Coderre opposé au péage

Une automobiliste à un poste de péage
Photo: Getty Images Une automobiliste à un poste de péage

Le maire Denis Coderre affirme que sous son administration, il est hors de question d’implanter des péages sur les ponts autour de Montréal.

 

« On est capables de trouver des solutions sans toujours demander aux automobilistes de payer », a indiqué M. Coderre en entrevue au 98,5FM mardi matin. Alors qu’il se trouvait en Chine où il participe à une mission économique, le maire dit craindre que l’implantation de péages crée un « effet trou de beigne ». Selon lui, mieux vaudrait créer des fonds dédiés qui permettraient de financer les projets de transport.

 

La question du péage a rebondi dans l’actualité cette semaine avec la publication, lundi, d’une étude menée par un groupe de recherche indépendant, le Comité de l’écofiscalité du Canada, qui préconise l’implantation de postes de péage sur les ponts autour de l’île de Montréal afin de réduire la congestion routière.

 

La taxe sur l’essence

 

Le ministre des Transports et ministre responsable de la métropole, Robert Poëti, rejette aussi l’option du péage dans un avenir rapproché, estimant qu’il faudra d’abord offrir aux automobilistes d’autres options en transport collectif, comme le train électrique sur le futur pont Champlain. « Sans solution alternative, ça m’apparaît être punitif et, à ce moment-là, on dira que seuls les gens qui ont de l’argent pourront utiliser les ponts. Il me semble un peu prématuré d’utiliser cette idée-là », a-t-il expliqué à Radio-Canada.

 

Le chef de l’opposition à l’hôtel de ville, Luc Ferrandez, croit que l’option du péage doit être étudiée, mais il soutient qu’avant tout, il faut s’assurer que la taxe sur l’essence est consacrée aux investissements en transport en commun : « Utilisons la taxe sur l’essence, car en ce moment, elle n’est pas affectée au transport en commun », a-t-il dit lundi.

 

L’alliance Transit, une coalition d’organismes qui milite pour le financement des transports collectifs, a applaudi la proposition. Le péage pourrait permettre de faire d’une pierre deux coups en réduisant la congestion routière et en assurant le financement de solutions en transport pour les citoyens, a souligné Karel Mayrand, directeur pour le Québec de la Fondation David Suzuki.

  • Pierre Fortin - Abonné 4 novembre 2015 08 h 16

    Péage sur les ponts, l'autre bout de la lorgnette

    Monsieur Paul Lanoie, au nom de la Commission sur l'écofiscalité du Canada, déclarait lundi à RDI ne voir que des avantages au péage sur les ponts. Il croit que le travail sur horaire flexible ou à la maison et le covoiturage sont des mesures que favoriseront le péage. Il n'a pas totalement tort. Mais, pourquoi ne pas promouvoir ces innovations au travail et au transport sans qu'on ponctionne une nouvelle taxe? Il n'y a actuellement rien qui empêche de cultiver ces nouvelles façons de faire; il y a par contre une volonté manifeste non avouée de pomper davantage les ressources des contribuables.

    Regardons les choses du point de vue d'un usager. Imaginons que le péage sur le pont Champlain soit de l'ordre de 2,50$ par passage. Pour un travailleur cela représente 5$ par jour en aller-retour ou 25$ par semaine, ou encore 1 300$ par année, ce montant étant prélevé sur le revenu net des utilisateurs. Si on applique à ce travailleur un taux d'imposition marginal de l'ordre de 30%, il lui faudra donc consentir à une réduction de salaire brut de l'ordre de 1 850$ par année simplement pour passer sur le pont.

    Que la Commission sur l'écofiscalité du Canada dise franchement à ceux qui dépendent des ponts pour se rendre au travail qu'ils devront subir une baisse de salaire de près de 2 000$ par année pour faire simplement ce qu'ils font déjà gratuitement et nous en reparlerons.

  • Bernard Terreault - Abonné 4 novembre 2015 08 h 46

    Une mesure parmi d'autres

    Le péage sur les ponts n'est qu'une des mesures à envisager, et pas la solution miracle par elle-même. Je n'élaborerai pas, des dizaines d'options ont été décrites dans ce journal et d'autres, la plus importante à mon avis étant de ne plus construire un seul km de plus d'autoroute gratuite, puisqu'elles ne font qu'aggraver le problème de l'étalement au lieu de le solutionner.

    • Sylvain Auclair - Abonné 4 novembre 2015 11 h 18

      Ni construire des quartiers comme le DIX30, qui ne fotn qu'exacerber les problèmes de congestion.

  • François Dugal - Inscrit 4 novembre 2015 21 h 15

    Ponts payants

    Pourquoi ne pas mettre tous les ponts payants au Canada?
    Ça clamerait les ardeurs de bien du monde.