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Kyoto constitue un «minimum»

Louis-Gilles Francoeur   29 avril 2006  Québec
Les dispositions du protocole de Kyoto constituent un «minimum» dans la lutte contre les changements climatiques sous lequel le Canada et le Québec ne doivent pas descendre.

Et si Ottawa ne crée pas un marché interne pour les crédits d'émissions, qui reconnaîtrait les efforts passés ou futurs des entreprises québécoises, privées ou publiques, Québec n'écarte pas la possibilité de s'allier aux États pionniers de l'Est américain qui ont entrepris de faire un pied de nez à l'administration du président George W. Bush pour structurer un marché d'échanges qui, dès lors, deviendrait continental.

C'est ce qu'a déclaré hier au Devoir, dans une entrevue exclusive, le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Claude Béchard.

M. Béchard a annoncé que Québec avait amorcé un sérieux virage dans sa stratégie sur les changements climatiques car il prévoit maintenant de divulguer «d'ici quelques mois», mais avant l'automne, son plan de lutte contre les changements climatiques, et ce, même si toutes les mesures que celui-ci contiendra ne sont pas encore ficelées sur le plan financier dans une entente fédérale-provinciale.

Le ministre Béchard entend d'ailleurs accélérer ses contacts avec son homologue fédérale de l'Environnement, Rona Ambrose, afin de comprendre clairement où le gouvernement Harper s'en va dans ce dossier. Il avoue avoir été quelque peu surpris, voire décontenancé, par l'écart entre ce que les médias ont récemment rapporté au sujet des intentions fédérales en matière de lutte contre les changements climatiques et ce que son homologue fédérale lui en a dit lors de leur rencontre en mars. Claude Béchard doit parler prochainement — dès que «quelques petits dossiers chauds» lui en laisseront le temps — à son vis-à-vis ontarien, Laurel Broten, pour savoir où se situe sa province, tout comme il entend prendre contact avec son collègue Stan Struthers du Manitoba, une province qui, jusqu'ici, a été l'allié le plus fervent du Québec dans le dossier de Kyoto.

«Pour nous, Kyoto est la base», affirme le ministre Béchard. «Kyoto, c'est le minimum» pour le Québec, où il y a consensus entre toutes les formations politiques, et aussi pour le Canada.

Invité à commenter les récentes déclarations de la ministre Ambrose, qui semble entrevoir une solution de rechange au protocole de Kyoto dans le Partenariat Asie-Pacifique, le ministre de l'Environnement ajoute: «Je ne peux pas concevoir qu'on laisserait de côté Kyoto pour aller vers le Partenariat Asie-Pacifique. Nous, on ne serait vraiment pas d'accord avec ça, d'autant plus que si le Canada veut regarder vers les modèles à succès ailleurs, le meilleur modèle au Canada, c'est quand même le Québec... » En 2003, rappelle-t-il, le Québec n'avait augmenté ses émissions que de 6 % au-dessus du niveau de référence de 1990 alors que la moyenne canadienne dépassait les 24 %. Précisons qu'à l'heure actuelle, les émissions québécoises dépassent de 10 % le niveau de 1990.

Claude Béchard se dit d'autant plus inquiet de la façon dont son homologue fédérale voit une sorte de solution alternative à Kyoto dans le Partenariat Asie-Pacifique (PAP) que, reconnaît-il, cette entente sur les échanges de technologie, qui regroupe quatre pays pro-Kyoto dont la Chine, l'Inde et le Japon, prévoit expressément qu'elle n'est en aucune façon une renonciation à leur participation à la lutte internationale concertée mise sous l'autorité du protocole. En effet, et malgré l'impression contraire que les États-Unis tentent d'en dégager, le PAP constitue plutôt un traité complémentaire entre des partenaires économiques qui veulent intensifier leurs échanges de technologie.

Cette entente, ajoute le ministre Béchard, ne peut d'ailleurs pas constituer un moyen de lutter efficacement contre les changements climatiques puisqu'elle ne contient aucun objectif de réduction, aucun échéancier, et que son caractère strictement volontaire exclut tout recours à des sanctions.

