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    Mairie de Montréal: pitbulls, baseball et affichage bilingue

    Plante et Coderre se livrent à des échanges vigoureux au débat en anglais

    24 octobre 2017 |Jeanne Corriveau | Montréal
    Valérie Plante et Denis Coderre ont croisé le fer, hier soir, au débat présenté à l’Université Concordia. 
    Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Valérie Plante et Denis Coderre ont croisé le fer, hier soir, au débat présenté à l’Université Concordia. 

    La communauté anglophone a eu droit lundi soir à un débat plus corsé que celui qui s’était déroulé en français la semaine dernière entre les deux candidats à la mairie de Montréal, Denis Coderre et Valérie Plante.

     

    Présenté à l’Université Concordia par The Montreal Gazette, CJAD et CTV, le débat en anglais était animé par le journaliste Leslie Roberts, de CJAD, devant une assistance plus démonstrative que celle du débat de jeudi dernier.

     

    L’inévitable question des transports a été abordée dès le début des échanges. Denis Coderre a prévenu sa rivale de ne pas créer de faux espoirs au sujet de la ligne rose du métro, doutant que la chef de Projet Montréal puisse financer ce chantier d’au moins 6 milliards de dollars. « Le métro a été promis pendant 30 ans aux gens de Montréal-Nord », a rappelé le maire sortant. « À l’exception des contacts qu’ils [les candidats de Projet Montréal] ont avec Québec solidaire, je ne sais pas où ils vont obtenir l’argent du gouvernement fédéral ou provincial. »

     

    Pour inciter les familles à rester à Montréal, Valérie Plante propose d’abolir la taxe de bienvenue pour les familles avec enfants jusqu’à concurrence de 5000 $, une mesure qui coûterait 19 millions de dollars. Pour compenser ces pertes, Valérie Plante a suggéré de réaliser des économies ailleurs, notamment en ne gardant pas les trois chauffeurs du maire. Mais cette option a été balayée par le maire, opposé à ce que les « millionnaires » aient droit à cette exemption de taxe aussi.

     

    Dossier particulièrement délicat dans la communauté anglophone, le règlement bannissant les pitbulls a montré les divergences entre les deux candidats. Pour Valérie Plante, ce règlement crée un faux sentiment de sécurité. Cet argument, le maire sortant a dit l’avoir entendu de lobbyistes, dont fait partie la SPCA selon lui.

     

    L’hypothétique retour du baseball majeur à Montréal a aussi causé quelques flammèches. Quand Denis Coderre a souligné qu’il fallait agir avec tact dans ce dossier et que Montréal était à la merci de Rob Manfred, commissaire du baseball majeur, Valérie Plante n’a pas manqué de rétorquer avec vigueur : « Moi, je ne veux pas être à la merci de millionnaires. »

     

    Questionné une énième fois sur le nombre de billets vendus lors de la course de Formule électrique, Denis Coderre a donné sa réponse habituelle : « Nous ne perdons pas d’argent. Ce fut un succès. »

     

    « N’êtes-vous pas curieux de connaître ces chiffres ? » lui a demandé le modérateur. « Oui », a répondu Denis Coderre.

     

    Les deux candidats ont aussi été interrogés au sujet des changements de noms de rues, comme celui de la rue Amherst. Tous deux se sont dits d’accord avec ce changement. Et pour la station de métro portant le nom de Lionel Groulx, que l’on disait antisémite ? Valérie Plante croit qu’une commission devra se pencher sur la question. « Le pire, c’est de vouloir aller trop vite », a-t-elle dit, ce à quoi Denis Coderre a acquiescé.

     

    Quant à l’idée d’augmenter l’utilisation de l’anglais dans l’affichage dans les lieux publics, comme le métro, Denis Coderre a rappelé que Montréal est une métropole française, mais qu’en matière d’informations en cas d’urgence, mieux vaut diffuser l’information en plusieurs langues.

     

    À la toute fin du débat, les deux candidats ont pu poser une question de leur choix à leur opposant. Valérie Plante a alors demandé à Denis Coderre s’il serait chef de l’opposition en cas de défaite. Après un moment de surprise, Denis Coderre a lancé : « Je vais être le maire. Je ne suis pas numéro 2. Je veux être le numéro 1. »

    Contrôle de l’information? Une «légende urbaine» Denis Coderre a nié exercer des pressions sur les employés de la Ville et les journalistes pour contrôler l’information. Lundi, un reportage de Radio-Canada relatait notamment les propos qu’aurait tenus le maire à un jeune journaliste dont il n’avait pas aimé un article : « Toi, je vais veiller à l’évolution de ta carrière ». Le reportage mentionnait aussi que les réponses aux questions des médias par le service des communications devaient être validées par le cabinet du maire. « C’est une légende urbaine », a affirmé Denis Coderre. « On n’a jamais eu autant de disponibilité des médias. […] Il n’y a pas de pression indue. » Le maire a même laissé entendre que le reportage pouvait être une « dépense électorale » de ses adversaires. Cette remarque a fait bondir son adversaire Valérie Plante : « Cette accusation est grave. Elle traduit l’état d’esprit d’un maire sortant arrogant et déconnecté dont la campagne ne va nulle part ».

    Coderre dit qu’il aura les propriétaires de taudis à l’oeil Denis Coderre promet de serrer la vis aux propriétaires de taudis s’il est réélu le 5 novembres. Le nombre d’inspecteurs sera augmenté au Service de l’habitation et un registre des immeubles insalubres sera mis en place, a-t-il dit lundi. La loi sur le statut de métropole permettra aussi à la Ville de saisir des bâtiments pour les propriétaires négligents, a-t-il rappelé. Intervenante à l’Organisation d’éducation et d’information logement de Côte-des-Neiges (OeIL), Annie Lapalme a qualifié de « marginales » les mesures proposées par le maire sortant : « La solution, c’est d’appliquer le règlement et d’imposer des amendes si ce n’est pas réglé après l’avis de non-conformité ».













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