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    La communauté hassidique met en demeure Outremont

    6 janvier 2016 |Marie-Michèle Sioui | Montréal
    «Nous nous sentons ciblés», a dit Mayer Feig (debout), un membre actif de la communauté hassidique.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Nous nous sentons ciblés», a dit Mayer Feig (debout), un membre actif de la communauté hassidique.

    Inquiets de l’application éventuelle d’un nouveau règlement de zonage qui interdirait les lieux de culte sur les artères commerciales d’Outremont, les membres de la communauté hassidique ont mis en demeure, mardi, les élues de l’arrondissement.

     

    Si l’arrondissement va de l’avant avec son règlement, qui viendrait proscrire les lieux de culte sur les avenues Bernard et Laurier, « il va y avoir contestation devant les tribunaux », a résumé l’avocat Julius Grey, à qui la communauté hassidique a confié le dossier.

     

    « Nous nous sentons ciblés », a commenté le militant hassidique Mayor Feig. Malgré la tenue d’une consultation publique à propos du nouveau règlement, il a l’impression que sa communauté n’a pas été entendue. « La mairesse n’a pas répondu à nos questions. Il n’y a pas de vraies demandes de la part des commerçants, a-t-il plaidé. Ce sont toujours les mêmes personnes qui s’expriment : une petite minorité de résidants d’Outremont qui n’aiment pas les Juifs. »

     

    La modification au règlement de zonage a été proposée par Outremont après que des membres de la communauté hassidique eurent demandé de mettre en place un centre communautaire pourvu d’un bain juif sur l’avenue Bernard. Convaincues que de tels lieux de culte nuiraient à la vitalité économique des grandes artères, toutes les élues, à l’exception de la conseillère hassidique Mindy Pollak, ont appuyé le changement.

     

    Un registre prévu

     

    Outremont a prévu l’ouverture d’un registre permettant aux citoyens de signifier leur opposition à la nouvelle réglementation. Si un nombre suffisant de personnes y apposent leur signature, un référendum sera organisé. « Nous avons demandé à la ville qu’elle nous fournisse des précisions sur les règles du référendum. Personne ne nous est revenu », a affirmé Mayor Feig, ajoutant qu’aucun registre n’avait été mis sur pied, à sa connaissance.

     

    Comme Julius Grey, le militant aimerait que la communauté hassidique puisse s’entendre sur l’épineuse question par la voie du dialogue. « On espère éviter les procédures [judiciaires] », a reconnu l’avocat. « Il y aura peut-être une opposition suffisante pour convaincre la mairesse de ne pas aller aussi loin [que l’imposition du règlement]. »

     

    Autrement, un nouveau front dans la bataille de la liberté de religion évoquée par la communauté hassidique risque de s’ouvrir. « C’est presque prohibitif, et particulièrement inapproprié dans le cas d’une communauté qui est en pleine croissance », a dit Me Grey du règlement proposé par Outremont.

     

    La phrase n’était pas sans rappeler l’argumentaire du célèbre avocat, qui a voulu traîner la ville de Val-Morin jusqu’en Cour suprême, en 2008, pour une question de zonage. La plus haute instance judiciaire du pays a finalement décidé de ne pas entendre le dossier, donnant raison à la municipalité des Laurentides, qui avait sommé des résidants hassidiques de cesser d’utiliser deux de ses chalets à titre de synagogue et d’école.

    «Nous nous sentons ciblés», a dit Mayer Feig (debout), un membre actif de la communauté hassidique. La modification du règlement de zonage interdit l’ouverture de lieux de culte sur les avenues Bernard et Laurier.












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