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    Développement local

    Le sociofinancement arrive en renfort

    La plateforme Mobilisons local voit le jour

    15 février 2016 |Arnaud Stopa | Montréal
    La nouvelle plateforme virtuelle montréalaise Mobilisons local a été créée pour faciliter le financement du développement local rendu plus difficile par les compressions.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La nouvelle plateforme virtuelle montréalaise Mobilisons local a été créée pour faciliter le financement du développement local rendu plus difficile par les compressions.

    Que ce soit pour lever des fonds pour un organisme communautaire, chercher une mise de fonds pour un projet d’entreprise d’économie sociale ou tout simplement lancer une idée pour améliorer son quartier, une nouvelle plateforme virtuelle montréalaise a été créée pour faciliter le financement du développement local rendu plus difficile par les compressions.

     

    Mobilisons local fonctionne à la manière d’un site de sociofinancement, à la différence que cette plateforme-ci souhaite créer des liens dans la communauté. « Nous voulons mobiliser nos ressources sur nos territoires pour nos projets », indique Rachad Lawani, idéateur de la plateforme et conseiller aux entreprises collectives auprès de la Corporation de développement de l’Est (CDEST), elle-même partenaire du projet.

     

    Donner son argent… ou son temps

     

    L’interface vise surtout les petits projets de quelques milliers de dollars, disqualifiés par les critères de subventions. Ainsi, pour cette raison, Mobilisons local a fait le choix de demander un certain nombre d’appuis aux entrepreneurs intéressés par l’outil, avant de pouvoir lancer une campagne de sociofinancement. Cinquante personnes prêtes à aider sont donc nécessaires à l’inscription d’un projet.

     

    Pour les organismes communautaires et entrepreneurs, l’intérêt se trouve dans la possibilité de récolter les fonds promis lors de la campagne de financement, et cela, même si leur objectif n’est pas atteint. « Sur beaucoup de plateformes, c’est tout ou rien, alors qu’un organisme qui reçoit 3000 $ sur un objectif de 5000 $ en aura tout autant besoin », explique Rachad Lawani.

     

    Il y a aussi la possibilité pour les personnes intéressées de proposer des services en temps, plutôt qu’en argent, afin d’inclure celles qui n’ont pas forcément les moyens de soutenir un projet, mais qui souhaitent offrir une expertise. « Ça valorise l’engagement et le bénévolat, soutient Francine Labelle, directrice de la CDEST. C’est l’une des raisons principales pour lesquelles on a jugé bon de soutenir ce projet. »

     

    Drôle de moment pour dévoiler son projet, selon son géniteur. Le lancement du site s’est fait quelque temps après la restructuration dans l’aide au développement local à Montréal. En 2014, les mesures d’austérité du gouvernement libéral avaient fait péricliter ces fonds. À Montréal, l’enveloppe est ainsi passée de 17,5 à 6,8 millions de dollars. « Les entreprises d’économie sociale ont toujours eu une source de financement très petite, même avant cette réduction de financement. […] C’est sûr que l’outil devient, avec la situation actuelle, hyperpertinent. »

     

    Rebrassage

     

    En plus de la diminution de l’enveloppe, le Pacte fiscal remettait entre les mains du maire Denis Coderre la gestion des 18 Corporations de développement économique communautaire (CDEC) et les Centres locaux de développement (CLD). En octobre 2015, le maire a lancé PME MTL, qui remplace l’ancien maillage des CLD par une structure centralisée autour de six pôles territoriaux, comme la CDEST pour l’est de l’île. Un coup dur pour Mobilisons local, qui a dû réduire ses ambitions par manque de partenariat durant la restructuration. « Si les CDEC étaient comme elles étaient avant le pacte fiscal, j’aurais eu plus de financements, déplore Rachad Lawani. J’ai dû moi-même financer le projet, parce que les autres sources de financement privées n’étaient pas au rendez-vous. »

     

    Sa démarche a été pourtant reconnue par l’opération « Je vois Mtl » tenue par la Chambre de commerce de Montréal et la Ville en 2014, qui l’avait sélectionnée avec 180 autres projets pour « accroître la prospérité de la métropole ». Mais il déplore encore le manque de soutien. « Dans beaucoup de régions à l’extérieur du Canada, ce sont les collectivités locales qui financent les plateformes collaboratives pour des projets locaux. À Montréal, on est encore loin de cette vision, de faire du développement de manière innovante, même si on se targue d’être une ville intelligente. »













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