Délégation du Québec à Paris - Wilfrid-Guy Licari entre en fonction

Paris — Deux mois après le départ de Clément Duhaime pour l'Organisation internationale de la Francophonie, l'ancien ambassadeur du Canada en Tunisie, Wilfrid-Guy Licari, lui a officiellement succédé cette semaine à la tête de la délégation générale du Québec à Paris.

Le nouveau délégué général devrait présenter ses lettres de créances au président Chirac dans les prochaines semaines.

M. Licari, dont la nomination a été vivement contestée par les souverainistes, n'a pas souhaité accorder d'entrevues pour marquer son entrée en fonction, préférant pour l'instant s'exprimer par voie de communiqué.

«C'est avec fierté et enthousiasme que j'accède à la fonction de représentant du Québec en France et que j'oeuvrerai, "en continuité avec" le travail de mes prédécesseurs, à l'épanouissement de la relation privilégiée entre le Québec et la France», a-t-il fait savoir.

Cette déclaration ressemble fort à une mise au point après les critiques soulevées par la décision du premier ministre Charest d'installer un diplomate fédéral de carrière au poste le plus important de la diplomatie québécoise.

«On ne peut pas baigner 30 ans dans la paranoïa fédérale pour ensuite mener le combat quotidien qui consiste à assurer la présence du Québec en France», avait notamment déclaré au Devoir l'ancienne ministre péquiste des Relations internationales, Louise Beaudoin.

Diplomate expérimenté, Wilfrid-Guy Licari est généralement présenté comme un ami de longue date de Jean Charest, dont il est aussi le représentant personnel, le «sherpa», auprès de la Francophonie. Le fait d'être perçu comme «l'homme du premier ministre» à Paris ne peut que lui faciliter la tâche, estime-t-on.

«On peut avoir des surprises, estimait récemment un habitué des réseaux franco-québécois. Le nouveau délégué est sous surveillance et il sait qu'il sera fortement critiqué s'il montre le moindre signe de faiblesse devant l'ambassade du Canada. Et on peut penser que Jean Charest, qui prétend défendre la place du Québec sur la scène internationale, lui a demandé de tenir son rang.»