Refonte majeure du réseau d’autobus de la STM

Des circuits d’autobus pourraient être revus en fonction notamment des données d’achalandage et des demandes de la clientèle.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Des circuits d’autobus pourraient être revus en fonction notamment des données d’achalandage et des demandes de la clientèle.

La Société de transport de Montréal (STM) a confirmé qu’elle lancera, en 2018, une opération majeure de refonte de son réseau d’autobus. L’ensemble des circuits sera passé au peigne fin et des consultations seront menées sur tout le territoire.

 

« Ça fait 25 ans que je suis à la STM. On n’a jamais fait ça », a indiqué le directeur général de la société de transport, Luc Tremblay, à l’issue de la présentation du budget 2018 de la STM devant la Commission des finances.

 

La consultation débutera plus tard cette année auprès des arrondissements et des villes liées, ainsi qu’auprès des chauffeurs. La STM mènera cet exercice dans le contexte du déploiement du Réseau électrique métropolitain (REM), du prolongement de la ligne bleue du métro et de l’arrivée de 300 nouveaux autobus hybrides attendus d’ici 2020.

 

Des circuits d’autobus pourraient être revus en fonction notamment des données d’achalandage et des demandes de la clientèle. « On veut être certains qu’on déploie nos bus aux bons endroits avec une fréquence respectable et raisonnable », a commenté le président du CA de la STM, Philippe Schnobb.

 

Arrêts de service

 

L’année 2017 pourrait être une année record pour la STM en ce qui a trait au nombre d’arrêts de service.

 

Les données définitives pour l’année ne sont pas encore connues, mais entre janvier et septembre 2017, la STM avait comptabilisé 858 interruptions de service de cinq minutes et plus, soit 32 % de plus que pour la même période l’année précédente. Luc Tremblay signale toutefois que l’achalandage a aussi augmenté dans le réseau.

 

La STM estime que sa performance est enviable. Le Collège de Londres a comparé plusieurs réseaux dans le monde et évalue à treize le nombre d’arrêts de service par million de kilomètres parcourus dans le métro de Montréal, contre une moyenne de vingt-trois arrêts pour l’ensemble des villes.

 

Selon la STM, plus de 50 % des arrêts sont attribuables à la clientèle. Pour réduire les incidents, la STM a d’ailleurs augmenté de 40 % le nombre d’employés sur les quais depuis deux ans et demi.

 

Elle prépare aussi une campagne de publicité radio et télé destinée aux usagers : « On veut sensibiliser les gens au fait qu’ils ont une grande part de responsabilité dans la fiabilité du métro », a dit M. Tremblay.

On veut être certains qu’on déploie nos bus aux bons endroits avec une fréquence respectable et raisonnable

 

Le gravier

 

Au sujet des portes des voitures de métro Azur qui bloquent à cause des abrasifs, comme le révélait Le Devoir vendredi, Luc Tremblay a qualifié de « très, très bénin » ce problème. Bombardier-Alstom a d’ailleurs trouvé la solution pour y remédier.

 

« C’est quelque chose qu’on a vécu dans le passé avec les MR-63 et les MR-73. Il s’agit juste de trouver la méthode pour le corriger », a dit Luc Tremblay.

 

Ascenseurs et bus climatisés

 

La STM poursuivra la construction d’ascenseurs dans ses stations de métro. À l’heure actuelle, 13 stations sont dotées d’ascenseurs, mais selon les plans de la STM, 41 stations en auront d’ici 2025.

 

La STM augmentera aussi le nombre d’autobus climatisés dans sa flotte et en recevra 100 en 2018.

 

« Plus le temps passera, plus ce sera exceptionnel de tomber sur un bus où il n’y a pas d’air conditionné », a fait valoir Philippe Schnobb.

 

Des marches musicales ?

