Casino - Charest accorde un sursis à Loto-Québec
Pas de décision avant 18 mois
Le gouvernement du Québec s'appuie sur le rapport Coulombe pour accorder du temps à Loto-Québec afin de peaufiner, sous l'angle de la rentabilité, le projet de déménagement du casino de l'île Notre-Dame. Quant aux problèmes à caractère social, le gouvernement les laisse entre les mains de la Ville de Montréal, qui devra «favoriser les discussions» avec les gens du Sud-Ouest, question d'obtenir «l'adhésion du milieu» et d'envisager des solutions.
C'est à titre d'actionnaire de Loto-Québec que le gouvernement a décidé d'attendre d'avoir en main un projet complet avant de trancher, a annoncé hier le ministre des Finances, Michel Audet, responsable politique de ce dossier controversé. Le ministre a bien pris soin de qualifier le projet de Loto-Québec d'avant-projet, insistant ainsi sur la prudence du gouvernement, tout comme l'a fait Guy Coulombe, président du comité interministériel chargé d'évaluer le projet, dans son rapport rendu public quelques minutes plus tôt.
Mais dans les faits, le projet de déménagement du casino va de l'avant puisque Loto-Québec poursuivra «ses démarches auprès des autorités compétentes». En clair, l'administration du maire Gérald Tremblay, qui ne fait face à aucune échéance électorale à court terme, vient d'hériter du dossier. En effet, avant de soumettre le projet à la consultation publique comme le prévoit la Charte de Montréal (article 89), Loto-Québec devra détailler son complexe récréotouristique et répondre à des questions pointues d'ingénierie, d'architecture et de transport, par exemple. Ce processus pourrait prendre environ 18 mois. Une fois cette étape franchie, le gouvernement prendra une décision dans un dossier dont les ficelles auront été attachées une à une avec Montréal et où les zones d'ombre auront été réduites.
De façon parallèle, alors que le projet s'acheminera vers les changements de zonage requis, l'arrondissement du Sud-Ouest devra mettre sur pied une table de concertation pour entendre les doléances de la population, fort critique au sujet des intentions de Loto-Québec. Ce forum de discussion sera financé par Loto-Québec, qui devra verser 300 000 $ pour en assurer le fonctionnement. Ces discussions pourraient prendre six mois. Un «facilitateur» offrira un accompagnement aux groupes présents à la table.
Guy Coulombe s'est défendu qu'il s'agisse d'une structure de médiation, pas plus que d'une façon d'occuper les opposants. Il est toutefois clair pour lui qu'il existe des «zones d'entente». «Un compromis est possible sans léser la population locale», croit-il.
Le ministre Audet tient le même langage. Un projet d'une telle ampleur nécessite «l'adhésion du milieu», selon lui. «On demande de prendre le temps nécessaire pour répondre à ces préoccupations sociales avant de donner suite à la recommandation de déménager le casino», a expliqué le ministre. Et il ne faut pas y voir de contradiction avec les conclusions incendiaires de la Direction de la santé publique pour l'île de Montréal, a insisté M. Coulombe. Tout le monde cherche des mesures d'atténuation, a-t-il fait remarquer.
Quant aux questions financières, elles ont pris beaucoup de place lors de la conférence de presse de M. Audet. La rentabilité est presque devenue le maître-mot pour le ministre. Et le rapport Coulombe lui a donné des arguments pour demander à Loto-Québec de compléter ses études.
«De prime abord, les bénéfices additionnels résultant de la relocalisation du casino au bassin Peel apparaissent peu importants», peut-on lire dans le rapport. Pour parvenir à ce niveau, la société d'État devra investir un milliard de dollars et augmenter de 94,7 % le nombre de visiteurs provenant de l'extérieur du Québec alors que la clientèle locale connaîtrait une hausse de 28 %, et ce, dès la première année. Cette estimation est basée sur trois sondages; aucune étude de marché n'a été effectuée. M. Coulombe a reconnu que cela était «faible» et «insuffisant».
«On ne peut pas prendre de décision sur un projet au coût aussi important avec une rentabilité assez limite et qui pourrait être affectée par des variations des taux d'intérêt, les coûts ou l'achalandage», a affirmé le ministre Audet.
Du flou subsiste également du côté de la participation des partenaires privés au projet. On note dans le document que s'il y a des discussions à cet effet, aucune entente ferme n'a encore été signée. Pourtant, Loto-Québec prévoit que la participation du secteur privé au financement du complexe de divertissement atteindra 212,8 millions de dollars.
Toutefois, le Cirque du Soleil demeure toujours le partenaire privilégié dans cette aventure de 1,2 milliard de dollars. La contribution du cirque n'est aucunement de nature financière. L'organisation multimillionnaire agit comme directeur artistique du projet.
Le seul élément du projet qui a fait l'objet d'une véritable décision est le centre de foires. Le gouvernement l'exclut du complexe récréotouristique, ainsi que le recommande le rapport Coulombe. Il s'agit d'une infrastructure qui devra être payée par le gouvernement, et celui-ci n'a toujours pas fait son choix entre le Stade olympique, le Palais des congrès, la Place Bonaventure et les projets de Laval et de Longueuil.
