vendredi 10 février 2012 Dernière mise à jour 16h31
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

De l'eau pour rembourser la dette

Gérard Bérubé   24 mars 2006  Québec
Le ministre Audet a introduit hier un premier mécanisme visant à endiguer l'évolution de la dette publique du Québec. En faisant appel à Hydro-Québec, on crée le Fonds des générations, qui sera capitalisé et qui, espère-t-on, devrait contribuer à diminuer l'endettement du Québec de 30 milliards d'ici 2025. Du coup, compte tenu du flou des sources d'approvisionnement de ce fonds, la porte s'ouvre à une éventuelle hausse des tarifs d'électricité pour rembourser la dette, une possibilité que Québec se réserve d'ailleurs. Du coup également, le gouvernement introduit une redevance sur l'eau captée.

Dans cette offensive visant à réduire le poids de la dette, le gouvernement mise d'abord sur une croissance économique plus forte que l'augmentation de la dette inhérente aux dépenses d'immobilisations. Mais la pièce maîtresse est la création du Fonds des générations.

La formule a surpris hier. Le Fonds des générations sera géré par la Caisse de dépôt et placement du Québec. Avec ce fonds, capitalisé, on fait le pari que le rendement obtenu sera supérieur au coût de la dette. Ce taux devrait osciller entre 4,5 % et 5,2 % au cours des prochaines années (obligation canadienne à dix ans) alors que le rendement moyen dégagé par la Caisse de dépôt l'an dernier est d'environ 15 %. L'effet net sera une réduction de 30 milliards de dollars de la dette d'ici 2025, avec un ratio dette-PIB passant à 25 %, prévoit-on, ce qui correspondrait à la moyenne canadienne actuelle. Ce ratio est de 43 % à l'heure actuelle compte tenu d'une dette de 118 milliards (et d'une dette nette de 104 milliards) dont le seul paiement des intérêts se chiffre actuellement à sept milliards, «ce qui en fait le troisième poste du budget des dépenses après la santé et l'éducation», a souligné le ministre.

Ce fonds pourra s'alimenter à même cinq sources de revenu. Le ministre Audet a parlé hier des droits hydrauliques payés par Hydro-Québec à compter de janvier prochain et des droits déjà perçus auprès des producteurs privés d'hydroélectricité. Il pense aussi à une partie des bénéfices provenant de la vente d'électricité à l'étranger, d'une redevance sur l'eau captée et de la vente d'éléments d'actif non stratégiques.

Les deux premières sources sont clairement ciblées avec des redevances devant passer de 374 millions en 2007-08 à 897 millions en 2025-26. Quant aux trois autres sources, les documents du ministre indiquent que l'«impact est à déterminer».

Une vaste zone grise, donc, qui a fait dire à François Dupuis, directeur, chef économiste adjoint et stratège au Mouvement Desjardins, que «la porte est ouverte à une éventuelle hausse des tarifs d' Hydro-Québec pour réduire la dette».

Dans sa présentation d'hier, Michel Audet a d'ailleurs présenté ce fonds comme étant «le point de départ d'une réflexion plus large sur la dynamique des finances publiques du Québec». Il n'a pas été sans préciser que «le gouvernement se réservera la possibilité, en fonction de l'évolution de la situation, d'affecter au Fonds des générations d'autres sources de revenus».

Pour l'heure, dans sa réponse aux médias hier, le ministre des Finances a clairement exclu qu'Hydro-Québec puisse transférer le poids de ces redevances aux consommateurs. En passant par la filiale Production, la société d'État ne pourra pas évoquer ces droits lors de ses démarches auprès de la Régie de l'énergie, a-t-il souligné. Puisque ces sommes ainsi transférées feront diminuer les résultats consolidés d'Hydro-Québec, la société d'État espère qu'elle compensera avec des gains d'efficacité interne et qu'elle aura recours à plus d'exportations, a-t-il ajouté sans autres détails.

On veut également s'assurer que ce fonds ne sera pas éventuellement utilisé à d'autres fins. «L'Assemblée nationale sera appelée à adopter une loi créant le Fonds des générations. Cette loi assurera la population que les efforts consentis seront durables et déterminera les ressources consacrées au remboursement de la dette, qui deviendra ainsi un processus irréversible.»

Captage d'eau

Ce mécanisme associé à la réduction de la dette a été l'occasion pour le gouvernement de lancer l'idée d'instaurer une redevance sur l'eau captée au Québec. «Avant d'envisager la mise en place de cette redevance, il faudra cependant compléter divers travaux, notamment sur le plan juridique, afin de déterminer le niveau de taxation adéquat et les modalités de perception», lit-on dans les documents budgétaires. Mais sur la base de l'expérience menée en Colombie-Britannique, les revenus du Québec provenant de l'eau captée pourraient être de l'ordre de 11 millions, a-t-on chiffré tout en rappelant que la plupart des provinces ont déjà légiféré pour préciser que l'État est propriétaire de l'eau.

Le Québec recèle 3 % de l'eau douce de la planète, prend-on soin de rappeler. Et on évalue à 3,5 milliards de mètres cubes le volume d'eau prélevé au Québec chaque année.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Réjean Drouin
    Abonné
    samedi 25 mars 2006 11h11
    De l'eau pour rembourser la dette; de quoi parle-t-on?
    De l'eau pour rembourser la dette! De quoi parle-t-on? Dans l'esprit du peuple, on pense tout de suite à des compagnies venu ici prendre - vider? - l'eau de nos nappes phréatiques pour la revendre en bouteille à $2,50 le litre (plus cher que l'essence!). Ces compagnies privées qui prennent notre eau, de notre territoire, pour pas une cenne et qui enrichissent des étrangers, ce privilège que nos écologistes et environnementalistes dénoncent depuis tant d'années; voilà à quoi je pense quand on parle de taxer l'eau.

    On veut donner l'impression qu'on s'attaque enfin aux compagnies privées qui ne pensent qu'à faire profits sans égards aux ressources ni aux populations. Quelle noble cause pour un gouvernement au service de son peuple. On ne pourrait que crier bravo! Mais pourtant, on est en présence d'une fumisterie. Le gouvernement Charest détourne le sens des choses comme les embouteilleurs-profiteurs détournent notre eau.

    On est bien loin de la protection de l'environnement ou de la rétribution juste d'une ressource précieuse car aucun des grands ``aquavores`` oeuvrant chez-nous n'est visé par le budget du ministre Audet. On prétend plutôt que Hydro-Québec ``prélèvent`` de l'eau, et cela semble logique à prime abord, mais cela est sans fondement Pensons simplement à ce que Hydro-Québec fournit ; de l'énergie, pas de l'eau! Il est vrai qu'on utilise l'eau mais c'est comme un vecteur d'énergie. L'eau tombe en poussant les pales d'une turbine qui fait tourner une génératrice puis en ressort aussitôt pour continuer son cours dans la rivière, pas une seule goutte n'est prélevé. Autre distinction importante ; si Hydro-Québec ne prélève pas l'énergie d'une chute d'eau, elle est simplement perdue, gaspillée, elle n'est pas conservée pour ailleurs ni pour plus tard.

    Dans le contexte actuelle, «de l'eau pour rembourser la dette » donne l'apparence de développement durable mais ne signifie, en fait, qu'une nouvelle taxe que le gouvernement nous fera payer à Hydro-Québec via une inévitable augmentation des coûts de l'électricité.

    Et quand on aura assez d'éoliennes pour la peine, Charest taxera le vent !

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
1 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Articles
Chroniques
éditoriaux
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012