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    Croix du mont Royal

    Les artistes défient Coderre

    L’oeuvre d’art sera installée comme prévu; Montréal réplique en retirant sa subvention

    24 septembre 2016 |Jeanne Corriveau | Montréal
    «La croix du mont Royal» de Pierre Ayot
    Photo: Gabor Szilasi Succession Pierre Ayot SODRAC «La croix du mont Royal» de Pierre Ayot

    Malgré l’opposition exprimée par le maire Denis Coderre, la réplique de la croix du mont Royal de Pierre Ayot sera exposée aux abords de l’avenue du Parc, tel qu’il était prévu initialement. Les commissaires responsables du projet disent avoir toutes les autorisations requises pour aller de l’avant. Mais cette décision a incité l’administration Coderre à retirer la subvention promise de 10 000 $.

     

    Comme le projet a déjà reçu le feu vert du ministère de la Culture et que l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal a délivré un nouveau permis d’occupation, les commissaires Marthe Carrier et Nicolas Mavrikakis ont annoncé vendredi que, malgré la controverse, ils installeraient l’oeuvre sur le terrain situé à côté du couvent des Religieuses hospitalières de Saint-Joseph, près de l’intersection des avenues du Parc et des Pins.

     

    « Nous rappelons que nous occupons l’espace public sur une base temporaire et que nous respectons toutes les exigences d’une telle occupation, distinctes de celle d’une occupation permanente », ont précisé les commissaires dans un communiqué de presse publié vendredi.

     

    Les deux promoteurs du projet ont ainsi rejeté la proposition faite par le maire Coderre d’exposer l’oeuvre sur la place Émilie-Gamelin.

     

    Subvention retirée

     

    La réplique de l’administration est venue en soirée vendredi. « Nous sommes extrêmement déçus du manque d’ouverture et de sensibilité des artistes et du maire de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal », a fait savoir l’attaché du maire Coderre, Marc-André Gosselin. « Plusieurs solutions très intéressantes, qui auraient respecté l’histoire de Montréal et les communautés religieuses qui l’ont fondée, ont été mises de l’avant dans les derniers jours par notre administration. Le lieu original de l’oeuvre, soit l’Université McGill, n’a même pas été envisagé. »

     

    La Ville a donc décidé de ne plus octroyer la subvention de 10 000 $ qu’elle s’était engagée à verser pour le projet. « L’art public peut certainement choquer, mais ne doit pas insulter », a poursuivi M. Gosselin. « Dans ces circonstances, c’est avec regret que la Ville se retire du projet Corridart, qui, mené adéquatement, aurait rappelé une période importante de l’histoire de Montréal. »

     

    L’importance de la montagne

     

    Marthe Carrier et Nicolas Mavrikakis n’ont pas voulu accorder d’entrevue. Dans leur communiqué, ils insistent toutefois pour dire que l’emplacement choisi pour exposer l’oeuvre de Pierre Ayot n’est pas le fruit du hasard. « Pour respecter la vision de l’artiste, cette oeuvre historique et mythique d’Ayot […] doit être absolument installée aux abords de la montagne, dont elle tire son nom, expliquent-ils. Comme le voulait Ayot, la croix semblerait être venue se reposer quelques moments en bas de la montagne. »

     

    La proximité avec l’hôtel-Dieu permettait aussi de susciter une réflexion sur l’avenir de ce patrimoine, ajoutent-ils. « Nous avons en main le permis pour installer l’oeuvre sur le terrain dans le parc Jeanne-Mance. Nous comptons aller de l’avant avec notre projet », écrivent-ils. « Nous sommes attristés que les Religieuses hospitalières soient ainsi plongées dans ce tourbillon alors que notre but était, sincèrement et respectueusement, de faire réfléchir à la nécessité de protéger leur patrimoine, qui est aussi le nôtre », disent-ils.

     

    Rappelons que l’oeuvre qui fait polémique est une réplique de La croix du mont Royal créée par Pierre Ayot (1943-1995) pour l’événement Corridart, une exposition organisée en marge des Jeux olympiques de Montréal de 1976. Le maire Jean Drapeau n’ayant guère apprécié les oeuvres exposées le long de la rue Sherbrooke, il avait ordonné leur destruction moins d’une semaine après leur installation.

     

    Jeudi, le maire Coderre s’est défendu d’avoir voulu faire de la censure, affirmant plutôt qu’il voulait faire preuve de délicatesse envers les religieuses.

     

    Conseillère de Projet Montréal dans le Plateau, Christine Gosselin a déploré la décision de la Ville de retirer sa subvention. « C’est déplorable comme attitude. On doit honorer les engagements pour des projets de longue haleine. Les artistes n’ont pas à faire les frais d’un bras de fer politique », a-t-elle indiqué.

     

    Elle reproche aussi à l’administration Coderre son intervention qui a mis les religieuses hospitalières dans une position difficile. « On a présumé de leur réaction à l’oeuvre et comment elles l’auraient interprétée. » De son côté, le cabinet du ministre de la Culture a indiqué que l’autorisation déjà accordée pour le projet serait maintenue.













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