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Vol de documents - Hydro-Québec resserre ses règles de sécurité

11 avril 2006  Québec
Hydro-Québec assure que le vol de documents secrets ne compromet pas la sécurité de ses installations.
Photo : Agence Reuters
Hydro-Québec assure que le vol de documents secrets ne compromet pas la sécurité de ses installations.
Québec — Hydro-Québec n'a aucunement l'intention de revoir ses orientations en matière de sécurité malgré le vol récent d'une mallette contenant des renseignements hautement confidentiels sur la surveillance des installations hydroélectriques.

La société d'État va plutôt se limiter à resserrer ses règles entourant la circulation des documents.

«Nous avons pris les mesures nécessaires pour qu'une telle situation ne se reproduise plus», a assuré le porte-parole de la société d'État, Marc-Brian Chamberland, dans une entrevue accordée hier à La Presse canadienne.

«Dès que le vol a été signalé, nous avons adopté les dispositions nécessaires pour que la fuite d'information ne puisse pas compromettre la sécurité des installations», a-t-il poursuivi.

Par conséquent, il n'y a pas lieu de modifier le plan de 133 millions préparé dans les derniers mois par Hydro-Québec pour accroître la sécurité de ses équipements, a-t-il insisté.

«Le plan n'a pas à être changé, nous avons fait le nécessaire, on a pris les mesures qui s'imposaient», a expliqué M. Chamberland.

Les documents confidentiels provenaient d'une mallette volée le 10 mars dernier dans un restaurant de la rue Sainte-Catherine à Montréal. L'employé victime du larcin, un conseiller en sécurité, a immédiatement informé ses supérieurs du vol et une plainte a été déposée à la Police de Montréal.

Quelques jours plus tard, une employée de Radio-Canada découvrait par hasard, dans une station de métro de l'est de la métropole, une liasse de documents provenant de la mallette volée.

La pochette découverte dans le métro contenait entre autres documents un guide de sécurisation des installations de la société d'État, qui explique les méthodes et les normes qui seront utilisées pour faire fonctionner tous les systèmes de sécurité d'Hydro-Québec.

Toutes les composantes, les pièces des systèmes d'alarme, de télésurveillance et d'antisabotage y sont énumérées. L'un des dossiers expliquait en outre comment fabriquer une carte d'identité pour les employés.

On y retrouvait aussi les mots de passe temporaires pour activer les deux systèmes informatiques choisis pour gérer les contrôles d'accès, de détection d'intrusions et de surveillance vidéo.

Parmi les documents figuraient également le répertoire téléphonique confidentiel de la direction de la sécurité industrielle d'Hydro-Québec, comprenant les numéros de téléphone cellulaire et résidentiel des cadres et des employés.

Une situation bien embarrassante pour Hydro-Québec qui, l'an dernier, avait dû reconnaître que la surveillance des barrages souffrait de lacunes très graves.

Le porte-parole de la société d'État minimise néanmoins le risque associé au vol des documents confidentiels.

«Ce qui a été retrouvé, ce sont surtout les technologies utilisées. Il n'y avait pas d'information concernant la localisation des systèmes, la façon de les installer ni la façon de les déjouer», a-t-il dit.

Néanmoins, tous les codes qui figuraient dans les dossiers ont été changés, a souligné M. Chamberland.

Dans l'espoir d'éviter une nouvelle fuite d'information, Hydro-Québec a également décidé de resserrer ses règles sur la circulation des dossiers importants.

Ainsi, les employés ne peuvent plus emporter avec eux les documents confidentiels.

«Depuis le 10 mars, depuis que le vol a été constaté, il n'y a plus un seul document de cette nature qui peut franchir les portes d'Hydro-Québec», a mentionné M. Chamberland.

Pendant que le ministre des Ressources naturelles, Pierre Corbeil, refusait de commenter l'affaire, l'opposition péquiste exigeait que les dirigeants d'Hydro-Québec viennent rendre des comptes à l'Assemblée nationale.

«Il y a une négligence, un laisser-aller, une désinvolture de la part des dirigeants par rapport à la sécurité des installations. Les gens ont le droit d'être rassurés, et Hydro-Québec doit venir s'expliquer en commission parlementaire», a commenté la porte-parole de l'opposition officielle en matière d'énergie, Rita Dionne-Marsolais.
 
 
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