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    Urbanisme

    Les usagers de la route divergent de vue sur l’approche Vision zéro

    20 avril 2017 |Jeanne Corriveau | Montréal
    Vision zéro est une approche inspirée de la Suède qui signifie qu’une ville n’accepte pas que des personnes meurent ou soient blessées sur la route.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Vision zéro est une approche inspirée de la Suède qui signifie qu’une ville n’accepte pas que des personnes meurent ou soient blessées sur la route.

    La Vision zéro à laquelle veut adhérer la Ville de Montréal risque de faire des mécontents. Les consultations qui se poursuivaient mercredi à l’hôtel de ville ont mis en relief les divergences d’opinions entre les piétons, les cyclistes et les camionneurs.

     

    Depuis 2013, cinq vélos fantômes ont été installés à Montréal à la mémoire de cyclistes décédés lors d’une collision sur la route. Devant la commission sur le transport, Gabrielle Anctil, de Vélo fantôme Montréal, a expliqué que la Vision zéro nécessite un changement de paradigme qui met les usagers de la route les plus vulnérables au centre de toutes les décisions.

     

    « Encore ce matin, j’étais sur le lieu du plus récent vélo fantôme, au coin de Rosemont et D’Iberville. Ça fait presque un an que le vélo fantôme a été posé. Si la même cycliste se trouvait au même endroit dans la même situation aujourd’hui, elle pourrait mourir. Il n’y a aucun changement qui a été fait. »

     

    Vision zéro est une approche inspirée de la Suède qui signifie qu’une ville n’accepte pas que des personnes meurent ou soient blessées sur la route. « Si je pouvais la résumer : aucune perte de vie n’est acceptable », avait expliqué le maire Denis Coderre lorsqu’il avait annoncé en septembre dernier que la Ville adhérerait à ces principes.

     

    La commission du transport a donc été mandatée pour examiner diverses solutions pour concrétiser le projet. Limiter la circulation des camions en ville ? Doter les véhicules lourds de jupettes et de caméras, comme l’a fait la Ville de Westmount ? Réaménager les intersections ?

     

    Réduire et ralentir les véhicules

     

    Armé de statistiques et de tableaux pour illustrer ses propos, Patrick Morency, de la Direction de la santé publique de Montréal, estime que la Ville doit privilégier une réduction de la masse et la vitesse des véhicules. Et si ce n’est pas possible, des pratiques d’aménagement et des mesures d’apaisement doivent être mises en pratique pour protéger les piétons et les cyclistes.

     

    Selon lui, ces aménagements, comme des saillies de trottoirs, doivent être systématiques dans les grands projets routiers pour protéger les piétons et les cyclistes.

     

    « Quand on refait l’avenue du Parc, au coin de Laurier, à l’identique, ou la rue Saint-Denis, coin Rachel, on ne peut pas s’attendre à ce que, par magie, le nombre de cyclistes ou de piétons frappés à ces intersections diminue. On laisse six voies de large, sans terre-plein central, sans aménagement cyclable ou mesure de réduction de vitesse. »

    Si je pouvais la résumer: aucune perte de vie n'est acceptable
    Le maire de Montréal, Denis Coderre, à propos de l'approche Vision zéro
     

    Réticences

     

    Président de l’Association du camionnage du Québec, Marc Cadieux a exprimé plusieurs réticences à l’égard de certaines propositions avancées par d’autres intervenants. Interdire les camions 10 roues dans certains secteurs de la ville pourrait avoir des effets négatifs. « Si vous fragmentez un camion de 53 pieds en trois petits camions, vous avez d’autres effets pervers : vous augmentez la pollution et le coût de transport », a-t-il expliqué.

     

    Autoriser les livraisons le soir seulement ? « Ça paraît facile à dire, mais ce n’est pas facile à faire dans la réalité des choses : ça n’existe pas, des grandes surfaces qui ont des employés pour recevoir des marchandises le soir. » Et les caméras sur les camions ? Les bénéfices n’ont pas été documentés, a-t-il dit.

      

    « J’ai entendu des excuses et des explications, mais je n’ai pas entendu de solutions », a commenté la mairesse de Sainte-Anne-de-Bellevue, Paola Hawa.

     

    La commission du transport adoptera ses recommandations le 4 mai prochain. Par la suite, le comité exécutif aura six mois pour faire connaître les mesures qu’il entend mettre en place.













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