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    Valérie Plante est élue chef de Projet Montréal

    Elle affrontera le maire Denis Coderre aux prochaines élections municipales

    5 décembre 2016 |Stéphane Baillargeon | Montréal
    Valérie Plante est la première femme chef du parti fondé par Richard Bergeron. Projet Montréal tenait d’ailleurs sa première course à la direction.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Valérie Plante est la première femme chef du parti fondé par Richard Bergeron. Projet Montréal tenait d’ailleurs sa première course à la direction.

    Projet Montréal vient d’élire sa première dirigeante, qui espère devenir la première mairesse de la ville l’an prochain. Valérie Plante a emporté la course à la chefferie de sa formation devant Guillaume Lavoie, pourtant souvent présenté comme favori. Il avait l’appui des deux tiers du caucus de l’Hôtel de Ville.

     

    Au total, 1923 des 2884 membres ont exercé leur droit de vote. Mme Plante en récolte tout près de 1000, 998 précisément, contre 919 à son rival. Six bulletins ont été rejetés.

     

    L’annonce de sa victoire a été accueillie par une ovation dimanche en début de soirée, dans une salle de la rue Sainte-Catherine Est.

     

    « C’est un grand honneur d’être choisie première chef de Projet Montréal. C’était la première fois en dix ans que les membres et les élus choisissaient leur leader de façon démocratique, a dit Mme Plante après le vote. J’ai bien l’intention de mener l’équipe jusqu’à la victoire aux prochaines élections. »

     

    Cette éventuelle victoire ferait d’elle la première mairesse de la ville cofondée par Jeanne Mance 375 ans auparavant. « Des pays comme l’Italie et la France, qui ont une culture, je dirais, un peu plus macho — je généralise bien sûr —, ont réussi à élire une mairesse à la tête de Paris et une mairesse à la tête de Rome. Je pense que Montréal est tout à fait prête à élire sa première femme à la tête de la ville. C’est là que nous sommes rendus. »

     

    La ligne rose

     

    Elle attribue une part de son succès à son travail incessant sur le terrain. Dans son discours d’acceptation des résultats, elle a constamment fait référence à ses sorties auprès des gens, dans les différents quartiers de la ville, au cours des derniers mois.

     

    Elle a évoqué les exemples de grandes villes qui donnent des exemples à suivre. Copenhague où le transport se fait maintenant davantage par vélo que par auto. Ou Paris qui détruit une autoroute pour redonner les berges aux citadins.

     

    Elle a aussi rappelé que son programme porte sur l’urbanisme, les problèmes liés aux logements et le transport. Elle a eu droit à une autre ovation en évoquant sa proposition de développer une nouvelle ligne de métro diagonale. La ligne rose en 16 arrêts, relierait la place Bonaventure à un nouveau terminus au cégep Marie-Victorin, en passant par les stations Mont-Royal et Pie IX.

     

    Elle veut aussi vite mettre les divisions « naturelles » d’une course à la chefferie de côté pour refaire l’unité et se préparer à la prochaine campagne. Les élections municipales auront lieu dans environ 11 mois.

     

    « C’est ma première priorité : il faut ramener tout le monde ensemble. Une course à la chefferie peut être émotive. Tout le monde est dévoué au parti et il faut maintenant, dès ce soir, dès demain rassembler les forces communes et aller de l’avant. Parce qu’au final, la personne à battre, c’est Denis Coderre. »

     

    Après Ferrandez

     

    Le maire a félicité sa nouvelle adversaire au conseil municipal. « Les personnes qui veulent activement contribuer au service public méritent toute notre admiration, dit le communiqué diffusé dimanche par le cabinet du maire. Je tiens donc à féliciter Valérie Plante pour son engagement. Nous aurons l’occasion de collaborer avec elle lors de nos travaux à l’Hôtel de Ville de Montréal. »

     

    Valérie Plante elle-même s’attend à un changement dans les rapports entre l’administration et l’opposition. Son prédécesseur, chef par intérim de Projet Montréal, traîne une réputation de politicien bouillant. « Le style va changer, bien sûr. Luc Ferrandez était un grand leader. Maintenant, je vais adopter ma propre façon de faire. »

     

    Luc Ferrandez appuyait Valérie Plante dans la course. Il était très satisfait de ce résultat. « Elle a travaillé très fort. Ce fut une guerre de tranchées. Des membres m’ont raconté avoir été appelés quatre fois par chacun des clans. La force dont Valérie a fait preuve pendant cette campagne est une bonne indication de ce qu’elle pourra faire dans le futur. »

     

    Il lui souhaite aussi bonne chance avec les médias, ses propres tensions à ce chapitre étant bien connues. « Je vous aime bien dans le fond, dit-il en riant. J’aimerais que vous soyez plus intelligents, plus rapides. Je trouve que souvent les médias ont une excellente attitude pour couvrir l’actualité, mais ils ont un petit retard pour percevoir le changement. »

     

    Pour lui, sa successeure incarne non seulement la mutation, mais aussi une manière nouvelle de l’articuler. « Elle a un discours infiniment plus intéressant et plus large que celui de Projet Montréal à l’époque [du fondateur Richard] Bergeron. Elle parle d’intégration, d’immigration. Elle parle du salaire minimum et de l’habitation. Elle parle des quartiers parce qu’elle veut faire de chaque quartier montréalais un endroit qui se démarque parce qu’il est attirant pour ceux qui l’habitent et tous les citoyens. Elle a une énergie, une profondeur et Valérie Plante fait tomber les géants. C’est elle qui a fait tomber Louise Harel [la chef de vision Montréal en 2013] à la grande surprise de tout le monde. Et à la grande surprise de tout le monde, elle va finir par battre Denis Coderre. »

     













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