 

Le vice-président de la Commission des finances, Alan DeSousa, a suggéré aux dirigeants de la STM d’envisager l’installation d’escaliers musicaux dans le métro, comme l’ont fait d’autres villes, dont Rennes et Santiago : « La Ville de Montréal tente d’inciter les citoyens à rester en forme. Les coûts des marches musicales sont minimes. »

 

« Ça peut poser des enjeux du point de vue du son et de la sécurité. C’est pour ça qu’il faut regarder ça de façon sérieuse », a répondu Philippe Schnobb.

 

La Commission des finances, qui a fait l’étude du budget de la Ville et de ses services toute la semaine, adoptera lundi les recommandations qu’elle compte soumettre à l’administration Plante.

4 commentaires
  • Louise Lecavalier - Abonnée 20 janvier 2018 09 h 49

    Escaliers musicaux ???

    Avant d’envisager l’installation d’escaliers musicaux dans le métro, est-ce qu'on peut juste s'assurer que les escaliers fonctionnent normalement.

    • Pierre Robineault - Abonné 21 janvier 2018 10 h 38

      Il ne s'agissait pas d'escaliers mobiles, mais fixes. À chaque pas de montée ou de descente, le son d'une note se fait entendre. Deux problèmes, cacophonie lorsqu'il y a foule, et notre climat durant notre hiver bottes aux pieds.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 20 janvier 2018 10 h 57

    Les mille pannes annuelles

    Se basant sur une étude du ‘Collège de Londres’, la STM estime qu’elle fait mieux que la moyenne à ce chapitre. Conséquemment, elle n’a aucun plan de réduction des pannes. Aucun objectif. Aucune cible.

    Il semble qu’on se base sur ceci :
    http://content.tfl.gov.uk/rup-20160224-part-1-item

    Ainsi, Montréal se compare avantageusement au métro de Londres, inauguré en 1863, au vieux métro sale de New York, inauguré en 1904, et à différents métros dont les dates d’inauguration ne sont pas précisées.

    J’ai eu l’occasion de prendre des vacances de trois semaines dans chacune des villes suivantes sans être affecté par une seule panne : Barcelone, Berlin, Lisbonne, Paris, Porto, Prague, Shanghai et Vienne.

    Si la seule ambition des dirigeants de la STM est de faire mieux que différents métros vétustes à travers le mode, permettez-moi de dire qu’elle manque d’ambition.

    Depuis des années, il y a environ mil pannes, soit une moyenne de trois par jour. Les interruptions de plus d’une heure ont augmenté de 52% en 2016. Les pannes de plus de cinq minutes ont augmenté de 31% en 2017.

    Si on veut que les Montréalais abandonnent l’auto pour le transport en commun, il faudra augmenter sa fiabilité. Pour ce faire, il serait temps que les nouveaux dirigeants de la ville obligent la STM à se doter d’une politique de réduction des pannes plutôt que de se satisfaire de la médiocrité du service qu’elle donne présentement.

  • David Huggins Daines - Abonné 20 janvier 2018 20 h 31

    L'autobus, ce mal-aimé

    C'est une très bonne nouvelle que la STM souhaite repenser au complet son réseau d'autobus. Le service actuel n'est pas si pire que ça par rapport à plusieurs villes que j'ai visité ou habité mais il n'a pas suivi l'évolution des meilleures pratiques qu'on trouve ailleurs - comme à Laval, par exemple, où on vient de systématiquement déplacer tous les arrêts d'autobus pour optimiser l'embarquement!

    Surtout il y a plusieurs lignes d'autobus, pourtant très achalandées, comme la 51, qui sont dessinées de manière qu'il soit impossible d'y fournir un service fiable, et plusieurs autres qui desservent des quartiers denses mais qui sont presque inutiles hors des heures de pointe car elles passent si rarement.

    C'est important d'avoir un métro moderne et fiable mais par souci d'équité il faut d'abord des autobus fiables, fréquents, et accessibles à tout le monde. Habiter proche du métro est devenu que beaucoup de personnes ne peuvent plus se payer...