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    Mégacentre «Quinze40»

    Le Royalmount suscite la méfiance

    21 mai 2015 |Jeanne Corriveau | Montréal
    Vue d'ensemble
    Photo: Carbonleo Vue d'ensemble

    Le promoteur Carbonleo affirme que le mégacentre commercial Royalmount, un projet de 1,7 milliard de dollars, aura des impacts limités sur la circulation automobile et les autres pôles commerciaux de la métropole. Décrit comme un « pôle multifonctionnel » de divertissement, le Royalmount comportera 160 boutiques, jusqu’à 75 restaurants, des cinémas, un parc aquatique et 8000 places de stationnement.

     

    Officieusement baptisé le « Quinze40 » parce qu’il sera situé à la jonction des autoroutes 15 et 40 et qu’il s’apparente au Dix30 du même promoteur, le Royalmount a fait couler beaucoup d’encre avant même d’être présenté publiquement.

     

    Le projet dévoilé par Carbonleo mercredi est imposant : situé sur un terrain de 2,5 millions de pieds carrés dans un secteur industriel désaffecté de Mont-Royal, il comportera un complexe intérieur d’une superficie de 4 millions de pieds carrés, une agora extérieure, un cinéparc sur le toit, une salle de spectacles, des salles de cinéma, une patinoire, un centre aquatique, deux hôtels, des immeubles de bureaux et des boutiques. Carbonleo promet des toits verts qui permettront de récupérer l’eau de pluie, mais demeure vague sur les types de végétaux qui seront utilisés.

     

    Comme le site est situé à proximité de la station de métro de la Savane, le promoteur croit que le quart des visiteurs s’y rendront en transport en commun. Les automobilistes auront accès à 8000 places de stationnement en souterrain.

     

    Carbonleo estime à 45 millions les revenus fonciers que pourront toucher Mont-Royal et l’agglomération de Montréal.

     

    Circulation

     

    Les détracteurs du projet avaient exprimé des inquiétudes quant aux problèmes de circulation que ce projet engendrerait. Le vice-président exécutif de Carbonleo, Claude Marcotte, a tenté de les minimiser, affirmant que l’augmentation de circulation dans le secteur serait limitée à 5 %, soit 20 000 véhicules supplémentaires par jour sur les 360 000 déjà présents.

     

    Quant au volet commercial, M. Marcotte soutient que l’offre sera différente de celle des autres pôles commerciaux. Le Royalmount ne nuira pas à la rue Sainte-Catherine Ouest, qui recrute 70 % de sa clientèle chez les travailleurs du centre-ville et les touristes, a-t-il assuré.

     

    Les centres commerciaux intermédiaires, comme Place Versailles ou le Centre Rockland, devront s’ajuster, a-t-il admis. « Ces centres vont s’adapter. La concurrence, c’est le moteur de l’innovation », a soutenu Claude Marcotte.

     

    Questionné sur le choix du nom « Royalmount », M. Marcotte a expliqué qu’il s’agissait d’une référence à la rue Royalmount qui mène à l’entrée principale du complexe.

     

    Pour sa part, Mont-Royal devra autoriser le changement de zonage pour permettre les activités commerciales. Selon le promoteur, la construction devrait commencer en 2017 pour une inauguration en 2021.

     

    Le maire Denis Coderre s’est montré plutôt tiède à l’égard du projet. « Je ne suis pas dans les procès d’intention, mais j’ai bien des questions bien pertinentes à poser », a-t-il indiqué en rappelant que la Commission sur le développement économique de la Ville étudierait le projet. « Mont-Royal peut faire ce qu’elle veut, mais si on met des cascades d’eau et toutes sortes d’infrastructures, on aura besoin de dépenses d’agglomération. […] C’est sûr que je ne veux pas investir des centaines de millions supplémentaires en matière d’infrastructures. »

     

    Le maire se dit aussi préoccupé par les enjeux de circulation : « Il faut qu’on me fasse la preuve que le trafic ne sera pas augmenté. »

     

    L’opposition à l’Hôtel de Ville sera encore plus difficile à convaincre. Le Royalmount tourne le dos aux quartiers environnants et ne fera que cannibaliser l’activité commerciale qui est déjà engagée sur une courbe décroissante dans la métropole, a soutenu le chef de Projet Montréal, Luc Ferrandez.

     

    « C’est de l’esbroufe. De dire qu’il va y avoir le plus beau centre au monde, avec 75 restaurants et 2,5 millions de pieds carrés, mais que ça n’aura aucun impact sur personne. C’est de la pensée magique », a dit le chef de l’opposition qui espère que l’agglomération de Montréal résistera à la tentation d’investir des sommes massives pour ce projet.

    Vue d'ensemble Vitrine routière Le toit «vert» La place publique L'esplanade Le promoteur du « pôle multifonctionnel » dévoilait mercredi son projet de 1,7 milliard, qui comprendra un « centre aquatique ».












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