Henri Massé à la défense de Michel Tremblay
29 avril 2006
Québec
Le président de la FTQ Henri Massé estime que Michel Tremblay «ne méritait pas» d'être critiqué comme il l'a été, lorsqu'il a récemment abordé la question de la souveraineté du Québec, et il se dit même en partie d'accord avec lui.
En entrevue avec la Presse canadienne vendredi, M. Massé, lui-même un ténor du mouvement souverainiste, dit avoir trouvé «bien de valeur» la façon dont les hommes de théâtre Michel Tremblay et Robert Lepage ont été vilipendés après qu'ils eurent déploré la façon dont le projet souverainiste est parfois promu.
M. Tremblay avait dit se sentir moins touché par les arguments économiques souvent soulevés, aujourd'hui, pour faire valoir la pertinence du projet de souveraineté du Québec. Il voulait entendre parler de langue, de culture, d'identité, de volonté de maîtriser son destin.
M. Tremblay avait par la suite été critiqué vivement, notamment par l'auteur Victor-Lévy Beaulieu.
M. Massé le déplore.
«Ils ont juste émis un doute. Je n'ai pas entendu dire qu'ils avaient viré capot. J'ai trouvé ça de valeur qu'ils se fassent tomber dessus à bras raccourcis comme ça. Je pense qu'ils ne méritent pas ça.»
Le dirigeant syndical avoue trouver lui aussi que les arguments économiques sont trop souvent soulevés pour vanter le projet souverainiste, aux dépens des arguments sociaux, politiques et culturels.
«Moi je suis d'accord là-dessus. Je pense que l'économie, il ne faut pas la mettre de côté. C'est très, très important» et cela permet de rassurer les gens qui nourrissent des craintes, fait-il valoir. Mais il faut aussi relever les autres arguments.
«C'est vrai que dans les dernières années, on a beaucoup mis l'accent sur le déséquilibre fiscal» et autres arguments économiques. «On a peut-être un peu trop mis l'emphase sur les questions économiques et pas assez sur le reste: la langue, la culture, la question de se prendre en main tout court. Si on est un peuple, on est un peuple.»
Robert Lepage, dans la même veine, s'était questionné à voix haute sur l'identité québécoise et l'identité canadienne. Il avait avoué se sentir «moins convaincu» qu'avant de la pertinence du projet souverainiste.
«J'ai besoin de me faire reconvaincre», avait-il lancé. M. Lepage avait aussi ajouté: «Quand je suis ici au Québec, même à Ottawa, je ne me sens pas Canadien, mais pas du tout. Je sens les deux solitudes. Je sens les deux pays. Mais lorsque je voyage à l'étranger, je ne sais pas ce qui se passe, mais j'ai l'impression que c'est une réalité, le Canada, et que j'en fais partie.»
M. Massé ne partage pas tout à fait cette impression de M. Lepage.
«J'y vais de temps en temps dans les autres pays. Je ne me sens pas Canadien, mais je ne passe pas mon temps à dire que le Canada est une république de bananes. Je pense que le Canada est un pays qui a de l'allure. Dans le reste du monde, le Canada est très bien vu.»
La ferveur souverainiste de M. Massé demeure vive.
«Je suis convaincu qu'un jour ou l'autre, la souveraineté du Québec va se faire. Va-t-elle se faire de mon vivant? Ca, je ne le sais pas. Vingt ou vingt-cinq ans, dans la vie d'un homme, c'est long. Mais dans la vie d'un peuple, c'est court.»
En entrevue avec la Presse canadienne vendredi, M. Massé, lui-même un ténor du mouvement souverainiste, dit avoir trouvé «bien de valeur» la façon dont les hommes de théâtre Michel Tremblay et Robert Lepage ont été vilipendés après qu'ils eurent déploré la façon dont le projet souverainiste est parfois promu.
M. Tremblay avait dit se sentir moins touché par les arguments économiques souvent soulevés, aujourd'hui, pour faire valoir la pertinence du projet de souveraineté du Québec. Il voulait entendre parler de langue, de culture, d'identité, de volonté de maîtriser son destin.
M. Tremblay avait par la suite été critiqué vivement, notamment par l'auteur Victor-Lévy Beaulieu.
M. Massé le déplore.
«Ils ont juste émis un doute. Je n'ai pas entendu dire qu'ils avaient viré capot. J'ai trouvé ça de valeur qu'ils se fassent tomber dessus à bras raccourcis comme ça. Je pense qu'ils ne méritent pas ça.»
Le dirigeant syndical avoue trouver lui aussi que les arguments économiques sont trop souvent soulevés pour vanter le projet souverainiste, aux dépens des arguments sociaux, politiques et culturels.
«Moi je suis d'accord là-dessus. Je pense que l'économie, il ne faut pas la mettre de côté. C'est très, très important» et cela permet de rassurer les gens qui nourrissent des craintes, fait-il valoir. Mais il faut aussi relever les autres arguments.
«C'est vrai que dans les dernières années, on a beaucoup mis l'accent sur le déséquilibre fiscal» et autres arguments économiques. «On a peut-être un peu trop mis l'emphase sur les questions économiques et pas assez sur le reste: la langue, la culture, la question de se prendre en main tout court. Si on est un peuple, on est un peuple.»
Robert Lepage, dans la même veine, s'était questionné à voix haute sur l'identité québécoise et l'identité canadienne. Il avait avoué se sentir «moins convaincu» qu'avant de la pertinence du projet souverainiste.
«J'ai besoin de me faire reconvaincre», avait-il lancé. M. Lepage avait aussi ajouté: «Quand je suis ici au Québec, même à Ottawa, je ne me sens pas Canadien, mais pas du tout. Je sens les deux solitudes. Je sens les deux pays. Mais lorsque je voyage à l'étranger, je ne sais pas ce qui se passe, mais j'ai l'impression que c'est une réalité, le Canada, et que j'en fais partie.»
M. Massé ne partage pas tout à fait cette impression de M. Lepage.
«J'y vais de temps en temps dans les autres pays. Je ne me sens pas Canadien, mais je ne passe pas mon temps à dire que le Canada est une république de bananes. Je pense que le Canada est un pays qui a de l'allure. Dans le reste du monde, le Canada est très bien vu.»
La ferveur souverainiste de M. Massé demeure vive.
«Je suis convaincu qu'un jour ou l'autre, la souveraineté du Québec va se faire. Va-t-elle se faire de mon vivant? Ca, je ne le sais pas. Vingt ou vingt-cinq ans, dans la vie d'un homme, c'est long. Mais dans la vie d'un peuple, c'est court.»
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