Le rapport Coulombe souligne également qu'un retard dans le début des travaux pourrait avoir des répercussions financières de l'ordre de 40 millions par année pour tout report après l'été 2007.
C'est à titre d'actionnaire de Loto-Québec que le gouvernement a décidé d'attendre d'avoir en main un projet complet avant de trancher, a annoncé hier le ministre des Finances, Michel Audet, responsable politique de ce dossier controversé. Le ministre a bien pris soin de qualifier le projet de Loto-Québec d'avant-projet, insistant ainsi sur la prudence du gouvernement, tout comme l'a fait Guy Coulombe, président du comité interministériel chargé d'évaluer le projet, dans son rapport rendu public quelques minutes plus tôt.
Mais dans les faits, le projet de déménagement du casino va de l'avant puisque Loto-Québec poursuivra «ses démarches auprès des autorités compétentes». En clair, l'administration du maire Gérald Tremblay, qui ne fait face à aucune échéance électorale à court terme, vient d'hériter du dossier. En effet, avant de soumettre le projet à la consultation publique comme le prévoit la Charte de Montréal (article 89), Loto-Québec devra détailler son complexe récréotouristique et répondre à des questions pointues d'ingénierie, d'architecture et de transport, par exemple. Ce processus pourrait prendre environ 18 mois. Une fois cette étape franchie, le gouvernement prendra une décision dans un dossier dont les ficelles auront été attachées une à une avec Montréal et où les zones d'ombre auront été réduites.
De façon parallèle, alors que le projet s'acheminera vers les changements de zonage requis, l'arrondissement du Sud-Ouest devra mettre sur pied une table de concertation pour entendre les doléances de la population, fort critique au sujet des intentions de Loto-Québec. Ce forum de discussion sera financé par Loto-Québec, qui devra verser 300 000 $ pour en assurer le fonctionnement. Ces discussions pourraient prendre six mois. Un «facilitateur» offrira un accompagnement aux groupes présents à la table.
Guy Coulombe s'est défendu qu'il s'agisse d'une structure de médiation, pas plus que d'une façon d'occuper les opposants. Il est toutefois clair pour lui qu'il existe des «zones d'entente». «Un compromis est possible sans léser la population locale», croit-il.
Le ministre Audet tient le même langage. Un projet d'une telle ampleur nécessite «l'adhésion du milieu», selon lui. «On demande de prendre le temps nécessaire pour répondre à ces préoccupations sociales avant de donner suite à la recommandation de déménager le casino», a expliqué le ministre. Et il ne faut pas y voir de contradiction avec les conclusions incendiaires de la Direction de la santé publique pour l'île de Montréal, a insisté M. Coulombe. Tout le monde cherche des mesures d'atténuation, a-t-il fait remarquer.
Quant aux questions financières, elles ont pris beaucoup de place lors de la conférence de presse de M. Audet. La rentabilité est presque devenue le maître-mot pour le ministre. Et le rapport Coulombe lui a donné des arguments pour demander à Loto-Québec de compléter ses études.
«De prime abord, les bénéfices additionnels résultant de la relocalisation du casino au bassin Peel apparaissent peu importants», peut-on lire dans le rapport. Pour parvenir à ce niveau, la société d'État devra investir un milliard de dollars et augmenter de 94,7 % le nombre de visiteurs provenant de l'extérieur du Québec alors que la clientèle locale connaîtrait une hausse de 28 %, et ce, dès la première année. Cette estimation est basée sur trois sondages; aucune étude de marché n'a été effectuée. M. Coulombe a reconnu que cela était «faible» et «insuffisant».
«On ne peut pas prendre de décision sur un projet au coût aussi important avec une rentabilité assez limite et qui pourrait être affectée par des variations des taux d'intérêt, les coûts ou l'achalandage», a affirmé le ministre Audet.
Du flou subsiste également du côté de la participation des partenaires privés au projet. On note dans le document que s'il y a des discussions à cet effet, aucune entente ferme n'a encore été signée. Pourtant, Loto-Québec prévoit que la participation du secteur privé au financement du complexe de divertissement atteindra 212,8 millions de dollars.
Toutefois, le Cirque du Soleil demeure toujours le partenaire privilégié dans cette aventure de 1,2 milliard de dollars. La contribution du cirque n'est aucunement de nature financière. L'organisation multimillionnaire agit comme directeur artistique du projet.
Le seul élément du projet qui a fait l'objet d'une véritable décision est le centre de foires. Le gouvernement l'exclut du complexe récréotouristique, ainsi que le recommande le rapport Coulombe. Il s'agit d'une infrastructure qui devra être payée par le gouvernement, et celui-ci n'a toujours pas fait son choix entre le Stade olympique, le Palais des congrès, la Place Bonaventure et les projets de Laval et de Longueuil.
Le rapport Coulombe souligne également qu'un retard dans le début des travaux pourrait avoir des répercussions financières de l'ordre de 40 millions par année pour tout report après l'été 2007.
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