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    Déversement bloqué par Ottawa

    Une décision irresponsable et injuste, clame Coderre

    15 octobre 2015 |Jeanne Corriveau | Montréal
    Denis Coderre a présenté la décision du déversement prévu comme un geste de prévention et de planification visant à mieux traiter les eaux usées.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Denis Coderre a présenté la décision du déversement prévu comme un geste de prévention et de planification visant à mieux traiter les eaux usées.

    Denis Coderre a qualifié d’« irresponsable » et d’« injuste » la décision du gouvernement Harper d’ordonner la suspension du déversement de huit milliards de litres d’eaux usées dans le fleuve. Le maire a donné jusqu’au 23 octobre au prochain gouvernement fédéral pour qu’il rende une décision, tout en assurant que la Ville respecterait la loi.

     

    « Utiliser ce dossier pour des fins électoralistes peut entraîner des risques. Il pourrait y avoir des bris et davantage de déversements dans le fleuve », a prévenu le maire en accusant les conservateurs de tenter de « scorer des points politiques » avec cette controverse.

     

    Plus tôt dans la journée, le lieutenant québécois de Stephen Harper au Québec, Denis Lebel, avait fait connaître la décision de la ministre fédérale de l’Environnement, Leona Aglukkaq, dans ce dossier.

     

    Alléguant que Montréal n’avait pas fait suffisamment d’études sur les impacts du déversement, la ministre a décrété la suspension du projet et annoncé qu’elle mandaterait un expert indépendant pour procéder à un examen plus approfondi du dossier.

     

    Invoquant la Loi sur les pêches qui interdit tout rejet de substance nocive dans des eaux où vivent des poissons, la ministre a indiqué qu’elle se devait de faire preuve de « diligence raisonnable pour veiller à ce que tout soit fait pour protéger la vie aquatique dans le fleuve Saint-Laurent ».

     

    Même si la décision de décréter un arrêt ministériel fera en sorte de repousser le déversement à une date ultérieure — après les élections fédérales de lundi prochain vraisemblablement —, Denis Lebel a assuré que les études supplémentaires seraient réalisées promptement : « Bien sûr, on est pleinement conscients de l’urgence pour la Ville de Montréal. »

     

    Injustice ?

     

    Furieux, Denis Coderre n’y voit qu’une manoeuvre politique et un prétexte pour repousser la décision au-delà de l’échéancier électoral. « Le gouvernement canadien empêche Montréal de protéger le fleuve, a-t-il dit. C’est la première fois depuis 1977 qu’on parle d’arrêté ministériel. J’aimerais savoir pourquoi Montréal vit cette injustice. Est-ce qu’on va faire la même chose pour Victoria, pour Toronto et pour l’ensemble des municipalités ? » a-t-il lancé en rappelant que de nombreuses villes canadiennes déversaient des quantités importantes d’eaux usées dans les cours d’eau en toute impunité. « Est-ce parce que Montréal ne vote pas conservateur ? a-t-il demandé. Les travaux qu’on veut faire visent à protéger davantage le fleuve et les eaux. »

     

    Le maire a réclamé du gouvernement qu’il rende sa décision au plus tard le 23 octobre afin que la Ville puisse procéder aux travaux avant le 15 novembre et ainsi respecter le calendrier convenu avec le ministère québécois de l’Environnement.

     

    Et si Ottawa disait non le 23 octobre ? « J’ai dit que j’allais respecter [la loi] », a répondu le maire.

     

    Le déversement d’eaux d’égout dans le fleuve, qui devait se dérouler du 18 au 25 octobre, était jugé nécessaire par la Ville en raison de la construction d’une nouvelle chute à neige et du retrait de cintres d’acier qui se trouvent à l’intérieur de l’intercepteur Sud-Est. Renoncer à ces travaux pourrait être problématique pour la gestion de la neige cet hiver, en plus de mettre à risque les infrastructures d’eaux usées.

     

    Vote unanime

     

    L’intervention d’Ottawa a été saluée par l’opposition à l’Hôtel de Ville. « Environnement Canada arrive à la même conclusion que nous, c’est-à-dire que la Ville n’a pas produit assez de documents pour prendre une décision éclairée », a commenté le conseiller de Projet Montréal Sylvain Ouellet.

     

    Le maire Coderre a toutefois rappelé que le 17 août dernier, le conseil municipal avait voté à l’unanimité pour l’octroi d’un contrat visant la construction de la nouvelle chute à neige. Le sommaire décisionnel mentionnait que les travaux nécessiteraient la fermeture de l’intercepteur et le rejet d’eaux usées dans le fleuve pendant sept jours, sans toutefois préciser l’ampleur du déversement.

    Denis Coderre a présenté la décision du déversement prévu comme un geste de prévention et de planification visant à mieux traiter les eaux usées.
Le lieutenant québécois de Stephen Harper au Québec, Denis Lebel Des travaux nécessitent la fermeture de l’intercepteur et le rejet d’eaux usées dans le fleuve pendant sept jours.












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