Des élus montréalais demandent une révision bonifiée du système de rémunération

Les maires d’arrondissement et les conseillers ont droit à un salaire de base qui peut être bonifié s’ils siègent à d’autres instances.
Photo: iStock Les maires d’arrondissement et les conseillers ont droit à un salaire de base qui peut être bonifié s’ils siègent à d’autres instances.

Les élus montréalais verront leur salaire gelé en 2018, mais certains d’entre eux croient qu’il serait temps de revoir le système de rémunération des maires et des conseillers à la Ville de Montréal.

Le conseil municipal a approuvé, lundi en assemblée, le règlement proposé par l’administration de Valérie Plante décrétant un gel des salaires pour les 103 élus pour l’année en cours.

Comme son prédécesseur, Valérie Plante touchera une rémunération de 168 029 $ en 2018. De leur côté, les maires d’arrondissement et les conseillers ont droit à un salaire de base qui peut être bonifié s’ils siègent à d’autres instances, comme au conseil d’agglomération ou à une commission.

À titre d’exemple, un conseiller de la Ville reçoit un salaire de base avoisinant les 54 000 $ alors qu’un conseiller d’arrondissement touche entre 30 000 $ et 40 000 $.

Certains plafonds sont cependant imposés s’ils cumulent plusieurs fonctions. Les élus bénéficient également d’une allocation de dépenses non imposable de 16 476 $.

Hausse justifiée

Vétéran au conseil municipal, le conseiller Marvin Rotrand juge que la Ville devrait revoir à la hausse les salaires pour certains postes.

« Je sais que ce n’est pas populaire de dire que les élus devraient avoir plus d’argent. Habituellement, les gens disent que les politiciens ne travaillent pas et sont surpayés. Mais ce n’est pas du tout le cas. La majorité de mes collègues sont des personnes dédiées », a-t-il expliqué lundi soir lors de l’assemblée du conseil municipal.

Il a proposé que la Commission de la présidence soit saisie de ce dossier et fasse des propositions à l’administration.

Des membres du comité exécutif, qui assument des responsabilités plus lourdes que des dirigeants d’entreprise, touchent des salaires bien inférieurs à ceux-ci, croit pour sa part le conseiller Richard Deschamps.

Le conseiller dans LaSalle a aussi dénoncé la pénalité imposée aux élus en cas d’absence non motivée au conseil municipal.

« Je ne suis pas contre le fait d’être pénalisé. Je suis contre le fait qu’on ait augmenté cette pénalité à 250 $ sous l’ancienne administration. Je trouve que c’est exagéré », a-t-il dit.

Réflexion

Responsable du dossier de la gouvernance et de la démocratie au comité exécutif, Laurence Lavigne Lalonde a pris note des revendications de ses collègues.

« Il fallait qu’on prenne une décision assez rapidement pour cette année, mais on comprend le questionnement que vous avez», a-t-elle dit.

«On ne voulait pas arriver et faire sauter les plafonds [salariaux]. La mairesse aurait gagné plus de 300 000 $ du jour au lendemain. Alors, on s’est dit qu’on garderait le statu quo cette année, mais on n’est pas du tout contre une réflexion sur la rémunération des élus. »

Rappelons que la Loi sur l’autonomie municipale adoptée l’an dernier par l’Assemblée nationale a éliminé les plafonds salariaux pour les élus municipaux.

La délicate question de la rémunération des élus survient alors que le conseil municipal sera appelé à voter, mercredi, l’adoption du budget qui impose des hausses de taxes moyennes de 3,3 % aux Montréalais.

On apprenait aussi lundi que les élus ayant quitté la vie politique ou perdu leurs élections avaient touché des allocations de départ et de transition totalisant près de 4 millions de dollars.

2 commentaires
  • Marc Davignon - Abonné 24 janvier 2018 08 h 34

    Ceci se passe de commentaire!

    Pourquoi le bon peuple manifeste-t-il?

    Il n'y a plus de pain, votre majesté!

    Alors, qu'ils mangent de la galette!

  • Claude Gélinas - Abonné 24 janvier 2018 12 h 58

    L'assiette au beurre !

    Et si l'on profitait des modifications à la Loi pour diminuer à l'instar de la Ville Reine le nombre d'élus de même que le nombre d'agglomérations sans oublier de réduire les traitements et les paies de séparation pour les élus à temps partiel.