Montréal pourrait revoir sa politique de déneigement

Les amas de neige dans les rues de la métropole se sont transformés en glace. Les niveleuses et autres chasse-neige s’y sont attaqués lundi, mais les bris d’équipement pourraient être nombreux.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les amas de neige dans les rues de la métropole se sont transformés en glace. Les niveleuses et autres chasse-neige s’y sont attaqués lundi, mais les bris d’équipement pourraient être nombreux.

Après avoir fait son mea culpa concernant sa décision de ne pas lancer une opération de chargement de neige la semaine dernière, l’administration de Valérie Plante envisage de revoir la politique de déneigement instaurée par l’ex-maire Denis Coderre il y a trois ans.

Nadya Mirarchi se souviendra longtemps de l’épisode de verglas de la semaine dernière. Alors qu’elle venait de quitter son domicile du quartier Rivière-des-Prairies jeudi dernier, elle a glissé sur le trottoir et s’est fracturé la cheville. Sa mésaventure lui a finalement valu deux voyages en ambulance, car elle a dû à nouveau se rendre à l’hôpital dimanche en raison de saignements provenant de sa blessure.

« Ils n’ont pas mis de sel ou d’abrasifs depuis mardi dernier même si on a fait plusieurs plaintes. Les ambulanciers ont été obligés de mettre du sel qu’ils avaient dans leur propre véhicule », a-t-elle raconté au Devoir.

Mère de deux jeunes enfants, elle s’attend à devoir subir des traitements de physiothérapie pendant des mois et compte bien intenter des recours contre la Ville.

Urgences-santé a d’ailleurs signalé avoir eu à traiter une quarantaine de cas de chute sur les trottoirs durant la fin de semaine.

Anjou déneige

Le responsable des services aux citoyens, Jean-François Parenteau, a admis avoir fait une erreur en ne décrétant pas de chargement de neige la semaine dernière. Il comptait sur le redoux annoncé pour faire fondre la neige, mais celui-ci a été moins important que prévu.

Cette décision n’est pas liée à une question de coût, a-t-il affirmé : « Ce n’est jamais une question de budget. La neige va tomber à Montréal et on va continuer à l’enlever. Il n’y aura jamais de négligence quant à la sécurité des citoyens. »

Rappelons que chaque chargement coûte entre 15 et 20 millions de dollars.

Selon lui, les écarts de température ont joué de mauvais tours à la Ville. « Je pense qu’on est excessivement bons à Montréal pour ramasser de la neige, mais pour gérer les épisodes de glace et de redoux, je crois qu’on a encore de l’amélioration à faire », a-t-il dit.

Depuis que l’administration de l’ex-maire Denis Coderre a révisé les règles de déneigement en 2015, il revient à la ville-centre de décréter le lancement du chargement de la neige.

Le maire d’Anjou, Luis Miranda, a fait fi de la décision de la ville-centre et il a lancé une opération de chargement dans son arrondissement mercredi dernier.

« J’ai donné une directive de procéder à un chargement parce que je suis responsable de la sécurité de mes citoyens », a-t-il confié au journal Le Flambeau. « On a déjà reçu une lettre [de la ville-centre] où on me tape sur les doigts, je m’en fous. » Selon lui, l’expérience de cette semaine démontre que la politique de déneigement n’est pas efficace.

Cette politique peut être modifiée, a reconnu Jean-François Parenteau qui entend rencontrer, dans les prochaines semaines, les maires de tous les arrondissements pour parler du dossier. « Je veux entendre ce qu’ils ont à dire et étudier les meilleures pratiques », a-t-il indiqué au Devoir. Si de nouvelles règles devaient être mises en place, elles ne seraient en vigueur que l’hiver prochain.

7 commentaires
  • Louise Collette - Abonnée 30 janvier 2018 07 h 06

    Article

    À lire cet article on pourrait croire que la neige est un phénomène nouveau à Montréal... et que franchement on ne sait pas quoi faire avec ça.
    Quant la neige s'amoncelle on l'enlève, point barre ! On n'attend pas ceci ou cela de la part de la météo, qui peut être assez capricieuse, ça non plus ce n'est pas nouveau.
    Nous sommes gouvernés à la petite semaine pour reprendre l'expression de René Lévesque.

    • Christiane Gervais - Abonnée 30 janvier 2018 09 h 06

      Un redoux en janvier n'annonce pas le printemps, ni la fonte des neiges, même à Montréal....

    • Lise Falardeau - Abonnée 30 janvier 2018 12 h 32

      Après un budget critiqué, voilà que Valérie Plante se fiait au redoux pour ne pas avoir à payer pour le déneigement. Avait-elle considéré les conséquences que pouvaient avoir cette mauvaise décision sur la sécutité des contribuables ? Sans doute pensait-elle bien faire, nonobstant, elle s'attira plusieurs critiques, encore une fois. C'est triste mais de mon avis, madame Plante n'a ni l'expérience, ni la maturité pour diriger une ville de l'ampleur de Montréal.

  • Nicolas Thibodeau - Abonné 30 janvier 2018 12 h 19

    Dépolitisons la neige...

    J'aimerais bien qu'on enlève la responsabilité du déneigement aux politicien.nes. Il me semble que leur temps serait mieux investit ailleurs qu'à répondre aux aléas de la météo...

    • Michel Sirois - Abonné 30 janvier 2018 20 h 03

      je vote pour cela. Bonne idée!

  • Yvon Hachey - Abonné 30 janvier 2018 13 h 12

    Notre responsabilité

    C'eut été d'aller voter lors des élections municipales, seulement 42,5% des électeurs inscrits sont allés votés. Depuis, nous avons eu droit à une augmentation de taxes municipales résidentielles bien au-delà du taux d'inflation et une décision de retarder l'enlèvement de la glace, et peut-être une négligence de répandre des abrasifs sur les trottoirs, comme ça c'est déjà vu dans certains arrondissements cultes. Bravo, en tout les cas, au maire d'Anjou, pour son sens des responsabilités et de son initiative.

  • Michel Sirois - Abonné 30 janvier 2018 14 h 19

    Est-ce que

    M. Parenteau «entend» inviter M. Miranda à ce conciliabule? M. Parenteau pourrait en profiter pour faire bénéficier tout le monde de l'excellent entretien de «ses» pistes cyclables?