Le Québec, dit-il, n'a pas d'objection, bien au contraire, à ce que le Canada — et lui-même d'ailleurs — intensifie ses échanges technologiques. Mais il espère rencontrer d'autant plus rapidement la ministre fédérale pour dissiper les ambiguïtés qui se multiplient qu'elle ne lui a jamais fait état de l'intention de renier de quelque façon que ce soit le protocole de Kyoto ou ses objectifs.

«Nous, on ne lâchera pas le morceau, dit-il, car ce serait assez épouvantable de voir que tous les efforts qu'on a faits, chez les papetières par exemple, en argent ou autrement, auraient inutilement imposé un prix économique à nos entreprises, et tout ça en prévision de Kyoto.»

Serait-il alors pertinent pour le Québec de rejoindre les neuf États américains, dont sept situés juste au sud du Québec, qui plafonneront les émissions de leurs grands émetteurs cette année et de créer un système d'échange de crédits d'émissions auquel nos entreprises pourraient vendre les crédits accumulés au cours des dernières années?

«Ça va être à examiner, affirme le ministre Béchard, mais il est clair qu'on va prendre tous les moyens nécessaires et à notre portée pour, d'abord, respecter Kyoto, deuxièmement, faire reconnaître ici au Canada les efforts antérieurs du Québec et, troisièmement, pour que nos entreprises et organismes qui ont fait des efforts ne les aient pas faits en vain. [...] Disons que si on sent que, du côté fédéral, on est pour reculer du côté de Kyoto, qu'on le laisse de côté ou qu'on n'entre pas dans un marché qui reconnaîtrait ce qu'on a fait, il est clair qu'une option comme ça va être envisagée.»

Cette entente signée en décembre dernier regroupe au sein du Regional Greenhouse Gaz Initiative (RGGI) l'État de New York, le Connecticut, le Delaware, le Maine, le New Hampshire, le New Jersey et le Vermont. Depuis, la Californie et le Nouveau-Mexique ont évoqué la possibilité de s'y joindre. Et le Maryland a adopté en partie les objectifs de l'entente, inscrits dans une loi de cet État depuis le début d'avril.

C'est pour éviter d'en arriver là que le ministre responsable de l'Environnement au Québec propose comme solution à court terme un «blitz» de pourparlers et de négociations afin de clarifier les orientations du gouvernement fédéral et aussi de pouvoir rapidement déterminer dans quelle mesure Ottawa peut assumer sa part du plan global de réduction que Québec veut mettre en place ici. C'est pourquoi, contrairement à son prédécesseur, Thomas Mulcair, qui refusait d'annoncer un plan sans que son financement ait été réglé dans une entente fédérale-provinciale, Claude Béchard entend dévoiler le plan québécois au cours des prochains mois, quitte à laisser en suspens les mesures dont le cofinancement n'aurait pas été réglé.

«Dans les prochains mois, dit-il, il est hors de question que ce soit le gouvernement fédéral qui vienne retarder notre plan de lutte contre les GES.»

Le ministre Béchard ajoute qu'en cas de blocage, «c'est malheureux, mais ça déplacera la pression et les projecteurs sur le gouvernement fédéral. Je ne veux pas être obligé d'attendre à l'automne ou à l'hiver prochain parce qu'on attend Ottawa».






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  • Jean Fournelle
    Inscrit
    samedi 29 avril 2006 10h02
    La balle est dans votre camp M. Béchard
    « Si nos gouvernements fédéraux respectifs continuent de jouer à la mule, remettant à plus tard une facture qui ne va cesser d'augmenter avec les conséquences qu'on imagine, états et provinces des É.U. et du Canada peuvent faire acte de "souveraineté" et s'arranger ensemble. Beau pied de nez responsable.

    La balle est dans votre camp. Mais faites vite. »

  • antoine bouchard
    Inscrit
    samedi 29 avril 2006 14h35
    Vert la droite
    « Harper et sa bande calquent sans pudeur - à plusieurs niveaux -
    l'administration Bush, le pire gouvernement de l'histoire des États-Unis. Vu sous cet angle la cause environnementale, malgré l'urgence d'agir, ne sera vraisemblablement pas au menu. Je me demande:
    Monsieur Harper a-t-il le pouce vert ou bleu, blanc, rouge?

