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Ligne ouverte à CJAD - Dumont refuse toute étiquette

Québécois ou Canadien? Souverainiste ou fédéraliste? Les anglophones n'ont pas eu réponse à leurs questions.

28 septembre 2002  Québec
Les auditeurs de la station de radio anglophone CJAD ont bien essayé de le cuisiner sur tous les tons, mais le chef de l'ADQ, Mario Dumont, n'a jamais dit s'il était fédéraliste ou souverainiste. Il n'a pas choisi entre le Canada ou le Québec. Il dit refuser ces étiquettes.

«Oui, ma nation est le Québec et je vis dans un pays qu'on appelle le Canada. Et je n'ai pas de problème avec ça.» Il a même admis se sentir «plutôt nord-américain» quand il voyage à l'étranger. Selon lui, «la notion d'appartenance est devenue plus compliquée aujourd'hui qu'elle ne l'était il y a plusieurs années» et il faut cesser de s'arrêter à ces étiquettes politiques pour plutôt se concentrer sur la prospérité du Québec.

À un auditeur qui insistait pour savoir s'il considérait Québec ou Ottawa comme sa capitale nationale, il a clairement répondu qu'il considérait Québec comme sa capitale nationale. Toutefois, il s'est empressé d'ajouter: «Il faut faire attention avec ce que j'appelle des tests sanguins», faisant ainsi référence à des tests pour vérifier l'authenticité de l'appartenance d'un individu.

M. Dumont a cité le cas des membres de communautés culturelles de Montréal qui restent tout de même attachés à leur pays d'origine, parce que cela fait partie de leur culture. À un auditeur qui lui demandait s'il serait prêt à planter le drapeau du Canada à l'Assemblée nationale à Québec, Mario Dumont a simplement répliqué: «Mes batailles ne porteront pas sur les drapeaux.»

À ceux qui évoquaient le fait que sa position face à la question nationale n'était pas claire à leurs yeux, qu'ils ne parvenaient pas à savoir s'il était fédéraliste ou souverainiste, Mario Dumont a répondu que son message était clair à ses yeux: «Ceux qui veulent encore plus de batailles constitutionnelles, ils ont deux partis qui excellent à faire cela», qu'ils ne votent pas pour l'ADQ. Ce parti, a-t-il répété, ne veut pas tenir de référendum, ne veut plus ressasser ce qu'il appelle les vieux débats et veut se consacrer à travailler à la prospérité du Québec.

Le chef adéquiste a aussi eu droit aux traditionnelles questions linguistiques, sur «la police de la langue qui continue à harceler les entreprises, particulièrement les petites entreprises», comme le disait une auditrice. M. Dumont a répondu que le gouvernement du Parti québécois s'affairait déjà à diminuer le recours à de telles méthodes. «C'est une bonne orientation de sa part», a affirmé M. Dumont. Il a ajouté qu'il s'agissait là d'une autre question propre à diviser les gens qui ne ferait pas partie des priorités de l'Action démocratique.

Interrogé sur la question de savoir quelle était sa priorité ultime, M. Dumont a répondu prestement: «le vieillissement de la population», à cause de ses conséquences sur le remboursement de la dette et sur la capacité des jeunes générations de payer pour la croissance des coûts des soins de santé.
 
 
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