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    «Je pars la tête haute», insiste Denis Coderre

    6 novembre 2017 |Jeanne Corriveau | Montréal
    Denis Coderre a annoncé son départ de la vie politique municipale, dimanche soir, dans son discours à ses militants.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Denis Coderre a annoncé son départ de la vie politique municipale, dimanche soir, dans son discours à ses militants.

    Douloureuse soirée pour Denis Coderre, qui croyait bien obtenir un deuxième mandat à la mairie de Montréal. Les électeurs en ont décidé autrement en lui montrant la porte dimanche soir lors des élections municipales.

     

    « Je quitte la vie politique municipale », a annoncé Denis Coderre, qui n’occupera pas le poste de chef de l’opposition même si sa colistière, Chantal Rossi, a été élue.

     

    « Je pars la tête haute. Montréal est une ville exceptionnelle, une métropole qui fait l’envie du monde. Nous avons retrouvé notre intégrité, cette joie de vivre, cette fierté », a déclaré Denis Coderre aux candidats de son équipe et aux militants.

     

    « Je veux souhaiter bonne chance à la 45e mairesse de Montréal Valérie Plante. Elle a fait une belle campagne. Je la félicite. Je l’ai appelée tantôt », a-t-il ajouté en promettant une transition « en bonne et due forme ». « Je suis désolé pour ceux qui ont perdu. J’en prends l’entière responsabilité. »

     

    Vers 21 h 15, Valérie Plante avait été déclarée gagnante, jetant une douche froide à l’Olympia, où s’étaient rassemblées les troupes de Denis Coderre. Les candidats avaient la mine déconfite. Le maire sortant de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard, a perdu son siège contre Pierre Lessard-Blais, de Projet Montréal.

     

    « Ce n’est pas le plus beau jour de ma vie, mais j’ai eu la chance de servir les gens de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve pendant 25 ans. Je félicite ceux qui auront de nouvelles responsabilités », a-t-il dit.

     

    Réal Ménard

     

    Membre du comité exécutif, Réal Ménard fait partie de ceux qui avaient joint le parti de Denis Coderre au cours de la dernière année.

     

    « On a pris des décisions difficiles. On a ouvert des chantiers importants pour Montréal. Dans notre métier, on gagne en équipe et on perd en équipe. Le maire Coderre va laisser un héritage considérable aux Montréalais, que ce soit la réforme du financement des arrondissements ou les investissements majeurs dans les infrastructures », a-t-il commenté.

     

    Destiné à occuper le poste de président du comité exécutif sous une administration Coderre, Harout Chitilian affirme qu’il ne s’attendait pas à sa défaite à la mairie d’Ahuntsic-Cartierville contre la candidate de Projet Montréal Émilie Thuillier. « On ne l’avait pas vu venir parce que les gens étaient, la plupart du temps, extrêmement accueillants et même, à certains égards, très fiers du bilan de l’administration. » Selon lui, certains sujets d’actualité ont jeté de l’ombre sur la campagne d’Équipe Denis Coderre et la lutte à la mairie de Montréal s’est transformée en concours de personnalités.

     

    Jim Beis, maire sortant de l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro, s’expliquait mal l’échec subi par le maire. « Nous devons prendre le temps d’absorber les résultats. Je suis surpris, je dois l’admettre, parce que nous avons fait beaucoup pour Montréal. C’est la démocratie et les citoyens qui se sont prononcés. Nous devons respecter ça. » Il s’est dit incapable de dire ce qu’il adviendrait du parti Équipe Denis Coderre.

     

    Réélue à la mairie de Montréal-Nord, Christine Black était plus sereine. « On accepte le verdict. Les résultats sont bons dans Montréal-Nord, mais notre chef n’est pas réélu. On vit une drôle d’émotion en ce moment. On va faire un post-mortem de la campagne et on verra bien les leçons qu’on a à en tirer. »

     

    Défaite dans son district, la candidate d’Équipe Denis Coderre au poste de conseillère dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Linda Gauthier, ne cachait pas sa déception.

     

    « Les Montréalais ont cru malheureusement aux promesses de Projet Montréal, mais plusieurs sont irréalisables. Certains projets sont impossibles à réaliser, ou à quel coût ? Prenons seulement la ligne rose à 6 milliards. C’est impossible. Selon moi, les Montréalais ont été bernés à plusieurs reprises », a-t-elle expliqué tout en reconnaissant que, dans une certaine mesure, les citoyens voulaient faire un message à M. Coderre.

     

    Plusieurs piliers de l’administration Coderre ont mordu la poussière. C’est le cas de Russell Copeman, à la mairie de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, d’Anie Samson, à celle de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, ainsi que Richard Bergeron, cofondateur de Projet Montréal, qui a perdu contre le candidat de son ancien parti dans Saint-Jacques, Robert Beaudry. Ces candidats défaits étaient cependant absents dimanche soir à l’Olympia.

     

    Élu comme conseiller dans le district de Saint-Sulpice, Hadrien Parizeau fera partie de l’équipe minoritaire au conseil d’arrondissement Ahuntsic-Cartierville. « Je m’attendais à ce que le maire soit réélu », a-t-il admis tout en se disant prêt à entreprendre son mandat.

     

    Campagne cahoteuse

     

    Denis Coderre a connu une campagne électorale cahoteuse, traînant quelques boulets, dont le secret entourant la vente de billets pour la course de Formule E. Les données ont finalement été révélées quatre jours avant le scrutin, mais cet épisode a nui à sa campagne. Il s’est également fait reprocher son attitude arrogante face à la chef de Projet Montréal, Valérie Plante, qui dégageait une image de nouveauté et de fraîcheur.

     

    « Ce n’est pas de l’arrogance, c’est de la détermination », a répété le maire sortant en campagne. « Si j’ai pilé sur des orteils, je m’en excuse », a-t-il dit.

     

    De plus, la plateforme électorale du maire sortant comportait peu de nouveautés, le maire ayant surtout misé sur son expérience et son bilan à la mairie pour convaincre les Montréalais de le réélire.

     

    « Regardez où on était il y a quatre ans », a-t-il martelé sans cesse pendant toute la campagne électorale en référence aux dernières années de règne de Gérald Tremblay.

     

    Avant les élections, l’Équipe Denis Coderre détenait dix mairies d’arrondissement, en plus de celle de Ville-Marie, qui revient automatiquement au maire de la Ville.













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