    A. Bouchard »

  • Claude FRÉGEAU
    Inscrit
    dimanche 30 avril 2006 21h23
    Le Greenland en l'an 1000
    « On dit souvent que l'histoire est un perpétuel recommencement. N'en est-il pas de même avec le réchauffement de la planète? Vers l'an 1000, Éric Le Rouge, banni d'Islande, alla s'établir sur les côtes ouest du Groënland, alors batisé Greenland à cause de ses verts pâturages où les moutons et autres pouvaient se remplir la panse jusqu'à refus.

    Un peu plus tard, Leif Erikson, fils d'Éric le Rouge, poussa plus à l'ouest pour découvrir les côtes de Terre Neuve, où poussaient les vignes de raisins les plus belles jamais vue, d'où le nom de Vinland pour Terre Neuve. Seules des conditions météorologiques tempérées pouvaient permettre au raisin de croître comme s'il était en Californie...

    Puis vint la période de la mini glaciation, vers la fin du moyen-âge, qui mit aussi fin aux colonisations Vikings, vers 1500. L'Europe mourrait de faim, littéralement, à cause de sa culture basée sur le blé uniquement, ce qui doinna lieu à la peste bubonique et à bien d'autres épidémies de même type, pour se terminer au 19e siècle, par la grippe espagnole. Les maladies cessèrent avec le réchauffement de la planète et le retour à des conditions plus clémentes pour l'humanité (alors principalement l'Europe).

    Nous verrons encore des réchauffements et des refroidissements, la nature est ainsi faite qu'elle tend à se réparer d'elle-même, tel un perpétuel balancier. »

  • Maurice Monette
    Abonné
    mercredi 3 mai 2006 20h23
    Tempérons nos réactions car, c'est beaucoup plus ÉNORME qu'on semblent le penser...!
    « Tous ces gens de bonne VOLONTÉ qui s'alarment des CHANGEMENTS CLIMATIQUES ont raisons d'essayer de faire diminuer les G. E. S. à court terme car, ça permettra d'assainir notre environnement immédiat qui est affecté par les ACTIVITÉS de l'ÉCONOMIE humaine actuelle.

    Mais, il ne faut pas seulement penser à BRÈVE ÉCHÉANCE. En effet, en s'informant un peu plus sur le processus des MOUVEMENTS PLANÉTAIRES alors, on comprendra que NOUS transcendons depuis une quinzaine d'années une SITUATION dite APOCALYPTIQUE et que, ce sera comme tel pour encore une bonne dizaine d'années au moins. Ce qui fait que, NOUS avons RAISON de NOUS inquiéter de ces G. E. S. car, CEUX-CI sont le TRISTE RÉSULTAT de la course effrénée de l'humanité pour ce qu'elle a édifié comme son dieu soit, le dieu "dollar$"...

    Par contre, comme notre TERRE d'ÉMERAUDE est entrain de commencer un NOUVEAU PÉRIPLE d'environ 2000 ans et que CELLE-CI subit les influences ENERGÉTIQUES des autres PLANÈTES de NOTRE système SOLAIRE alors, RIEN de ce que NOUS ferions pour NOUS prémunir contre CES BOULEVERSEMENTS ne pourra empêcher ce qui arrivera de toutes façons. Pour NOUS en convaincre, NOUS n'avons qu'à penser aux FONDS des MERS qui recèlent d'innombrables VESTIGES de CIVILISATIONS HUMAINES qui ont déjà vécuent en ces LIEUX, du TEMPS qu'ILS étaient EXONDÉS. C'est donc dire, qu'ILS ont été INNONDÉS lors de MOUVEMENTS IMPÉTUEUX ou APOCALYPTIQUES de la TERRE au cours de précédents APOCALYPSES qui se produisirent lorsque GAÏA eût légèrement pivotée sur son AXE.

    C'est après chaque RÉVOLUTION CÉLESTE d'environ 2000 ans que ça se produit et RIEN ne pourra l'EMPÊCHER... NOUS ne pouvons que NOUS ADAPTER et, pour ce qui est de l'ADAPTATION, l'HUMANITÉ a toujours bien su s'ajuster. C'est d'ailleurs la RAISON pour LAQUELLE ELLE a ce RÔLE dominant encore aujourd'hui.

    OH!!! Il est sûr que plusieures populations seront anéanties mais, ce ne sera que pour mieux repartir sur l'ÉCHELLE de la VIE qui, à toute FIN PRATIQUE, n'est qu'un ROUE SANS FIN... »

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