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    Valérie Plante met fin à la Formule E à Montréal

    La mairesse qualifie l’événement de course automobile électrique de «fiasco financier»

    19 décembre 2017 |Jeanne Corriveau | Montréal
    Selon la mairesse Valérie Plante, l’administration Coderre savait depuis des mois que MCE n’avait pas suffisamment de subventions et de commandites.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Selon la mairesse Valérie Plante, l’administration Coderre savait depuis des mois que MCE n’avait pas suffisamment de subventions et de commandites.

    Qualifiant l’aventure de la Formule électrique de « fiasco financier », Valérie Plante a mis fin à la tenue de l’événement à Montréal. Mais la mairesse a dit ignorer combien coûteront les pénalités aux contribuables montréalais.

     

    Bien avant la tenue de la course en juillet dernier, Montréal c’est électrique (MCE) était en difficulté financière. Faute de liquidités, l’organisme sans but lucratif créé par l’administration Coderre avait entamé la marge de crédit de 10 millions consentie par la Ville, a indiqué Valérie Plante lundi.

     

    Selon la mairesse, l’administration Coderre savait depuis des mois que MCE n’avait pas suffisamment de subventions et de commandites. « Il est devenu clair, dès le mois de mai dernier, que l’organisation se dirigeait tout droit vers un fiasco financier », a-t-elle dit.

     

    Des dettes

     

    MCE traîne des factures non payées totalisant 6,2 millions, mais l’administration s’attend à ce que, d’ici la fin de l’année, une somme de 1,6 million entre dans les coffres de l’organisme.

     

    « Afin de mettre fin à l’hémorragie », l’administration Plante a plafonné la marge de crédit à 9,5 millions, sur les 10 millions prévus. Elle a examiné trois scénarios dont le déménagement de la course au circuit Gilles-Villeneuve, mais cette option n’a pas été retenue en raison des travaux prévus dans les paddocks l’été prochain.

     

    Construire un circuit ailleurs en ville aurait été trop coûteux et la suspension pendant un an de l’événement a été rejetée par Formula E Operations (FEO), a avancé Mme Plante.

     

    Estimant que la facture totale aurait atteint 30 à 35 millions si une course avait été présentée en 2018, l’administration Plante a décidé de mettre fin au contrat de trois ans.

     

    La mairesse a cependant été incapable de dire quelle pénalité pourrait être imposée à MCE et si la Ville allait éventuellement récolter la facture.

     

    « Tous les contrats ont été signés entre Montréal c’est électrique et la Formule E. Il n’y a aucun contrat qui lie la Ville à Montréal c’est électrique », a affirmé la mairesse qui a qualifié le montage financier élaboré par l’administration précédente d'« irréaliste, déconnecté, voire douteux ».

     

    Le rapport financier de MCE sera déposé dans les prochaines semaines, a précisé la mairesse.

     

    Rappelons qu’en campagne électorale, Valérie Plante avait promis que la course ne reviendrait pas dans les rues du centre-ville compte tenu des multiples impacts subis par les résidents et les commerçants du secteur.

     

    Pénalités inconnues

     

    De son côté, MCE soutient que les frais de pénalité seront négociés à partir des droits de course non payés.

     

    Selon l’administration, ces droits atteignent 4,8 millions $US par course. En plus des coûts pour les deux courses de 2018 et de 2019, une somme est encore due pour celle de 2017.

     

    « Le contrat avec la FEO a été négocié par le cabinet du maire, en collaboration avec les avocats de la Ville. MCE a été créé et impliqué à la toute fin du processus », a fait valoir l’organisme.

     

    « C’est aussi le cabinet du maire qui était entièrement responsable des subventions, tandis qu’Evenko était responsable des commandites commerciales. »

     

    Hydro-Québec, qui avait versé 850 000 $ pour l’événement en 2017, avait déjà décidé de mettre fin à son association avec la Formule E. L’achalandage sur le site (44 420 personnes au lieu de 90 000) et le rayonnement international (15,4 millions de téléspectateurs au lieu de 37 millions) ayant été jugés insuffisants.

     

    Les dettes de MCE atteignent 13,55 millions et seraient attribuables en partie aux subventions qui ne se sont jamais concrétisées, a indiqué l’organisme. Des 11,55 millions promis, seulement 3,45 ont été versés, a souligné MCE.

     

    Rappelons que le Bureau de l’inspecteur général de Montréal et la vérificatrice générale de la Ville ont entrepris d’examiner l’octroi de contrats dans ce dossier.

     

    L’opposition approuve

     

    Le chef de l’opposition, et membre de l’administration Coderre, Lionel Perez, estime que, dans les circonstances, Valérie Plante a pris la bonne décision même s’il lui reproche d’avoir omis de s’informer sur les coûts de l’annulation des courses : « Si ces chiffres sont véridiques, on pense que la décision d’annuler la Formule E pour l’année prochaine est justifiée. »

     

    M. Perez indique qu’il ignorait la situation financière de MCE même s’il faisait partie du comité exécutif qui a approuvé des investissements de 24 millions pour cet événement.

     

    « Les contrats ont été accordés bien en amont de la tenue de l’événement, deux mois avant la course. Le cautionnement de 10 millions a été fait en décembre 2016 », a-t-il rappelé.


    Financement de la FE à Montréal Ville de Montréal : 24 millions et marge de crédit de 10 millions

    Gouvernement du Québec : 1,5 million

    Gouvernement du Canada : prêt de 1,75 million

    Hydro-Québec : subvention de 850 000 $












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