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    Couillard condamne les propos d’un gérant d’Adidas de Montréal

    24 novembre 2017 | Patrice Bergeron - La Presse canadienne à Québec | Montréal
    Ces propos sont «inacceptables», a affirmé le premier ministre Philippe Couillard à la période de questions jeudi.
    Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Ces propos sont «inacceptables», a affirmé le premier ministre Philippe Couillard à la période de questions jeudi.

    Les propos d’un gérant d’une boutique de Montréal qui minimisait la place du français ont provoqué jeudi un concert de condamnations à l’Assemblée nationale et dans les réseaux sociaux.

     

    Même le premier ministre Philippe Couillard et la mairesse de Montréal, Valérie Plante, ont senti le besoin de désapprouver les déclarations du gestionnaire de la nouvelle boutique Adidas, ce géant des articles de sport, située rue Sainte-Catherine, dans la métropole.

     

    Selon ce qu’a rapporté Le Journal de Montréal, lors de l’inauguration du magasin, Alexandre Des Roches s’est presque excusé de parler en français en affirmant qu’il allait dire quelques mots dans cette langue afin d’accommoder les médias francophones et la Ville de Montréal. Le reste de la cérémonie s’est déroulé en anglais.

     

    Les réactions n’ont pas tardé sur Twitter, où plusieurs consommateurs ont appelé au boycottage, ont dit qu’ils n’allaient pas acheter de produits Adidas, ont évoqué le « mépris » ou « l’insulte », tandis que quelques autres ont dit que le Canada est un pays bilingue et que les Québécois devaient en revenir.

     

    « Inacceptables »

     

    « [Ces propos du gérant] sont inacceptables, inacceptables, a déclaré M. Couillard à la période de questions, en réponse au chef péquiste Jean-François Lisée. Le signal des chefs d’entreprise doit être clair : la langue de travail au Québec, c’est le français. Dans la métropole du Québec, on parle français. »

     

    Il s’est toutefois empressé d’ajouter qu’il se porte aussi à la défense de la communauté anglophone. « Ce qui ne veut pas dire que l’anglais soit une langue étrangère, loin de là. Les citoyens de langue anglaise au Québec sont des actifs très importants pour notre société, auxquels on veut donner encore plus. »

    [Ces propos du gérant] sont inacceptables, inacceptables

    Philippe Couillard, premier ministre du Québec
     

    Au dire de M. Lisée, ce nouvel épisode linguistique est la conséquence du laisser-aller du gouvernement libéral en matière de défense du fait français.

     

    « C’est le résultat de quatre ans de signaux du premier ministre, qui a dit : “L’important, c’est que tout le monde dans une usine parle anglais au cas où il y ait quelqu’un qui pose une question” », a affirmé le chef péquiste, en ironisant sur une déclaration de son adversaire au cours de la campagne électorale de 2014.

     

    La ministre responsable de la Charte de la langue française, Marie Montpetit, s’est également montrée catégorique. Selon elle, il est irrespectueux de ne pas s’adresser aux gens en français au Québec.

     

    « Ce n’est pas une question d’accommodement, c’est une question de respect, c’est absolument inacceptable comme comportement, comme conduite », a-t-elle dit à la sortie de la Chambre.

     

    La députée caquiste de Montarville, Nathalie Roy, a quant à elle déclaré que c’est « déplorable » et « malhabile » de la part d’Adidas.

     

    « Au Québec, il y a une langue officielle, a-t-elle rappelé en conférence de presse. Moi, j’aime bien magasiner où on me parle en français. »

     

    La mairesse de Montréal, Valérie Plante, et son homologue de Québec, Régis Labeaume, ont aussi commenté l’affaire jeudi, au terme d’une rencontre à l’hôtel de ville de Montréal. « Je ne veux pas me mêler du plan d’affaires d’Adidas, mais c’est un manque flagrant de sensibilité de manquer de respect envers le fait qu’on est dans une province francophone et que Montréal est une métropole francophone », a soutenu Valérie Plante.

     

    « Je trouve ça scandaleux, a pour sa part lancé M. Labeaume. Surtout que c’est un francophone. Je n’en reviens pas. Faut vraiment être colonisé. »

     

    La Presse canadienne a tenté à plusieurs reprises de contacter le personnel de la boutique de Montréal, en vain. Nous avons également tenté de contacter M. Des Roches, ainsi que le porte-parole d’Adidas à Toronto, John Febbraro, sans obtenir de réponse.

     

    Avec Le Devoir













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