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    Les automobilistes devront lever le pied à Montréal en 2018

    5 juillet 2017 |Jeanne Corriveau | Montréal
    La métropole réduira à 30 km/h la limite de vitesse dans ses rues résidentielles.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir La métropole réduira à 30 km/h la limite de vitesse dans ses rues résidentielles.

    Montréal réduira à 30 km/h la limite de vitesse dans les rues résidentielles de tout son territoire, et le maire Denis Coderre somme les arrondissements de se conformer à cette règle au plus tard en 2018. Si certains d’entre eux sont récalcitrants, l’administration fera adopter un règlement pour les mettre au pas, a-t-il dit.

     

    Dans la foulée de son adhésion au concept de Vision zéro, Montréal compte aussi abaisser à 40 km/h la limite de vitesse sur les grandes artères situées dans les quartiers centraux, alors qu’en périphérie la limite demeurera à 50 km/h.

     

    Plusieurs arrondissements ont déjà implanté de telles mesures, parmi lesquels Rosemont–La Petite-Patrie, Le Plateau-Mont-Royal, Le Sud-Ouest et Lachine, mais par souci de cohérence, Denis Coderre souhaite étendre les nouvelles limites à l’ensemble des arrondissements. « Les probabilités de décès sont de 85 % lors d’une collision à 50 km/h et diminuent à 30 % lors d’une collision à 40 km/h », a expliqué le maire.

     

    « S’il y a trop de récalcitrants, on fera comme d’habitude : on harmonisera et la ville centre ira chercher un règlement pour s’assurer que ça s’implante partout », a prévenu M. Coderre.

     

    Cette mesure figurait parmi les 30 recommandations formulées en mai dernier par la commission des transports qui s’est penchée sur la cohabitation entre les différents usagers de la route. Le comité exécutif se prononcera éventuellement sur les autres recommandations, dont celles touchant les véhicules lourds.

     

    L’opposition a salué la décision de l’administration, tout en faisant remarquer que celle-ci était « à la remorque » des trois arrondissements dirigés par Projet Montréal qui ont déjà abaissé les limites de vitesse. La conseillère Marianne Giguère craint toutefois que les nouvelles règles ne soient pas assorties d’aménagements physiques, tels que des saillies de trottoir.Seule, la signalisation est peu efficace et nécessite des mesures de coercition, a-t-elle fait remarquer : « Il faut que l’environnement induise le comportement. »

     

    De son côté, le maire d’Anjou, Luis Miranda, ne croit pas aux vertus d’une application unique de limites de vitesse à 30 km/h. « On risque de créer des trappes à amendes », dit-il. Selon lui, il eût mieux valu appliquer des mesures d’apaisement aux endroits problématiques. À titre d’exemple, il mentionne l’implantation récente d’une limite de vitesse à 30 km/h sur la rue Beaubien, dans Rosemont–La Petite-Patrie, une mesure qu’il juge « déraisonnable ».

     

    Les saillies efficaces

     

    La réduction de la limite de vitesse est toutefois accueillie avec enthousiasme par le Centre d’écologie urbaine de Montréal ainsi que par la Direction de la santé publique (DSP) de Montréal. « La réduction du volume ou de la vitesse est une mesure efficace », rappelle Patrick Morency, médecin en santé communautaire à la DSP. Généraliser cette mesure pourrait avoir un « impact énorme », selon lui.

     

    Mais les aménagements tels que les saillies de trottoir et les dos-d’âne ont aussi fait leurs preuves. Dans le cadre de son mémoire de maîtrise présenté en décembre dernier, Ronaldo Cândido a examiné les statistiques de blessés dans quatre arrondissements, soit le Plateau, Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Ahuntsic-Cartierville et Rosemont–La Petite-Patrie. Son étude a démontré que l’implantation de saillies de trottoir a réduit de 23 % le nombre de piétons blessés aux intersections et de 54 % le nombre d’occupants de véhicules blessés entre 2000 et 2014. Les dos-d’âne ont pour leur part diminué de 6 % le nombre de blessés chez les piétons et de 54 % chez les automobilistes.

     

    La décision de l’administration Coderre pourrait inciter d’autres villes à lui emboîter le pas. C’est le cas de Longueuil et de Mont-Royal. « On va étudier la situation et en discuter lors d’un prochain conseil », a indiqué le maire de Mont-Royal, Philippe Roy.













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