Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous
    Lettres

    Dérogation assimilatrice

    24 novembre 2015 | Jean-Pierre Marcoux Le 23 novembre 2015 | Montréal

    Jeudi soir à l’émission de Bazzo sur Télé-Québec, le maire de Montréal, Denis Coderre, a mentionné qu’il allait demander une dérogation à la loi 101, afin de permettre l’accueil des enfants réfugiés dans les écoles anglaises de Montréal.

     

    Aucun journaliste présent à cette émission n’a commenté cette énormité. Le lendemain, vendredi, un article dans Le Devoir, intitulé «Réfugiés : Montréal se prépare», ne mentionnait même pas ce projet de dérogation. Je me pose de sérieuses questions sur la vigilance de notre collectivité francophone.

     

    En Amérique du Nord, certaines personnes, plus ou moins nombreuses selon la région, hésitent devant la perspective d’accueillir des réfugiés syriens. Pour la majorité de ces gens, c’est en raison d’une menace perçue à leur sécurité physique.

     

    Avec ce projet de M. Coderre, je ne peux que voir le début d’une menace à la sécurité culturelle et linguistique de Montréal, la métropole, qui, semble-t-il, devient de plus en plus Montréal.

     

    D’une part, cette dérogation devrait être combattue avec la plus grande énergie. La loi 101 sur la langue est déjà amochée comme c’est là. Elle aurait plutôt besoin de s’affirmer haut et fort au lieu de se terrer dans le silence.

     

    D’autre part, il faudrait investir et travailler à établir une structure d’accueil pour intégrer ces nouveaux citoyens dans notre société francophone, plutôt que d’accélérer notre processus d’assimilation en les dirigeant vers les écoles anglaises. Si on est capable de mettre des millions dans Bombardier, on pourrait bien investir des millions dans notre survie en même temps que d’accueillir des gens qui ont bien besoin de retrouver leur sécurité et leur survie.

     

    Rappelons-nous que lorsque les autorités religieuses contrôlaient l’éducation au Québec, les immigrants non catholiques étaient systématiquement acheminés vers les écoles anglaises. Est-ce qu’on pourrait, SVP, tirer une leçon de notre histoire ?













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.