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Le syndrome de Tremblay

Michel David   11 avril 2006  Québec
Il y a deux semaines, André Boisclair avait reproché à Québec solidaire (QS) de ne pas avoir de programme à présenter aux électeurs de Sainte-Marie-Saint-Jacques. Qu'est-ce que ce sera quand il en aura un?

Dans une forteresse comme celle-là, une défaite péquiste aurait constitué une énorme surprise, mais l'élection d'hier n'en a pas moins valeur d'avertissement. Dans certaines circonscriptions plus contestées, le nouveau parti de gauche, mieux organisé, pourrait causer des problèmes au PQ dans l'avenir.

La victoire de Martin Lemay est honorable, mais avec un gouvernement qui bat des records d'impopularité depuis deux ans et un candidat nettement plus expérimenté que ses adversaires, le PQ, qui y a mis le paquet, aurait dû l'emporter encore plus nettement.

Le 12 décembre dernier, dans Verchères, Stéphane Bergeron avait accru de quinze points la majorité obtenue par Bernard Landry aux élections générales d'avril 2003, alors qu'André Boulerice avait fait neuf points de mieux que M. Lemay.

Certes, dans le cadre d'une partielle, il n'y avait pas grand risque à voter QS. Aux prochaines générales, les souverainistes y penseront peut-être à deux fois avant de diviser le vote, mais les résultats d'hier laissent tout de même songeur.

On peut comprendre que les électeurs libéraux n'aient pas eu très envie de se rendre aux urnes, mais comment expliquer une telle abstention des péquistes? À en croire le programme adopté au congrès de juin, le Québec est à la veille d'une nouvelle épopée référendaire. Il devrait normalement y avoir dans l'air une certaine effervescence que ne traduit pas du tout un taux de participation de 30 %.

C'est comme si on n'y croyait pas vraiment ou que la désillusion affichée par Michel Tremblay et par Robert Lepage faisait tache d'huile. Ceux qui trouvent que le PQ a perdu son âme en versant dans un discours économique désincarné, mais qui n'ont pas eux-mêmes renoncé à rêver, pourraient bien se tourner vers Québec solidaire.

Cette faible mobilisation des souverainistes est peut-être à la mesure de la performance d'André Boisclair depuis son élection à la tête du PQ. Si les lendemains des prochaines élections générales doivent ressembler à cela, il serait peut-être plus prudent de commencer à penser dès maintenant à un plan B, au cas où il faudrait se résigner à gouverner une «province» pendant un certain temps.

***

Si cette défaite prévisible est la plus mauvaise nouvelle de la semaine pour le PLQ, cela sera déjà un progrès. Les choses vont tellement mal pour le gouvernement Charest, ces temps-ci, qu'il n'était pas impensable que les libéraux subissent l'humiliation de terminer troisième derrière Québec solidaire.

Dans les circonstances, le simple fait d'avoir maintenu l'essentiel des appuis de 2003 a déjà quelque chose de rassurant. Dans Sainte-Marie-Saint-Jacques comme ailleurs, cela signifie sans doute que les libéraux ont atteint leur plancher. Même sans le nom de Malépart sur ses affiches, le PLQ n'aurait probablement pas fait beaucoup moins bien.

En juin 2002, une série d'élections partielles désastreuses avait sérieusement ébranlé le leadership de Jean Charest. Au point où il en est, celle d'hier n'aura pas grand effet. Pour plusieurs, la cause est déjà entendue.

Le grand perdant de la soirée était plutôt Mario Dumont. Ses attentes n'étaient pas très élevées, mais il y a tout de même des limites à la marginalisation. D'une partielle à l'autre, l'ADQ confirme son exclusion du paysage montréalais, pour ne pas dire du paysage urbain. Avec 8,3 % des voix dans Sainte-Marie-Saint-Jacques en avril 2003, l'ADQ était déjà à la limite de la respectabilité. À 2 %, quatre points derrière les verts, elle se situe maintenant à l'intérieur de ce qui serait la marge d'erreur d'un sondage.

Le 23 mars dernier, la candidate adéquiste en 2003, Annick Brousseau, de tendance souverainiste, avait publié dans Le Devoir une lettre intitulée Jamais plus l'ADQ, dans laquelle elle annonçait son ralliement au PQ. L'effondrement d'hier laisse penser que l'exode touche aussi bien les adéquistes fédéralistes. Le simple recrutement de candidats risque maintenant de constituer un problème.

