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    Montréal

    Coderre promet une politique de la diversité sexuelle

    La communauté LGBTQ+ accueille favorablement l’idée, mais souhaite des gestes concrets

    17 août 2017 |Marie-Lise Rousseau | Montréal
    L’ouverture du maire de Montréal à la diversité sexuelle et de genre devra se traduire en gestes concrets, souligne-t-on dans le milieu LGBTQ +.
    Photo: David Afriat Le Devoir L’ouverture du maire de Montréal à la diversité sexuelle et de genre devra se traduire en gestes concrets, souligne-t-on dans le milieu LGBTQ +.

    Alors que le festival Fierté Montréal bat son plein, l’administration Coderre a annoncé mercredi qu’elle travaille à l’élaboration d’une politique de diversité sexuelle et de genre. Les acteurs du milieu LGBTQ+ apprécient ce geste d’une grande portée symbolique, mais espèrent qu’il sera accompagné de mesures concrètes.

     

    « On va travailler avec l’ensemble des partenaires et on va définir tout cela dans un court laps de temps », a déclaré le maire Denis Coderre lors de la séance du comité exécutif mercredi.

     

    Sans préciser quel type de mesures se retrouveront dans cette politique ni quand celle-ci sera présentée, le cabinet du maire a assuré qu’elle comportera « des actions et des mesures concrètes afin de poursuivre les avancées récentes en matière de droits et de libertés ».

     
    Ça envoie un message symbolique, ce qui est une bonne chose. [Mais] quelles seront les mesures de cette politique? Quelles seront les ressources?
    La titulaire de la Chaire de recherche sur l’homophobie de l’UQAM, Line Chamberland
     

    Les acteurs du milieu saluent l’ouverture du maire dans ce dossier. « Il m’a semblé très ouvert », affirme la directrice générale du Conseil québécois LGBT, Marie-Pier Boisvert, qui a rencontré M. Coderre la semaine dernière pour lui faire part de certaines revendications, dont justement celle d’adopter une politique de diversité sexuelle et de genre au municipal.

     

    « Ça envoie un message symbolique, ce qui est une bonne chose », soutient la titulaire de la Chaire de recherche sur l’homophobie de l’UQAM, Line Chamberland. La chercheuse s’attend toutefois à plus que des paroles de la part de la Ville. « Quelles seront les mesures de cette politique ? Quelles seront les ressources ? »

     

    Les organismes disent manquer cruellement de ressources, ce qui se reflète dans les locaux, devenus trop chers dans le secteur du Village gai. « Des organismes sont rendus à se loger dans Hochelaga-Maisonneuve », déplore Mme Chamberland. C’est le cas d’Interligne, anciennement nommé Gai Écoute. « C’est beaucoup moins cher qu’au centre-ville », dit son directeur, Pascal Vaillancourt.

     

    En comparaison avec Toronto et Vancouver, Montréal fait « piètre figure » en matière de ressources, déplore Mme Chamberland. Les centres communautaires de ces deux villes auraient un budget de fonctionnement 37 fois supérieur à celui de Montréal, selon le directeur du Centre communautaire des gais et lesbiennes de Montréal, Christian Tanguay.

     

    Autre statistique qu’il cite : des 188 centres communautaires LGBTQ+ d’Amérique du Nord, celui de Montréal fait partie des 5 % les plus mal financés. Avec un budget annuel de 130 000 $ qui couvre deux salaires, un loyer et des frais d’opération, l’organisme peine à répondre aux demandes, particulièrement ces derniers temps avec l’arrivée en grand nombre de réfugiés LGBTQ+ au pays.

     

    Un agent de liaison réclamé

     

    Si elle veut démontrer son ouverture, la Ville doit former tous ses employés afin qu’ils soient plus sensibilisés aux enjeux de la diversité sexuelle et de genre, réclament les acteurs du milieu. Notamment les agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), qui manqueraient de sensibilité à l’égard de la population trans, selon Marie-Pier Boisvert.

     

    Conséquence de cette méconnaissance, les personnes trans éviteraient de porter plainte, par exemple après avoir été victime d’une agression. « On ne peut pas bâtir des relations quand la méfiance est installée », soutient-elle.

     

    Pour faciliter les communications avec la Ville, les organismes suggèrent d’y nommer un responsable des dossiers LGBTQ+, à la manière de Justin Trudeau au fédéral.

     

    Parmi les autres mesures souhaitées, notons l’instauration de toilettes publiques mixtes dans les édifices municipaux. « Beaucoup d’insécurité est vécue par les personnes trans qui doivent utiliser les toilettes publiques », affirme Mme Chamberland.

     

    Des actions pourraient également être prises pour « désexiser » le langage, ajoute la titulaire de la Chaire de recherche sur l’homophobie. Mme Chamberland donne en exemple les formulaires de certaines commissions scolaires qui indiquent « père » et « mère », discriminant ainsi les parents de même sexe. « On pourrait les remplacer par “parent” », suggère-t-elle.

     

    Il serait toutefois surprenant que la Ville remplace les pronoms masculins et féminins par des pronoms non genrés, comme « ille » ou « iel », en raison de la complexité de la langue française, selon la chercheuse, qui propose néanmoins de s’inspirer des expressions neutres mises en avant par le mouvement féministe.

     
    L’exemple d’Amsterdam La capitale des Pays-Bas a adopté un manuel linguistique en juillet dernier pour soigner sa communication envers sa population LGBTQ+, qui compte quelque 50 000 personnes trans. Les fonctionnaires d’Amsterdam sont invités à s’adresser à leurs « chers concitoyens, chères personnes présentes » plutôt qu’à « Madame ou Monsieur ». La ville ne mentionnera plus « fille » ou « garçon » dans ses documents, mais plutôt « fille à la naissance » ou « garçon à la naissance ».












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