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    L’administration Coderre doit réviser son programme de hausses de taxes

    5 octobre 2017 | Pierre Pagé, Jeanie Baudchon, Lucille Mallette, Lise Lauzon, Johanne Dion et Gilles Thériault - Montréal pour tous | Montréal
    À Montréal, l'habitation devrait avoir pour premier but d’être un milieu de vie pour les individus et les familles, et non un lieu d’investissement et d’enrichissement, soulignent les auteurs. 
    Photo: Anika Salsera Getty Images À Montréal, l'habitation devrait avoir pour premier but d’être un milieu de vie pour les individus et les familles, et non un lieu d’investissement et d’enrichissement, soulignent les auteurs. 

    Montréal pour tous participe assidûment, par le dépôt notamment de recommandations et de mémoires, aux divers forums de consultation publique institués par la Ville de Montréal : commission sur les finances et l’administration, conseil municipal, commission de la présidence du conseil, sur des sujets d’importance tels que les prévisions budgétaires des services et organismes de compétence municipale, le programme triennal d’immobilisations, le rapport du Vérificateur général, l’évaluation foncière.

     

    Notre groupe a pour philosophie qu’un quartier a pour premier but d’être un milieu de vie pour les individus et les familles. Lors de nos présences à l’hôtel de ville depuis cinq ans, nous avons tenté de sensibiliser les élus aux nombreux cas de propriétaires résidents qui recevaient depuis plusieurs années des hausses beaucoup plus élevées que celle du taux d’inflation, par exemple des hausses de 5, 7, 12 % et même plus. Comme le disait tout récemment une de nos membres : « Ma frustration, c’est mon impuissance devant la gentrification de nos milieux de vie, et ce, que l’on soit locataire ou propriétaire. C’est la perte de nos commerces de proximités aux profits de hipsters et touristes fortunés. Airbnb, voilà un autre phénomène qui prend de l’ampleur et qui transforme nos quartiers en parcs d’attractions et nous, les résidents, en figurants d’une mauvaise comédie… »

     

    Nous n’avons pas réussi à faire en sorte que l’administration Coderre reconnaisse que l’évaluation foncière est à la hausse à Montréal depuis plusieurs années. Elle ne reconnaît pas que ce taux d’inflation s’applique dans un grand nombre de cas à une évaluation en hausse et qu’il existe une surévaluation des propriétés résidentielles de cinq logements et moins dans plusieurs quartiers recherchés. Ces hausses ont été bien documentées à plusieurs endroits de Montréal (Faubourg St-Laurent, Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Rosemont–Petite-Patrie) par des chercheurs de l’INRS-Urbanisation et de l’UQAM. Les surévaluations ont été soulignées par l’économiste principal de la SCHL.

     

    Reconnaître le problème

     

    L’administration actuelle affirme qu’elle a pris une série de mesures suffisantes : étalement de la hausse de l’évaluation foncière sur trois ans, contrôle serré et réduction des dépenses, mesures pour attirer de jeunes familles. Lorsque nous avons demandé des mesures supplémentaires, la réponse reçue fut : vous allez faire un coup d’argent quand vous vendrez ! Nous en avons conclu que l’administration actuelle considère l’habitation d’abord comme un lieu d’investissement et d’enrichissement et ensuite seulement comme un milieu de vie.

     

    Pourtant, le maire de l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve et membre de l’exécutif actuel de la Ville de Montréal, M. Réal Ménard, a reconnu une partie des problèmes que nous soulevons en organisant un forum, les Assises sur la gentrification. Tenues le 7 mai dernier et organisées conjointement avec les organismes communautaires et d’habitation, elles ont été fort courues. Bon nombre de pistes de solution ont été mises sur la table. Pourquoi ce type d’initiative n’est-il pas étendu à d’autres territoires afin de faire un véritable état des lieux ?

     

    De tels forums permettraient aussi d’étudier des propositions venant de la société civile, telles celles que les comités de locataires, les organismes d’habitation et nous-mêmes mettons en avant depuis un bon moment : taxe aux acheteurs étrangers similaire à celles de Vancouver ou de Toronto ; taxe sur la revente rapide comme à Paris, mesures pour favoriser le logement familial et abordable, programme d’aide aux propriétaires en difficulté (propriétaires occupants de longue durée à revenus fixes ou faibles, jeunes propriétaires qui veulent élever en ville leur famille).

     

    La situation se détériore très vite dans plusieurs secteurs des quartiers centraux où les prix de vente augmentent de façon notable depuis quelques mois. Les prochaines évaluations foncières des propriétés résidentielles vont suivre ce mouvement à la hausse. Les Montréalais ont besoin maintenant de bien cerner ces réalités puis de mesures d’apaisement pour éviter que plusieurs quartiers deviennent inaccessibles aux classes populaires, comme c’est le cas dans plusieurs autres villes comme Vancouver et Toronto, pour ne nommer que celles-là.

     

    Le groupe Montréal pour tous a pour mission d’encourager les contribuables à comprendre le fonctionnement de la Ville, ce qui inclut la compréhension de l’évaluation et de la taxation foncières, et des mécanismes de participation et de recours à leur disposition.













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