Formule E: Plante cherche un moyen d'éviter la facture

Par voie de communiqué, Montréal c’est électrique a fait savoir que l’événement avait coûté 20,5 millions de dollars.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Par voie de communiqué, Montréal c’est électrique a fait savoir que l’événement avait coûté 20,5 millions de dollars.

Aux prises avec un déficit de 13,55 millions de dollars, l’organisme Montréal c’est électrique (MCE), qui avait organisé la course de Formule E en juillet dernier dans les rues du centre-ville, a mis fin à ses activités. Qui paiera la note ? La mairesse Valérie Plante affirme qu’elle tentera d’épargner aux Montréalais des dépenses supplémentaires dans cette aventure.

 

En décembre dernier, la mairesse Valérie Plante avait qualifié l’événement de « fiasco financier » et avait décidé que la course ne reviendrait plus dans les rues de Montréal en 2018 ni en 2019, malgré l’entente de trois ans conclue avec Formula E Operations. À l’époque, il était question d’une dette de 6,2 millions pour des factures impayées et d’une marge de crédit utilisée jusqu’à 9,5 millions.

 

Dans son rapport financier déposé lundi, l’organisme sans but lucratif précise que l’événement a coûté 20,5 millions, soit 1,7 million de moins que le budget approuvé, et qu’il a généré des revenus de 3,5 millions, soit 600 000 $ de moins que prévu.

 

L’organisme signale aussi avoir reçu moins de subventions que ce qu’avait promis l’administration de Denis Coderre, soit 3,45 millions au lieu de 11,55 millions. Ainsi, la subvention espérée de 4 millions du gouvernement du Canada ne s’est jamais matérialisée. Celle du gouvernement du Québec s’est limitée à 1,4 million alors que 4 millions étaient attendus.

15 000
C'est le nombre de billets qui ont réellement été achetés par le public pour l'événement, sur un total de 45 000 billets.
 

Le déficit de 13,55 millions est constitué d’une marge de crédit non comblée de 6,65 millions, ainsi que des comptes à payer de quelque 6,9 millions, dont environ 600 000 $ à Evenko et 6,3 millions à Formula E Operations pour les droits de course, les services et le transport des équipements. Tous les autres fournisseurs ont été payés, a précisé MCE.

 

Les billets

 

MCE met aussi au clair la question des billets. Ainsi, sur les 45 000 billets disponibles pour l’événement, seuls 15 000 ont été réellement achetés par le public — une « réussite », estime MCE, en soulignant que six mois avant la mise en vente des billets, l’événement était quasi inconnu du public.

 

L’organisme reconnaît que la décision initiale de ne pas dévoiler le nombre de billets vendus a pu « nuire à la perception publique de l’événement ». Mais sur le plan financier, la vente de tous les billets aurait rapporté moins d’un million, a-t-on souligné.

 

« Malheureusement, l’événement a été fortement politisé en cette année électorale 2017, ce qui a occulté les nombreux succès obtenus par MCE », souligne l’organisme dans son rapport.

 

Le conseil d’administration de MCE, présidé par Sylvain Vincent, a remis sa démission et le directeur général a été licencié après le dépôt des états financiers. MCE, qui ne détient aucun actif, a donc annoncé la fin de ses opérations, laissant un trou financier de 13,55 millions.

 

Formula E Operations a déjà fait parvenir à MCE ainsi qu’à la Ville de Montréal une mise en demeure pour réclamer son dû.

Pour l’instant, il n’est pas question pour Montréal d’assumer quelque dépense que ce soit

 

« Limiter les dégâts »

 

Valérie Plante estime que les Montréalais n’ont pas à payer les pots cassés.

 

« C’est le syndic de faillite qui a ça entre les mains. Les ententes contractuelles étaient entre MCE et l’organisation de la Formule électrique [Formula E Operations] », a-t-elle fait valoir lors d’une mêlée de presse.

 

« Montréal n’a jamais rien eu à voir avec les ententes contractuelles. Pour l’instant, il n’est pas question pour Montréal d’assumer quelque dépense que ce soit. »

 

« Je vais tout faire pour que les Montréalais ne paient pas davantage pour ce fouillis-là. Je pense que c’est assez clair qu’on s’est retrouvés à devoir financer un projet qui, à la base, avait été mal attaché », a-t-elle ajouté en évoquant les partenaires des autres ordres de gouvernement qui n’ont pas apporté l’aide financière espérée.

 

C’est pourtant la Ville de Montréal qui a créé l’OBNL Montréal c’est électrique avec pour mandat d’organiser la course et de faire la promotion des transports électriques.

 

Outre la marge de crédit de 10 millions, Montréal a investi 24 millions pour la tenue de l’événement. Une somme de 4,5 millions a été dépensée pour l’asphaltage des rues où la course s’est déroulée.

 

L’achat de murets de béton a coûté 7,5 millions, mais ceux-ci pourraient être utilisés à d’autres fins. Le mois dernier, la mairesse a suggéré que ces murets servent de digues lors d’inondations.

 

Quant au contrat pour le montage et le démontage des équipements, il s’élevait à 9 millions sur trois ans. Montréal a aussi payé 1,5 million pour le premier versement des droits de la course.

 
3 commentaires
  • Michel Bouchard - Abonné 5 février 2018 13 h 27

    Rendons à César ce qui appartient à César.....

    et demandons à l'ancien Maire Coderre de rembourser cette facture de 13.55 $ millions. Après tout, c'est lui qui la voulait cette course !

    • Solange Bolduc - Abonnée 5 février 2018 16 h 21

      C'est aussi pour cela qu'il refusait durant la campagne de nous dévoiler certains frais associés à la Formule E, en plus d'offrir tant de billets gratuits aux contribuables !

      Le cher Coderre, notre Bulldozer national, a perdu sur toute la ligne, en plus de s'enrichir ou enrichir ses petits amis, probablement ?

      Le peupe a vu clair , mais qui va payer la note exhorbitante !

    • Marguerite Paradis - Abonnée 5 février 2018 16 h 33

      Je signe cette pétition!