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Michel Tremblay réitère sa foi séparatiste

13 avril 2006  Québec
Devant les réactions souvent virulentes suscitées par ses commentaires au sujet du projet souverainiste au Québec, l'auteur et dramaturge Michel Tremblay a voulu remettre les pendules à l'heure dans une entrevue accordée à Radio-Canada hier.

Il y précise entre autres être toujours nationaliste, voire séparatiste. Selon lui, toute cette controverse entourant ses propos provient du titre paru à la une du quotidien La Presse lundi, qui chapeautait l'article diffusé à la suite d'une entrevue qu'il avait accordée à un journaliste de la Presse canadienne, Pierre Saint-Arnaud.

Le titre en question, «Je ne crois plus à la souveraineté», ne reflétait en rien ses propos, dit-il. «Ce que je dis dans cette interview, c'est que tant et aussi longtemps qu'on va essayer de nous vendre un pays en nous parlant uniquement d'économie, je pense qu'on n'y arrivera pas. Je ne dis pas que j'ai raison, mais c'est ce que je pense», a déclaré le dramaturge.

Victor-Lévy Beaulieu

Il ne comprend pas pourquoi les attaques à son endroit ont été aussi virulentes et réagit même avec colère aux commentaires de l'écrivain Victor-Lévy Beaulieu.

M. Beaulieu, qui connaît Michel Tremblay depuis plus de 40 ans, l'a traité de «trou de cul», rien de moins. «Un gars aussi important qui fait une déclaration aussi stupide ne mérite pas mieux que d'aller finir ses jours en Floride avec un club de varices», a-t-il déclaré au Journal de Montréal.

Hier, Michel Tremblay lui a renvoyé le compliment: «Vous direz de ma part à Victor-Lévy Beaulieu que le fait qu'il a réduit les gens qui descendent en Floride l'hiver à des varices nous montre non pas ce qu'il pense de moi mais bien ce qu'il pense des Québécois. Comment peut-il se dire nationaliste quand il réduit les Québécois à des varices? C'est lui qui est stupide.»

Bernard Landry

Parmi les autres critiques, il y a même eu celle de l'ex-chef du Parti québécois, Bernard Landry, qui a déclaré à la radio n'avoir plus l'intention d'aller voir les oeuvres du dramaturge au théâtre et sommé Michel Tremblay de clarifier sa position.

«M. Landry a toujours eu un petit peu de difficulté à prendre la critique, estime l'auteur des Belles-Soeurs. On est dans un pays démocratique. La démocratie, c'est la possibilité, justement, de la discussion, c'est la possibilité de la critique, c'est la possibilité du doute.»

Censure

Après tout ce battage, Michel Tremblay se demande jusqu'où ira la réprobation.

«Qu'est-ce qu'ils vont faire? Ils vont me punir. Ils vont brûler mes livres sur la place publique parce que j'ose dire quelque chose d'un peu différent? Ce n'est plus de la démocratie, c'est de la censure», s'insurge l'écrivain.

M. Tremblay, qui dit ne plus se reconnaître dans le projet souverainiste actuel, veut qu'on «revienne un peu plus sur les sentiments, sur les émotions», et qu'on ne mette plus seulement l'accent «sur la seule faisabilité ou viabilité du projet».






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