Après des résultats également décevants dans Verchères et dans Outremont en décembre dernier, Mario Dumont avait annoncé des changements substantiels au sein de son parti. Manifestement, il a encore beaucoup de pain sur la planche. Si le coeur y est encore.

mdavid@ledevoir.com
 
 
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  • Robert - Abonné
    11 avril 2006 09 h 58
    R.I.P.
    Le PQ qui a toujours carburé à l'émotion et à l'enthousiasme est maintenant à l'âge du charbon avec M. Boisclair. Pas grand feu là. Pas de projet, un avenir nébuleux, des explications alambiquées dans une langue du bois dont on fabrique le cercueil d'un parti.

    L'élection de lundi nous l'a clairement démontré. L'avenir est à Québec Solidaire.
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  •  
  • Benoît Robidoux - Inscrit
    11 avril 2006 14 h 42
    Le baillon aux biens aimés
    Monsieur David.
    Lorsqu'un monsieur-madame tout le monde critique l'option souverainiste, personne n'y voit de problème. Tout comme les Parizeau, Landry & Boisclair de ce monde, vous vous dites probablement que c'est un autre sans génie qui n'a rien compris. Qu'à la limite, ce con qui ne comprend jamais rien, n'aura de toute façon aucune influence le vote. Par contre, ici, un individu qui possède une crédibilité certaine, auprès de l'opinion publique, prend la parole en se prononçant contre L'OPTION (puisqu'il n'y en aurait qu'une seule...), tout d'un coup, a perdu son bon sens du jugement? Pourquoi ne pas écrire: vous, on vous aimait quand vous fermiez votre gueule! Et bien monsieur, sachez que le gars n'est pas mime, il est auteur; c'est clair qu'il va s'exprimer et qu'on va l'entendre. Si la liberté d'expression dont vous jouissez se perd lorsqu'on ne penche pas de votre bord - du bon bord - allô liberté! Ça ressemblera à un beau régime totalitaire votre Québec souverain!? Voyez-vous, c'est justement ce genre de déclaration incendiaire ridicule, qui, au contraire, mène une personne moindrement sensée à se demander si il n'y aurait pas anguille sous roche. La souveraineté du Québec, ne saura jamais se faire en ridiculisant ceux qui la questionnent et martelant les esprits de slogans ou de belles promesses. Elle s'accomplira tout naturellement lorsque son peuple ressentira que c'est la seule voie qui lui permettra de grandir. Selon moi, votre texte démontre également le côté peureux caractéristique aux québécois. La souveraineté on en parle, on la voudrait bien, mais à la dernière minute quand vient de temps de mettre son X, on ch... dans nos culottes. Ici, on se sépare, mais à l'amiable. On révolutionne, mais tranquillement. Beaux paradoxes. Votre article critique très sévèrement monsieur Tremblay, tout en lui lançant des fleurs à 4 reprises. Vous frappez d'une main et caressez de l'autre. Faudrait surtout pas froisser ceux qui ne jureraient que par lui. Bref, elle est peut-être ici la piste qui nous permettra de comprendre pourquoi la république du Québec est encore en devenir.
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  • Benoît Robidoux - Inscrit
    11 avril 2006 14 h 52
    Correction
    Monsieur David, j'ai fait erreur. Mes commentaires en réponse à la claque à Michel Tremblay auraient dû être addressés à monsieur Jasmin. Désolé.
    :-)
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  • Michel Brunet - Inscrit
    12 avril 2006 16 h 32
    Un noeud gordien et québécois.
    Être souverainiste ou fédéraliste ? Comment exprimer autrement son sentiment d'appartenance ? Quelle attitude avoir face à un problème identitaire collectif qui pour plusieurs n'a toujours pas encore été résolu? Connaissez-vous une autre alternative à ces choix pour un Québécois. À part évidemment, et encore aujourd'hui après 40 ans, faire partie des indécis, ou être de ceux qui ne se sentent absolument pas concernés ou qui y sont tout simplement indifférents.

