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Propositions de Philippe Couillard pour le système de santé - Une opération cosmétique, selon Mario Dumont

L'ADQ refuse de suivre le ministre de la Santé, qui s'inspire du rapport Ménard

Robert Dutrisac   16 février 2006  Québec
Mario Dumont
Photo : Jacques Nadeau
Mario Dumont
Québec — Rappelant que 40 000 Québécois attendent toujours un traitement ou une chirurgie au-delà des délais jugés médicalement acceptables, le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, estime que «le système de santé est dans un cul-de-sac» et que les solutions avancées par le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, sont «cosmétiques».

Le ministre promet une garantie de soins pour certaines chirurgies mais veut avant tout entraîner les Québécois dans un débat sur le financement du système public de santé axé sur les recommandations du rapport Ménard, une voie impraticable pour l'ADQ.

C'est ce que Sylvie Roy, députée de Lotbinière et critique de l'ADQ en matière de santé et de services sociaux, a compris d'une conversation qu'elle a eue hier matin avec M. Couillard. Au cours d'un entretien téléphonique, le ministre a donné à la députée un aperçu du document de consultation de 70 pages qu'il rendra public ce matin, ce qu'il a aussi fait avec le député de Borduas et porte-parole pour la santé de l'opposition officielle, Jean-Pierre Charbonneau.

Au cours d'un point de presse auquel participait le chef de l'ADQ, Mario Dumont, Mme Roy a signalé que le document gouvernemental comprenait quatre axes: la prévention, l'efficacité du système, le financement, où le gouvernement revient avec les recommandations du rapport Ménard, et, enfin, la réponse à l'arrêt Chaoulli de la Cour suprême.

Déposé en juillet dernier, le rapport du Comité de travail sur la pérennité du système de santé et de services sociaux, présidé par le financier Jacques Ménard, recommandait la création d'un régime public d'assurance contre la perte d'autonomie pourvu par les contribuables, l'ouverture d'un compte santé et services sociaux distinct du fonds consolidé et une hausse de la taxe de vente du Québec (TVQ) — un point de pourcentage fournirait un milliard par an — pour renflouer ce compte santé.

Philippe Couillard proposera d'abolir l'interdiction de souscrire une assurance privée mais seulement avec des médecins qui ne participent pas au régime public et strictement pour les chirurgies de remplacement de la hanche ou du genou visées par l'arrêt Chaoulli. En ce sens, M. Couillard s'en tient à une interprétation très restrictive de la décision de la Cour suprême.

Le régime public assurerait une garantie de soins pour toute personne dont la vie serait en danger (chirurgies cardiaques, traitement anticancer, etc.) de même qu'une garantie d'accès pour les chirurgies de remplacement de la hanche ou du genou ainsi que des cataractes. Les patients pourront aller se faire soigner dans une clinique privée affiliée mais le régime public paiera la note.

C'est très loin du modèle que préconise l'ADQ. Pour Mario Dumont, le système de santé a besoin d'«argent neuf», qui ne saurait provenir de hausses de taxes. Les Québécois doivent pouvoir payer pour obtenir leurs soins et souscrire des assurances. Les médecins pourraient travailler à la fois dans le système public et le secteur privé. «On manque de médecins, on manque d'argent, mais on se prive d'utiliser pleinement nos médecins, puis on se prive d'argent que des gens seraient prêts à investir. Il me semble que ça plaide en faveur du genre d'ouverture que l'ADQ met en avant», a fait valoir Mario Dumont.
 
 
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  • jacques legault
    Inscrit
    jeudi 16 février 2006 09h46
    Pour qui veut-on changer le système de santé ?
    Je suis de ceux qu'on appelle de la classe moyenne, ce qui veut dire que je paie toujours. Imaginez le système de santé à deux vitesses. Les pauvres (probablement moins de 30,000$ de revenu familial) pourront avoir accès au système sans que ça leur coûte un sous. Les gens à l'aise pourront se payer une assurance au cas ou il y aurait problème. Et la classe moyenne ? Aura-t-elle les moyens de se payer des assurances ? Les gens agés seront-ils assurables,même s'ils en ont les moyens ?

    Qu'on le veuille ou le veuille pas, tout système de santé non universel crée deux sortes de soutien face au système ? De plus, qui nous dit que ceux qui n'en ont pas les moyens ne seront pas tentés`de s'endetter pour ce faire soigner plus rapidement ?
    Et à qui profitera ce système ? Ça ne nous donnera pas plus de docteurs ou d'indirmières, sinon moins dans le secteur public.

    À mon avis,ça profitera aux médecins pour qui l'argent est l'objectif principal. Si il y a d'autres raisons, j'aimerais qu'on me le prouve.

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