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    Le pari risqué des sondages

    Les coups de sonde municipaux risquent d’être rares pendant la présente campagne

    30 septembre 2017 |Jeanne Corriveau | Montréal
    Les sondages lors d’élections municipales sont rares, et pour cause. Le taux de participation est si bas que cela rend l’exercice un peu risqué.
    Photo: iStock Les sondages lors d’élections municipales sont rares, et pour cause. Le taux de participation est si bas que cela rend l’exercice un peu risqué.

    Les campagnes électorales sont propices aux sondages. Mais ceux-ci risquent d’être rares au cours de la campagne à la mairie de Montréal, aux dires des firmes qui conduisent ce type d’enquêtes. Sonder le coeur des électeurs en politique municipale s’avère une opération périlleuse.

     

    La première semaine de la campagne électorale montréalaise a été marquée par un premier sondage, celui qu’a réalisé Recherche Mainstreet pour le compte du blogue politique Qc125 auprès de 500 répondants. Ce sondage accordait au maire sortant, Denis Coderre, 30 % des intentions de vote, contre 25 % pour la chef de Projet Montréal, Valérie Plante, signe qu’on assiste peut-être à une course plus serrée qu’anticipé. La proportion d’indécis était cependant très élevée, à 41 %.

     

    En juin, dans un autre sondage réalisé cette fois par Léger pour le compte de Projet Montréal auprès de 2013 Montréalais, Denis Coderre recueillait 36 % des voix, contre 22 % pour Valérie Plante.

     

    Peut-on se fier à ces sondages ? « Il faut les prendre avec un gros grain de sel », convient Claire Durand, professeure à l’Université de Montréal et spécialiste de la méthodologie des sondages.Avec un échantillon de 500 répondants, le plus récent sondage compte une marge d’erreur de 4,4 %, rappelle-t-elle : « Si on était vraiment strict, on pourrait dire qu’il n’y a même pas de différence significative entre les deux candidats. »

     

    Les indécis

     

    Les sondages lors d’élections municipales sont rares, et pour cause. Le taux de participation est si bas — 43,3 % en 2013 à Montréal — que cela rend l’exercice un peu risqué. « Donc, avec un échantillon de 500, il en reste moins de 250 en partant. Et près de la moitié des répondants qui n’iront pas voter », note Mme Durand.

     

    Ce n’est pas le seul écueil,signaleChristian Bourque, vice-président chez Léger. « L’autre problème, c’est que lors d’élections municipales, on a un taux relativement élevé d’indécis. Il est probable que ces indécis ne se répartiront pas de façon proportionnelle. Et on sait qu’au bout du compte, la moitié des gens n’iront pas voter. Ces deux inconnues font que ça devient un peu périlleux de faire des sondages aux élections municipales. »

     

    Deux sondages avaient été réalisés pendant la campagne électorale de 2013 à une semaine d’intervalle. Denis Coderre avait successivement recueilli 39 % et 41 % des intentions de vote. De son côté, Mélanie Joly avait connu une montée fulgurante, passant de 17 % des intentions à 24 %. Denis Coderre a finalement été élu avec 32,1 % des voix devant Mélanie Joly, qui a récolté 26,5 % des appuis le soir du 3 novembre 2013.
     

     

    Compte tenu des risques inhérents aux sondages municipaux, Alain Giguère, président de CROP — qui avait réalisé un des sondages de 2013 —, n’en est guère friand. « Calculer des pourcentages sur des gens qui disent qu’ils vont aller voter, mais qui dans les faits n’y vont pas fait en sorte que les chiffres ne valent pas grand-chose, dit-il. À un moment donné, j’ai arrêté de faire ça. J’espère qu’on ne me le demandera pas cette année, parce que je ne suis pas sûr d’accepter. »

     

    En raison du système de votation en vigueur à Montréal, les sondages municipaux doivent se limiter aux postes à la mairie et ils ne peuvent déterminer si le maire élu sera minoritaire ou majoritaire au conseil municipal. Rappelons qu’à Montréal, les électeurs doivent voter pour le maire de la ville, leur maire d’arrondissement, leur conseiller de ville et, dans certains cas, leur conseiller d’arrondissement. Mener des sondages dans les 19 arrondissements nécessiterait des centaines de répondants dans chacun d’eux, une opération extrêmement coûteuse.

     

    L’intérêt pour la campagne

     

    Philippe J. Fournier, qui tient le blogue Qc125, reconnaît qu’il faut faire preuve de prudence avec des sondages comme le sien. Passionné de statistiques, ce professeur au cégep de Saint-Laurent réalise habituellement des analyses de projection électorale à partir de sondages existants. Il souhaitait cependant avoir un portrait de la course à la mairie de Montréal, convaincu qu’elle était plus serrée qu’on pouvait le croire.

     

    Il dit être indépendant et avoir payé de sa poche le sondage qu’il a commandé. Ce sondage a fait bondir l’achalandage sur son site, mercredi dernier. « Lors de grosses journées, j’ai de 4000 à 5000 visiteurs. Mercredi, le jour de la publication du sondage, j’en ai eu 40 000, dit-il. J’ai eu plus de trafic que pour mes projections au provincial. Il y a de l’intérêt pour la politique municipale à Montréal, c’est certain. »
     













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