    Aujourd'hui, certains disent : « Allez-vous finir par lâcher prise. On est tannés d'en entendre parler de vos référendums. On est plus capables. Bande de rêveurs, il n'y en a juste pas de problème. Accommodez-vous donc plutôt de la situation actuelle, ce n'est pas si pire que ça, après tout il n'y a personne qui meurt de faim ici. »

    D'autres ajoutent : « Voyons donc, ce sont des vieilles idées, c'est dépassé tout ça. Ce n'est plus à la mode. » Et cet argument serait plutôt justifié s'il ne se voulait qu'une réponse à un nationalisme revanchard dont l'argumentaire est essentiellement basé sur la réparation d'un état qui est aujourd'hui, à peu de choses près, dépassé.

    Oui mais voilà, ce mal de l'âme québécoise, sentiment d'aliénation peut-être, est encore aujourd'hui toujours là latent chez plusieurs. Et ce n'est pas en voulant tout simplement l'ignorer qu'on y trouvera la solution. Car, hélas, ce n'est pas là qu'une question de mode ou qu'un état passager. Chaque génération, les unes après les autres, ne l'exprime-t-elle pas à sa façon. Alors, pourquoi? C'est dommage que ceux qui y restent insensibles ne se demandent justement même plus le pourquoi de cette douleur qui est toujours là présente et comment il se fait aussi que toutes les solutions déjà appliquées n'ont pas su y apporter guérison.

    À part la perte des Rocheuses, l'argumentaire fédéraliste basé essentiellement sur les avantages de l'aspect économique, justifie déjà pour certains la confirmation d'une volonté d'adhésion au statu quo et aussi, d'un autre côté, entretient les inquiétudes, de ce groupe des indécis qui eux demandent encore, oui encore, et même après tant d'années de palabre, qu'on leur explique pourquoi la souveraineté ? Ces indécis, surtout adeptes du pragmatisme qui disent le plus souvent: « C'est bien beau tout ça, mais sur le plan économique est-ce que je vais me retrouver avec moins financièrement que ce que j'ai présentement. Après tout, un tien vaut mieux que deux. » C'est là leur vision des choses, leur choix et ils y ont tout à fait droit.

    De leur côté, les souverainistes, pour répondre à ça, tentent d'essayer de démontrer de la façon la plus rationnelle possible que cela pourrait éventuellement bien fonctionner sur le plan économique.

    Bon, tout cela représente autant de point de vue auxquels nous nous sommes jusqu'ici constamment confrontés.

    Et puis, hier, voilà maintenant, qu'un porte-étendard de notre fierté nationale, nous dit avoir la perception que le projet souverainiste ne repose plus maintenant que sur des arguments économiques et qu'il a ainsi perdu la foi. C'est du moins, l'interprétation que les médias ont bien voulu en faire. Et puis, voilà qu'un autre en rajoute, quelle aubaine. Celui-ci, pour justifier la tiédeur de sa foi déplore l'absence d'une figure de proue, d'un messie. Peut-être, mais pourtant, le passé récent a bien démontré que ce n'était pas nécessairement un gage de succès.

    Quoiqu'il en soit, on assiste alors à un tollé général. Les fédéralistes, bien sûr, ne peuvent que s'en régaler, et de leur côté, les souverainistes à l'ancienne, eux, crient plutôt à la trahison.

    Rien de bien rassembleur, dans tout ça, comme d'habitude ne me direz-vous, et avec raison.

    Par contre, certains, les plus positifs voient ici l'occasion de réévaluer l'ensemble du projet et par extension du débat. Ce qui est soulevé ici, ce n'est pas tant la pertinence du projet ou encore la démarche pour y arriver, mais plutôt l'objectif et surtout le résultat qui en est attendu.

    En tant que citoyen du Québec, vu comme entité, l'objectif affirmé de notre volonté de se doter d'un statut et d'une structure politique qui nous permettrait d'avoir le maximum de leviers de décisions nécessaires devrait être défini comme prioritaire.

    Ici, j'entends certains, déjà dire que dans un contexte de mondialisation la portée de ces leviers est très souvent restreinte et que beaucoup est sujet à négociations. C'est vrai, mais au moins ces leviers nous permettraient sûrement de pouvoir négocier sur la base minimale de nos propres intérêts. Sans ces leviers, il nous est présentement impossible d'atteindre notre plein potentiel à tous les niveaux, de vivre pleinement notre propre spécificité, de façonner notre propre identité et d'élaborer notre société à l'image des valeurs que nous voulons partager. Et même, pourquoi pas, nous permettre de pouvoir être entièrement responsable de nos propres échecs. La situation actuelle contraint tous, de part et d'autres, aux compromis, et portent à l'insatisfaction la plupart, exceptés, bien sûr, le gouvernement central, et jusqu'à bien récemment encore, la plus puissante des provinces.

