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    Coderre privilégie la place Émilie-Gamelin pour accueillir l’oeuvre de Pierre Ayot

    23 septembre 2016 |Jeanne Corriveau | Montréal
    «La croix du mont Royal», de Pierre Ayot, lors de l’événement Corridart (1976) 
    Photo: Gabor Szilasi Succession Pierre Ayot SODRAC «La croix du mont Royal», de Pierre Ayot, lors de l’événement Corridart (1976) 

    Denis Coderre a réitéré jeudi sa proposition d’installer la réplique de l’oeuvre de Pierre Ayot, La croix du mont Royal, à la place Émilie-Gamelin. Selon le maire, ce site permettrait d’assurer à l’oeuvre une grande visibilité.

     

    M. Coderre s’est défendu de vouloir censurer l’oeuvre qui devait être exposée pendant deux mois aux abords de l’avenue du Parc, à côté de l’Hôtel-Dieu. Il croit que le lieu n’est pas approprié et affirme que cette opinion était partagée par le maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez.

     

    « Je ne suis pas contre l’oeuvre d’art. Mais je voulais qu’on fasse preuve de délicatesse parce [qu’il était question de] mettre une croix devant les Hospitalières de Saint-Joseph. M. Ferrandez était d’accord avec moi », a-t-il expliqué en réaction à un article paru dans Le Devoir jeudi.

     

    Plusieurs autres sites ont été évoqués et le maire Coderre a proposé la place Émilie-Gamelin : « Étant donné qu’il va y avoir une exposition de Pierre Ayot à la Grande Bibliothèque, exposer l’oeuvre au parc Émilie-Gamelin lui donnerait une visibilité extraordinaire. En plus, c’est dans le Quartier des spectacles. »

     

    Créée en 1976 pour l’événement Corridart, La croix du mont Royal avait été démantelée comme les autres pièces de l’exposition sur l’ordre du maire Jean Drapeau.

     

    Dans le cadre d’une rétrospective de Pierre Ayot à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) et dans plusieurs autres lieux de diffusion, les commissaires Nicolas Mavrikakis et Marthe Carrier, directrice de la galerie B-312, comptaient installer l’oeuvre montrant la croix couchée au sol sur un terrain situé à proximité de l’Hôtel-Dieu, jusqu’à ce que la Ville contrecarre leurs plans.

     

    Le maire Coderre a vu un conflit d’intérêt potentiel dans le fait que Le Devoir a publié cette histoire alors que Nicolas Mavrikakis, qui s’est plaint de subir une censure de la part de la Ville, collabore comme critique d’art au journal.

     

    Ébranlés par ces embûches qui pourraient mettre en péril la réalisation de leur projet, Nicolas Mavrikakis et Marthe Carrier n’ont pas révélé leurs intentions pour la suite des choses. Ils le feront vendredi en conférence de presse. Rappelons que leur projet avait été approuvé par le Bureau d’art public de Montréal et avait obtenu les autorisations requises du ministère de la Culture et de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal.

     

    Courtoisie

     

    Directrice du Musée des beaux-arts de Montréal, Nathalie Bondil ne croit pas qu’on puisse parler de censure dans ce cas. Selon elle, l’art public requiert une démarche de communication avec le voisinage puisqu’il s’agit de l’espace public. « C’est comme si je mettais une oeuvre sous la fenêtre d’un voisin. Ça doit être une oeuvre faite pour la communauté et qui soit acceptée. Je pense que c’est de la délicatesse, de la politesse et de la courtoisie », explique-t-elle.

     

    En revanche, Mme Bondil estime que l’oeuvre n’est pas de nature à heurter des sensibilités religieuses. « Ce n’est pas une critique, ce n’est pas un blasphème, dit-elle. C’est une croix qui n’est pas brisée, qui n’est pas à l’envers. Posée au sol, elle fait beaucoup référence à une station de croix, au Christ portant sa croix et qui s’affaisse sous le poids de son fardeau. C’est très émouvant. […] D’un point de vue iconographique, c’est une oeuvre complexe qui peut se lire de différentes façons. C’est pour ça que c’est une oeuvre intéressante. »

     

    De son côté, Dinu Bumbaru, d’Héritage Montréal, s’étonne que les commissaires n’aient pas pris certaines précautions dans la mesure où il s’agit d’un « site sensible » : « Il y a des lieux qui sont absolument propices à n’importe quelle expérience artistique alors qu’il y en a d’autres qui ont une très forte valeur collective […] L’art public, ce n’est pas de l’art en public. »













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