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    Valérie Plante se présente comme «l’homme de la situation»

    16 août 2017 |Sarah R. Champagne | Montréal
    Sur des affiches publicitaires apparues mardi, Valérie Plante demande le même traitement que celui accordé aux politiciens masculins.
    Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Sur des affiches publicitaires apparues mardi, Valérie Plante demande le même traitement que celui accordé aux politiciens masculins.

    Bras croisés, regard bien planté, Valérie Plante se présente comme « l’homme de la situation » qui demande aux citoyens de l’élire « mairesse de Montréal ».

     

    L’affiche surdimensionnée de la chef de Projet Montréal est visible dans la métropole.

     

    Mme Plante admet ouvertement avoir voulu créer un engouement autour d’elle : « J’évolue dans le mouvement des femmes depuis 20 ans. Dans le monde politique, je ne vais pas attendre qu’on me donne une tribune, je vais aller chercher l’attention. »

     

    Le choix du message est donc un clin d’oeil à l’expression consacrée, une manière « irrévérencieuse et audacieuse » de lancer une discussion sur la place des femmes en politique.

     

    Une place particulièrement réduite en politique municipale. Lors des élections municipales de 2013, 82 % des élus à la mairie étaient des hommes. « L’homme de la situation » est donc bien consciente de s’engager sur un « chemin souvent tracé par des hommes », où les standards sont très masculins.

     

    Vaut mieux en rire

     

    Mission accomplie pour la publicité précampagne, croit Julie Dufort, doctorante en science politique à l’UQAM, dont les recherches portent sur l’humour politique. « C’est de l’ironie. Le message n’est pas directement celui qu’on lit. Ils ont créé un peu d’ambiguïté pour attirer l’attention et ensuite la rétablir en prenant la parole publiquement », analyse-t-elle.

     

    Une dose d’ambiguïté qui n’est pas cependant décelée par tout le monde, comme le montrent certains commentaires sur les réseaux sociaux. Un « risque » dans l’utilisation de l’ironie, surtout pour des citoyens qui ne connaîtraient pas d’avance les inclinaisons du parti et les convictions féministes de Mme Plante.

     

    L’ajout d’une photo renforce également le message, note Mme Dufort. La posture plutôt neutre, ni masculine ni féminine, de la candidate démontre la détermination d’une femme qui « a décidé de ne pas laisser la place à un homme ».

     

    L’aspirante mairesse utilise ce travers expressif contre lui-même, plutôt que de dénoncer cette place étriquée des femmes en politique sur le ton de la réprimande.

     

    C’est ce ton positif de campagne qui plaît le plus à la doctorante. L’humour est un mode rhétorique de plus en plus utilisé en politique, même si parfois dans des campagnes négatives, et cette fois-ci, « cela déconstruit l’idée que les féministes n’ont pas d’humour ».

     

    L’humour s’avère un « outil extraordinaire », une « arme » particulièrement efficace pour les femmes, remarque aussi Esther Lapointe, directrice générale du Groupe Femmes, Politique et Démocratie (GFPD).

     

    « Dans les réunions ou un conseil municipal, comment faire pour répondre à la condescendance ? » interroge-t-elle. Le GFPD avait fait appel à l’École nationale de l’humour en 2009 pour préparer une formation sur le pouvoir de l’humour pour des participantes qui veulent prendre leur place dans les sphères décisionnelles.

     

    Mme Lapointe trouve à ce titre la campagne de Projet Montréal « très drôle et rafraîchissante » : « Elle fait bien d’y aller comme elle le sent. »

     

    Maintenant que les projecteurs ont été braqués sur elle, la rivale du maire Denis Coderre promet de « miser sur des idées et une vision très claire, très concrète ».













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