants, qui le réclamaient depuis belle lurette. «Nous reconnaissons une ouverture à l'idée de poser un jugement avant la fin de la deuxième secondaire, et c'est un pas dans la bonne direction», a commenté Johanne Fortier.
Le climat de la rencontre d'hier était «bon», selon ce qu'ont indiqué des participants à cet échange, présidé par le sous-ministre en titre du MELS, Michel Boivin. Le consensus sera défendu ce matin par le ministre Fournier, aux côtés des participants à la table, hormis les enseignants.
M. Fournier devrait en outre insister sur l'importance des connaissances au sein de cette réforme, rappelant au passage qu'il ne peut exister de compétences sans de robustes connaissances.
Après plusieurs semaines de discussions ardues, tel est le consensus auquel est arrivée hier la Table de pilotage sur le renouveau pédagogique, composée des parents, des enseignants, des commissions scolaires et des directions d'école. Le ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Jean-Marc Fournier, dévoilera ce matin les grandes lignes de cette entente, qui a rallié tout le monde sauf les enseignants.
Le Devoir a appris en effet que la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) a exprimé sa dissidence hier en ce qui concerne ce consensus, jugeant que ce dernier ouvrait trop largement la porte aux parents dans le choix des bulletins.
«Il s'agit d'une forme d'ingérence des parents dans l'évaluation, une prérogative qui appartient aux enseignants et qui est reconnue ainsi», a déclaré hier soir la présidente de la FSE, Johanne Fortier. La FSE précise que l'«avis» sollicité des parents ne devrait pas passer par le conseil d'établissement, «qui ne leur donne pas de pouvoir décisionnel et qui ne compte pas que des parents».
La consultation des parents devrait plutôt cheminer par les organisations de participation des parents ou encore par les comités de parents, à l'échelle des commissions scolaires. «C'est un peu comme pour les usagers des hôpitaux, a fait valoir Mme Fortier hier. On leur demande leur avis sur la qualité et l'accessibilité des centres hospitaliers, mais ils n'ont pas à s'ingérer dans les diagnostics et le type de soins à prodiguer.»
Selon nos informations, les partenaires de la Table de pilotage ont jugé qu'il valait mieux apporter un «ajustement» aux bulletins, dans le but de les rendre «simples, précis et compréhensibles pour tous», tel que l'ont indiqué des sources.
Une des nouveautés, à laquelle le ministère tient fermement, consiste en un mécanisme de consultation des parents enchâssé dans la loi. Ainsi, contrairement à ce que la Loi sur l'instruction publique prévoit actuellement, Québec veut que les parents élus au conseil d'établissement consultent tous les autres parents de l'école, primaire autant que secondaire, avant de décider du type de bulletin choisi.
La loi stipule aujourd'hui qu'il revient aux enseignants de proposer des formes de bulletin, des suggestions qui sont ensuite soumises pour approbation à la direction d'école. «L'évaluation est du ressort des enseignants, et c'est reconnu ainsi dans la loi», poursuit Mme Fortier. «Si ce qu'il vise, c'est de consulter les parents, il ne choisit pas le bon véhicule. Consulter les parents, oui, mais il y a déjà des organismes pour cela.»
Le consensus établi hier prévoit également que le ministère, de concert avec les représentants scolaires et les parents, développe des modèles de bulletin et de bilan d'apprentissage pour alimenter l'ensemble du réseau.
Quant à la question des notes et des cotes, qui a fait l'objet de plusieurs tergiversations, le ministère opterait pour un retour quasi généralisé des chiffres sur les bulletins, dans le but d'améliorer la communication entre l'école et les parents. Même si les chiffres sont actuellement permis, la pratique donne une avance aux cotes dans plusieurs commissions scolaires.
Jean-Marc Fournier proposerait donc de chiffrer l'évaluation des apprentissages pour «chacune des matières» dans le bilan des apprentissages du premier cycle du secondaire (qui survient après la deuxième année), et de même pour chacune des années du second cycle (3e, 4e, et 5e secondaire).
En première année du secondaire, le dernier bulletin annuel devrait comporter une appréciation générale de l'évolution de l'élève dans chacune des matières, sous la forme de «cotes, notes ou commentaires». Cette idée de formuler une forme de jugement sur le parcours scolaire de l'élève au terme de la première année du secondaire sourit aux enseignants, qui le réclamaient depuis belle lurette. «Nous reconnaissons une ouverture à l'idée de poser un jugement avant la fin de la deuxième secondaire, et c'est un pas dans la bonne direction», a commenté Johanne Fortier.
Le climat de la rencontre d'hier était «bon», selon ce qu'ont indiqué des participants à cet échange, présidé par le sous-ministre en titre du MELS, Michel Boivin. Le consensus sera défendu ce matin par le ministre Fournier, aux côtés des participants à la table, hormis les enseignants.
M. Fournier devrait en outre insister sur l'importance des connaissances au sein de cette réforme, rappelant au passage qu'il ne peut exister de compétences sans de robustes connaissances.
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