    Mais, puisque tout ou du moins presque tout a déjà été dit sur la base de ce type d'argumentation et que cette dialectique stérile ne nous a mené jusqu'ici qu'à rester dans ce statu quo nocif et paralysant pour les deux côtés, pourquoi ne pas plutôt placer aussi la priorité sur une proposition de projet de société collectif qui soit emballant, à notre image et rassembleur. Pas seulement pour les membres d'un parti, mais pour une majorité de Québécois.

    Aussi, au bout du compte, le projet doit pouvoir transcender le seul niveau de la rationalité pour devenir en soi une conviction.

    Ce projet peut devenir, si on le veut, notre réponse à la mondialisation, à la globalisation, à l'uniformisation et à l'individuation collective des nations, des sociétés et des communautés.

    À l'heure où l'on veut, avec raison, sauver une multitude d'espèces animales en voie d'extinction. Ne trouvez-vous pas qu'il serait aussi nécessaire de préserver la diversité et la spécificité des peuples et des nations existantes pour un meilleur enrichissement collectif de cette humanité qui en a bien besoin. Tout ne se mesure pas à l'aulne de la valeur d'un dollar tout-puissant soit-il.

    Bon, et si en cela on commençait par nous-mêmes. Mais, il est peut-être vrai, après tout, que vous croyez que nous n'en valons pas la peine.
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  • Marie-France Legault - Inscrit
    14 avril 2006 09 h 41
    Le mal de l'âme???
    Peut-être que ce mal existait il y a quelques années???. Mais aujourd'hui en 2006, tout cela est dépassé. Passons à autre chose. Le monde a changé, ce qui était prioritaire ne l'est plus et ce qui était secondaire devient primordial. Maintenant que le Québec est bien ancré dans la modernité, que ses assises sont solides, qu'il s'est donné des protections quant à la langue et la culture, il n'est plus menacé. Les prémisses qui ont donné lieu à la propagation de l'idée de Sécession: la victimisation et le ressentiement ne sont plus valables et n'effarouchent plus les québécois de l'an 2006. "Nous sommes les survivants de 1760"...Les c.f. de l'époque AVANT la Confédération ont eu des velléités de se joindre aux U.S.A., l'Angleterre, pour nous garder, a dû faire des concessions en nous exemptant du Serment du Test (ceux qui connaissent l'HISOIRE savent de quoi je parle) et nous laisser pratiquer notre religion. Nous sommes des "combattants" des récalcitrants à toute "dictature de la pensée" et cela même en 2006, ou certains voudraient nous faire entrer la SÉCESSION dans la gorge. Qu'on se le tienne pour dit...Il n'y a que les influençables, les rêveurs, les émotifs qui se disent prêts à plonger dans la sphère inconnue de l'Indépendance avec tout ce que cela apporterait de problèmes beaucoup plus grands que ceux que nous avons maintenant dans la Fédération. Nous avons progressé dans le CANADA. Celui-ci est le DEUXIÈME après l'Australie. Que demander de plus?

    Il paraît que c'est très malséant et inconvenable de parler d'économie dans le projet de Sécession. Je crois qu'il y a seulement ceux qui sont "bourrés de fric" qui raisonnent ainsi. C'est bien connu ceux qui sont TRÈS à l'aise financièrement, sont souvent ceux qui MÉPRISENT l'argent. Ils peuvent se le permettre facilement. Mais le commun des mortels ne raisonne pas ainsi. Et la période d'instabilité financière, de flottement sur les marchés mondiaux, de même que la perte de confiance, contribueraient selon monsieur Louis Bernard à une période de 10 ans d'instabilité. Pour ma part et celle de plusieurs, nous ne sommes pas prêts à vivre cela. Nous venons à peine de sortir de la "grande noirceur". Le Canada est MON pays et j'en suis fière. Je ne suis pas prête à me "garocher" dans les problèmes, pour défendre, préconiser un nationalisme étroit, borné, réducteur. Plusieurs conflits dans le monde ont commencé avec cette mentalité.
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