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    Eaux usées

    Feu vert au rejet sous certaines conditions

    10 novembre 2015 |Jeanne Corriveau | Montréal
    La Ville de Montréal pourra procéder au rejet d’eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent dès mardi.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La Ville de Montréal pourra procéder au rejet d’eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent dès mardi.

    Montréal ira de l’avant avec le déversement d’eaux usées dans le fleuve, a fait savoir le maire Denis Coderre lundi soir, peu après que la nouvelle ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna, a donné son aval à l’opération sous certaines conditions. Sans préciser quand aura lieu le déversement, le maire a assuré que les exigences de l’arrêté ministériel seront respectées.

     

    Mme McKenna a signé, lundi après-midi, un arrêté ministériel détaillant les quatre exigences requises permettant le rejet dans le Saint-Laurent de huit milliards de litres d’eaux d’égout.

     

    Ottawa exige de la Ville qu’elle mette en place un plan de gestion concernant les rejetsimprévus émanant des industries et des institutions. Le gouvernement ordonne aussi à la Ville qu’elle assure une surveillance visuelle du déversement et qu’elle procède au nettoyage des zones concernées. De plus, la Ville devra effectuer un suivi serré de la qualité de l’eau, des sédiments et de la flore en effectuant des échantillonnages avant, pendant et après l’opération. Finalement, Montréal devra participer à un examen approfondi des événements ayant mené à ce rejet massif de concert avec le ministère fédéral de l’Environnement, les communautés autochtones ainsi que les autres partenaires.

     

    L’arrêté ministériel prendra fin le 5 décembre 2015. « Et si le déversement n’a pas lieu avant cette date, les conditions devront être réévaluées », a indiqué la ministre McKenna lors d’un point de presse par conférence téléphonique alors qu’elle se trouvait à Paris, où elle participe aux travaux préparatoires de la Conférence sur le climat.

     

    Si les conditions imposées sont respectées, la Ville pourra procéder au rejet d’eaux usées dès mardi, a expliqué la ministre : « Je reconnais que ce déversement est loin d’être souhaitable, mais c’est un dossier dont j’ai hérité comme ministre. »

     

    Mme McKenna a invoqué les conclusions formulées la semaine dernière par des experts indépendants pour dire qu’il valait mieux procéder à un déversement planifié que de s’exposer aux risques accrus d’un rejet survenant de façon inopinée à la suite d’un bris d’équipement dans l’intercepteur sud-est. « Nous avions peu de temps compte tenu de l’arrivée de l’hiver », a-t-elle rappelé.

     

    La semaine dernière, les experts indépendants mandatés par Ottawa avaient suggéré que des mesures de mitigation supplémentaires soient adoptées. Ils suggéraient alors l’utilisation d’un bateau-citernemuni d’un siphon inversé aux principaux points de déversement, une solution que n’a pas retenue Ottawa dans son arrêté ministériel.

     

    Montréal

     

    « Il va y avoir déversement, a déclaré Denis Coderre en début de soirée. On est d’accord avec les conditions et on entend collaborer avec la ministre et le gouvernement pour la question autochtone. […] Ça va se faire rapidement. »

     

    Le maire n’a pas voulu préciser quand se déroulerait l’opération, indiquant que les détails de l’opération seraient dévoilés mardi lors d’une conférence de presse. « Vous êtes capables de patienter 24 heures », a-t-il dit aux journalistes qui insistaient pour savoir quand commencerait le déversement.

     

    Le maire s’est défendu d’avoirgéré ce litigieux dossier en catimini et d’avoir caché des informations au public. Rappelons que plusieurs maires des villes environnantes de même que les membres du Comité permanent de suivi des eaux usées de Montréal avaient appris l’imminence du déversement par les médias.

     

    Le maire a insisté pour dire qu’à l’unanimité, le conseil municipal avait adopté l’octroi d’un contrat visant la construction de la nouvelle chute à neige le 17 août dernier. Le sommaire décisionnel mentionnait le rejet d’eaux usées dans le fleuve pendant sept jours, sans toutefois préciser l’ampleur du déversement.

     

    « Est-ce qu’il devrait y avoir une nouvelle façon de faire en matière de communications ? Peut-être », a commenté le maire.













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