Formule E: les créances atteignent 18 millions

Montréal c’est électrique a annoncé lundi dernier qu’elle cessait ses opérations à la suite de la décision de l’administration de Valérie Plante de ne plus présenter de course de Formule E à Montréal.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Montréal c’est électrique a annoncé lundi dernier qu’elle cessait ses opérations à la suite de la décision de l’administration de Valérie Plante de ne plus présenter de course de Formule E à Montréal.

Le bilan de faillite de Montréal c’est électrique (MCE), l’organisme qui a présenté la course de Formule électrique dans les rues de Montréal l’été dernier, montre que les sommes dues aux créanciers atteignent plus de 18 millions de dollars.

 

Selon les documents publiés par le syndic PricewaterhouseCoopers, la réclamation de Formula E Operations pour les droits de course et autres services se chiffre à 9,8 millions alors que celle du promoteur Evenko s’élève à 1 million. Tant Evenko que Formula E Operations apparaissent comme des créanciers non garantis.

 

Le bilan de faillite indique par ailleurs une créance de 7,3 millions pour la Ville de Montréal, dont seulement 161 000 $ sont garantis. Au cabinet de la mairesse Valérie Plante, on assure toutefois qu’il s’agit d’une erreur et que la totalité des 7,3 millions est garantie.

 

Le total des créances, qui incluent celles de la Caisse Desjardins (1 $) et de Visa Desjardins (1 $), atteint donc 18,16 millions.

 

MCE présente toutefois un maigre actif de 461 500 $, dont 300 000 $ en comptes clients.

 

Déficit de 13,55 millions

 

Lors du dépôt du bilan annuel de ses opérations lundi dernier, MCE avait fait état d’un déficit de 13,55 millions constitué d’une marge de crédit non comblée de 6,65 millions, ainsi que de comptes à payer de quelque 6,9 millions, dont environ 600 000 $ à Evenko et 6,3 millions à Formula E Operations.

 

L’organisme sans but lucratif précisait alors que ces montants n’incluaient pas les dettes potentielles pour les éditions 2018 et 2019 de l’événement, les contrats pour la Formule E étant d’une durée de trois ans.

 

Le Devoir a tenté d’obtenir des précisions au sujet des écarts constatés entre les montants figurant au bilan de faillite déposé au syndic et ceux dévoilés dans le bilan effectué par MCE. Mais ni le syndic ni MCE n’ont rappelé Le Devoir.

 

L’avocat représentant Formula E Operations à Montréal n’a pas voulu commenter le dossier.

 

Me Louis-Martin O’Neill a cependant précisé que les véritables montants réclamés par le promoteur international de la Formule E à Londres seraient connus lors du dépôt de la preuve de réclamation, soit avant la tenue de l’assemblée des créanciers prévue pour le 23 février.

 

De son côté, le porte-parole d’Evenko n’a pas été en mesure de donner davantage de précisions au sujet des chiffres figurant au bilan de faillite.

 

Une facture salée ?

 

Rappelons que Montréal c’est électrique a annoncé lundi dernier qu’elle cessait ses opérations à la suite de la décision de l’administration de Valérie Plante de ne plus présenter de course de Formule E à Montréal.

 

Pour expliquer son bilan financier négatif, l’organisme avait notamment indiqué avoir reçu moins de subventions que ce qu’avait promis l’administration de Denis Coderre, soit 3,45 millions au lieu de 11,55 millions.

 

Valérie Plante a affirmé qu’elle tenterait d’éviter aux Montréalais une facture salée. « Je vais tout faire pour que les Montréalais ne paient pas davantage pour ce fouillis-là », a-t-elle dit. La mairesse a soutenu que les ententes contractuelles conclues par MCE avec les promoteurs de la Formule E n’impliquaient pas la Ville et que le dossier était entre les mains du syndic.

 

La mairesse a cependant confirmé que MCE et la Ville de Montréal avaient reçu une mise en demeure de la part de Formula E Operations qui réclamait son dû.