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Mulcair aurait approuvé la privatisation du mont Orford

8 mars 2006  Québec
Québec — L'ex-ministre du Développement durable et de l'Environnement, Thomas Mulcair, avait approuvé la privatisation du mont Orford, telle qu'annoncée par son successeur lundi, ont indiqué hier plusieurs sources gouvernementales à la Presse canadienne.

Au cours des derniers jours, des médias ont rapporté que le départ de M. Mulcair du conseil des ministres était lié au fait qu'il aurait subi des pressions du cabinet du premier ministre en vue d'aller de l'avant avec le projet de développement immobilier du mont Orford, alors qu'il s'y opposait.

Or plusieurs sources dignes de foi soutiennent que l'annonce faite lundi par le ministre Claude Béchard est conforme à la proposition présentée par son prédécesseur à l'Environnement.

L'affaire avait été conclue une dizaine de jours avant le remaniement du 27 février, assure une source bien au fait du dossier.

Interrogé à ce propos hier, lors d'un point de presse, le ministre Béchard a confirmé cette version des faits: «La solution était là et c'est pour ça qu'on a été capables de l'annoncer rapidement. C'est parce que le dossier était prêt, a-t-il déclaré. Il restait à faire l'annonce.»

L'idée de doubler la superficie du parc et celle de procéder par appel d'offres pour vendre 85 hectares de terrain du parc national figuraient dans la proposition Mulcair. L'argent de la vente servira à agrandir le parc.

Les promoteurs qui se porteront acquéreurs de la partie du parc vendue pourront ainsi développer le centre de ski, installer un terrain de golf et construire un ensemble immobilier.

«On prend 15 millions de dollars pour acheter de nouveaux terrains et faire des aires protégées, a fait valoir M. Béchard. Ce qui va se faire à Orford, c'est plus que tout ce qui va se faire dans le reste du Québec au niveau des aires protégées et des achats de terrains dans les prochaines années.»

Dans les archives du ministère de l'Environnement, on a même découvert que le ministre responsable des parcs, Richard Legendre, dans le gouvernement péquiste, avait à l'époque concocté un projet semblable à celui présenté par M. Béchard, projet qui était resté lettre morte. L'intention du gouvernement péquiste était même de procéder sans appel d'offres, indique-t-on.

Dans un communiqué transmis en fin de journée lundi, l'ex-ministre de l'Environnement explique la tournure des événements par le fait que certains dossiers qu'il pilotait faisaient l'objet de frictions de plus en plus importantes au sein du gouvernement.

«Depuis trois ans, les lois et règlements environnementaux ont été appliqués de la même manière envers tout le monde — peu importe la taille de l'industrie, peu importe l'importance de l'exploitation agricole, peu importe l'influence de la ville. Malheureusement, depuis le mois d'août 2005, un certain nombre de dossiers spécifiques où nous avons appliqué cette approche a provoqué des confrontations internes», écrit-il.

Hier, le ministre Béchard s'est engagé à faire respecter les lois environnementales, sans passe-droit pour quiconque.

«On a des processus, on a des règles, on a des lois à suivre, et ces lois-là vont être suivies et moi je n'ai pas vu d'endroit où les lois et les processus n'ont pas été suivis. Je vais continuer à appliquer ces lois-là avec la même détermination que mes prédécesseurs», a-t-il soutenu.
 
 
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